Captain Tsubasa 2: World Fighters
Plateforme de test : PS5 Pro
Date de sortie : 28 août 2026
Développeur : Tamsoft
Éditeur : Bandai Namco
Style : Sport arcade
Disponible sur :
Six ans après un premier jeu ambitieux, Tamsoft remet les crampons avec Captain Tsubasa 2: World Fighters. Le studio japonais conserve cette vision complètement débridée du football où les joueurs traversent le terrain à toute vitesse, enchaînent les dribbles et déclenchent des frappes qui ressemblent davantage à des attaques de shōnen qu’à des tirs au but. Cette suite corrige quelques faiblesses de l’épisode de 2020, notamment du côté des gardiens, et rend les matchs plus agréables. Elle traîne malheureusement derrière elle plusieurs vieux défauts : une profondeur limitée, des séquences qui se répètent et surtout un mode histoire qui oublie parfois qu’on est venu jouer au football.
Captain Tsubasa 2: World Fighters joue encore moins au football qu’EA Sports FC
Si vous cherchez à construire patiemment vos actions, faire tourner le ballon et attendre qu’un espace se libère dans la défense, vous vous êtes trompé de vestiaire. Captain Tsubasa 2: World Fighters ne joue pas dans la même catégorie qu’EA Sports FC ou eFootball. Ici, on prend le ballon, on fonce et on essaie de passer au travers de tout ce qui porte un maillot adverse.

Cette philosophie donne immédiatement du caractère aux matchs. Le cuir change de camp en quelques secondes, les joueurs récupèrent souvent la balle aussi vite qu’ils la perdent et les occasions s’enchaînent sans véritable temps mort. Réussir un dribble juste avant le contact, reprendre le ballon dans les pieds d’un attaquant lancé vers le but ou déclencher une frappe suffisamment puissante pour faire céder le gardien reste très satisfaisant.
Les Max Actions et Super Moves poussent encore plus loin cette logique. Tamsoft ne cherche jamais à faire croire qu’il reproduit un vrai match : les actions importantes deviennent de petites scènes animées, les frappes prennent des proportions absurdes et chaque joueur important possède ses techniques capables de transformer une simple attaque en démonstration de force. C’est précisément là que Captain Tsubasa trouve son identité.

Le studio a d’ailleurs retravaillé l’un des éléments qui méritait le plus d’attention dans Rise of New Champions : les gardiens. Certaines parades demandent désormais d’effectuer rapidement une direction précise. Le joueur participe donc davantage à la défense de ses cages au lieu d’attendre passivement le résultat d’une confrontation entre deux statistiques. Ce n’est pas une révolution, mais ce petit changement donne plus de poids aux frappes adverses.
Tout n’épouse pas aussi bien ce football à 200 km/h. Les passes et surtout les centres paraissent parfois étrangement rigides au milieu de mécaniques pensées avant tout autour des duels et des actions individuelles. World Fighters possède son propre langage et demande un petit temps d’adaptation, surtout si vous découvrez la série avec ce deuxième épisode. Il faut quelques matchs pour arrêter de réfléchir comme dans un jeu de football traditionnel et comprendre quand dribbler, quand intervenir et à quel moment lâcher sa grosse frappe.
Après ça, tout devient beaucoup plus naturel. On ne joue pas à Captain Tsubasa pour respecter les fondamentaux du football. On y joue justement parce qu’il s’en moque.

Le spectacle fonctionne, jusqu’à ce que Captain Tsubasa 2 commence à se répéter
Ce rythme donne envie d’enchaîner les premières rencontres, mais il dévoile assez vite son autre visage. Captain Tsubasa 2 reste relativement simple à maîtriser et n’offre pas une marge de progression énorme une fois ses principales mécaniques assimilées.
Le spectacle masque bien cette limite pendant quelques heures. Une technique spéciale, un duel complètement exagéré ou une frappe qui déclenche sa petite cinématique apportent suffisamment d’énergie pour que l’on profite simplement de ce qui se passe à l’écran. Seulement, le jeu repose beaucoup sur ces mêmes ficelles. Quand une animation revient encore et encore, l’effet « wow » finit logiquement par disparaître.

Ce n’est pas tant le nombre d’actions disponibles qui pose problème que ce qu’on peut réellement en faire. Les confrontations reproduisent rapidement les mêmes réflexes : éliminer son adversaire, récupérer le ballon, avancer, préparer son attaque puis recommencer. Tamsoft améliore la formule du premier épisode, mais ne lui donne pas vraiment une nouvelle profondeur.
Rise of New Champions rencontrait déjà ce problème en 2020. Six ans plus tard, World Fighters sait toujours provoquer ces petits moments où l’on sourit devant une action totalement ridicule, mais il ressort régulièrement les mêmes tours de magie.
Et alors que les matchs gagneraient à conserver un rythme aussi élevé que possible, le mode principal choisit justement de tirer régulièrement sur le frein à main.

Le World Youth Arc prend parfois le ballon en otage
Captain Tsubasa 2: World Fighters construit son aventure autour du World Youth Arc. Le joueur crée son propre personnage et retrouve Tsubasa au moment où celui-ci cherche à s’installer dans le football professionnel au Brésil. De nouveaux visages rejoignent l’aventure, tandis que plusieurs personnages déjà présents dans Rise of New Champions reprennent du service.
Le problème ne vient donc pas de la quantité de matière à raconter. Il vient plutôt de la place que le jeu lui accorde.
World Fighters adore parler. Avant un match, après un match et parfois en plein milieu d’un match. Les discussions s’accumulent et laissent régulièrement le terrain de côté pendant plusieurs minutes. Certaines rencontres s’interrompent même pour lancer de longues séquences narratives alors que le ballon devrait encore être en jeu. À force, on en viendrait presque à se demander si les personnages se souviennent qu’un arbitre attend toujours quelque part avec son sifflet.

Ce choix fonctionnerait mieux avec une écriture suffisamment solide pour porter autant de dialogues. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Plusieurs conversations paraissent forcées, certaines séquences optionnelles apportent peu de choses et les personnages n’ont pas tous assez de profondeur pour rendre ces échanges vraiment intéressants.
Le contraste devient d’autant plus gênant que les matchs constituent clairement la partie la plus efficace de World Fighters. Dès que Tamsoft rend la main, les duels reprennent, les frappes spéciales repartent dans tous les sens et le jeu retrouve immédiatement son énergie. Puis une nouvelle scène arrive et casse à nouveau le rythme.
C’est également l’un des domaines où cette suite semble avoir le moins appris de son prédécesseur. Rise of New Champions avait déjà tendance à étirer ses scènes narratives et à interrompre régulièrement l’action. World Fighters reprend presque exactement cette habitude alors que son gameplay, légèrement meilleur, donne encore davantage envie de rester sur la pelouse.

Beaucoup de joueurs, mais très peu de façons de les utiliser
On pourrait alors être tenté de quitter la campagne pour profiter plus librement des équipes et des mécaniques de jeu. C’est là qu’apparaît une autre faiblesse assez difficile à comprendre : Captain Tsubasa 2 propose très peu de modes en dehors de son histoire.
L’entraînement rassemble plusieurs tutoriels et exercices permettant d’apprendre tranquillement les subtilités du gameplay. Le mode Versus donne ensuite accès aux affrontements contre l’ordinateur ou à des rencontres en ligne, avec des parties classiques ou privées. Pour le reste, le vestiaire est presque vide.
Même un mode tournoi manque à l’appel. Pour un jeu de football disposant de plusieurs équipes et d’un casting plus important que celui de Rise of New Champions, cette absence saute rapidement aux yeux.

C’est probablement ce qui rend la situation la plus étrange. World Fighters possède davantage de joueurs, mais offre peu de raisons de les utiliser autrement que dans les mêmes types de rencontres. Toute cette matière aurait facilement pu alimenter différentes compétitions ou simplement donner un peu plus de variété entre deux passages de la campagne.
Le manque de modes finit donc par accentuer un problème déjà présent sur le terrain. Quand les mécaniques commencent à tourner en rond, le jeu ne propose pas vraiment d’autre cadre capable de les renouveler.
Captain Tsubasa garde son style anime, mais les tribunes restent sur le banc
Heureusement, quand World Fighters veut en mettre plein la vue, il sait exactement comment s’y prendre. La direction artistique anime fonctionne particulièrement bien avec ce football sans aucune retenue. Les animations exagèrent chaque mouvement, les effets accompagnent les techniques spéciales et les cinématiques donnent aux grosses actions l’importance qu’elles auraient dans un épisode de Captain Tsubasa.
Techniquement, l’ensemble tient également correctement la route. Tamsoft maîtrise son esthétique et sait mettre ses joueurs en valeur lorsqu’ils déclenchent leurs attaques les plus spectaculaires.

Il suffit cependant de regarder derrière eux pour voir que tous les éléments n’ont pas reçu le même traitement. Les stades paraissent souvent figés, les tribunes manquent de réactions et l’ambiance peine à suivre l’énergie dégagée sur la pelouse.
Le contraste devient parfois assez drôle : deux joueurs viennent de transformer un duel pour le ballon en affrontement digne d’un combat d’anime, pendant que le public derrière eux semble assister tranquillement à un match amical du dimanche.
Le titre donne donc beaucoup plus de vie à ses joueurs qu’aux dizaines de milliers de personnes censées les regarder.

Captain Tsubasa 2 gagne ses matchs, mais pas toujours son championnat
Captain Tsubasa 2: World Fighters reste un jeu de football à part, capable de provoquer en quelques secondes ce petit sourire que les simulations plus sérieuses ne cherchent même pas à déclencher. Quand les dribbles s’enchaînent, que les techniques spéciales fusent et qu’un gardien tente de survivre à une frappe sortie tout droit d’un anime, la formule fonctionne toujours.
Le problème, c’est que cette énergie ne tient pas toute seule. Tamsoft a amélioré certains points importants, mais n’a pas suffisamment travaillé ce qu’il y a autour pour donner à cette suite l’ampleur qu’elle méritait. Le manque de modes, la répétitivité et surtout une narration trop présente empêchent régulièrement le jeu de profiter pleinement de sa meilleure qualité : son football.
World Fighters reste donc amusant, parfois franchement grisant, mais aussi frustrant dans sa manière de casser lui-même son propre élan. Une suite plus solide que réellement transformée.
Points positifs
- Un gameplay arcade immédiatement amusant
- Les gardiens mieux intégrés aux actions
- Une identité Captain Tsubasa très bien retranscrite
- Des techniques spéciales toujours spectaculaires
- Le rythme très nerveux des matchs
Points négatifs
- Une profondeur de jeu encore limitée
- La répétitivité qui s’installe assez vite
- Un mode histoire trop envahissant
- Des dialogues souvent trop longs
- Le manque de modes en dehors de la campagne
- Des stades assez statiques malgré le spectacle sur le terrain


