À 349,99 euros, le Turtle Beach Stealth Pro 2 vient directement jouer dans la cour des casques gaming sans fil haut de gamme. Trois ans après un premier Stealth Pro convaincant sur le plan sonore mais plus discutable en matière de confort et d’ergonomie, Turtle Beach a revu une bonne partie de sa copie. Nouveau design, transducteurs Eclipse de 60 mm, réduction de bruit active, double batterie de 40 heures ou encore système CrossPlay 2.0 : les changements ne manquent pas.
Mais il existe une petite subtilité à connaître avant même de sortir la carte bancaire. Le Stealth Pro 2 est en effet commercialisé dans des versions PC et Xbox, disponibles en noir ou en blanc, et le modèle qui offre le plus de compatibilité n’est pas forcément celui qu’un joueur PC devrait acheter. Une drôle d’histoire que nous allons évidemment vous expliquer.
Un Stealth Pro 2 qui fait enfin très haut de gamme
Turtle Beach a longtemps assumé un design très « gaming » sur ses casques. Avec le Stealth Pro 2, le constructeur change clairement de registre. L’aluminium anodisé occupe une bonne partie de la structure, les molettes sont elles aussi en métal et les écouteurs profitent d’une articulation complète permettant de les poser à plat autour du cou.
L’arceau abandonne également la grosse bande rembourrée classique au profit d’un textile tendu qui répartit la pression sur le crâne.

L’ensemble reste assez lourd avec 393 grammes lorsque le microphone est installé, mais Turtle Beach a réduit la force de serrage par rapport au premier Stealth Pro. Les coussinets en tissu respirant et mousse à mémoire de forme font le reste.

Ils épousent mieux le contour du visage sans transformer les oreilles en radiateurs après quelques heures de jeu. Les porteurs de lunettes apprécieront aussi la souplesse de la mousse au niveau des branches.
Tout cela donne un casque plus agréable à garder sur la tête pendant une longue session. Même posé autour du cou, le système d’articulation et les coussinets évitent cette impression d’avoir un étau accroché aux épaules.
Une housse rigide est fournie pour transporter le casque. Elle protège efficacement l’ensemble, même si son volume risque de manger une belle partie d’un sac à dos.
Deux batteries de 40 heures : le changement qui fait du bien
Le premier Stealth Pro utilisait déjà des batteries interchangeables, mais leur autonomie d’environ 12 heures obligeait à jouer régulièrement au jeu des chaises musicales avec le chargeur. Le Stealth Pro 2 passe à 40 heures par batterie.

Turtle Beach en fournit deux. Pendant que l’une alimente le casque, la seconde recharge directement sur la station. Une batterie vide peut donc être remplacée en quelques secondes sans brancher le casque. Sur le papier, cela représente jusqu’à 80 heures disponibles en alternant les deux accumulateurs, avec surtout la possibilité de remplacer facilement une batterie vieillissante plutôt que le casque entier.

La boîte contient également un câble USB-A vers USB-C de deux mètres. En revanche, pas de câble USB-C vers USB-C : il faudra prévoir le sien ou un adaptateur si votre installation ne dispose plus de port USB-A.

PC ou Xbox : choisissez bien votre Stealth Pro 2
Voici la partie qui mérite un peu d’attention. Turtle Beach vend une déclinaison Xbox et une autre pensée pour PC. La première fonctionne aussi sur les autres plateformes compatibles comme PlayStation, alors que la seconde ne permet pas de jouer sur Xbox. Instinctivement, on pourrait donc choisir le modèle Xbox puisqu’il semble plus polyvalent. Mauvaise idée si votre machine principale est un PC et que vous utilisez régulièrement le Game/Chat Mix.

Sur la version Xbox, la molette dédiée au dosage entre le son du jeu et celui du chat fonctionne sur Xbox, mais pas comme commande embarquée équivalente sur PC. La déclinaison PC peut, elle, profiter de cette fonction grâce au pilote audio Waves et à Swarm 2. Au moment du test, le réglage devait cela dit être effectué depuis le logiciel : la molette du casque ne pouvait pas lui être directement attribuée.
Autrement dit, joueur principalement PC : prenez la version PC. Joueur Xbox ou utilisateur multiplaforme ayant absolument besoin de la console Microsoft : la version Xbox reste la plus logique.
CrossPlay 2.0 veut éviter de jongler avec les dongles
Le Stealth Pro 2 utilise le système CrossPlay 2.0., grâce auquel plusieurs transmetteurs peuvent être mémorisés par le même casque puis sélectionnés grâce au bouton QuickSwitch du casque.
Turtle Beach autorise jusqu’à quatre transmetteurs USB. On peut donc imaginer une installation avec un émetteur sur Xbox, un sur PS5, un sur PC et un autre sur une Nintendo Switch dockée, puis passer de l’un à l’autre sans déplacer constamment le dongle. La boîte comprend une station émettrice et un second transmetteur ; les unités supplémentaires sont normalement vendues séparément.
Le changement de source prend un peu de temps, mais rien de franchement pénalisant. Une précision compte davantage : le casque ne mélange pas plusieurs sources USB simultanément. Il faudra passer pour ça par un logiciel tiers et une interface audio dédiée.
Il peut néanmoins combiner la connexion 2,4 GHz avec le Bluetooth 5.3. Vous pouvez donc entendre votre jeu sur PC ou console tout en prenant un appel ou en écoutant le son d’un smartphone, avec deux volumes réglables séparément.

Une réduction de bruit active très efficace, mais pas encore parfaite
Les casques gaming proposant une véritable ANC sont désormais nombreux, mais toutes les réductions de bruit actives ne se valent pas. Celle du Stealth Pro 2 s’appuie sur quatre microphones intégrés et parvient à couper une bonne partie des bruits continus qui entourent le joueur.
Le résultat obtenu lors du test le place à proximité de très bonnes références récentes de SteelSeries. Surtout, l’ANC fonctionne pratiquement sans souffle. Sur certains casques, activer la réduction de bruit revient à remplacer le ventilateur du PC par un léger bruit blanc permanent. Ici, le fond reste remarquablement propre.
Un problème subsistait néanmoins sur le firmware utilisé pour le test. Lorsque l’étanchéité des coussinets était rompue, l’ANC pouvait provoquer une accentuation de très basses fréquences autour de 35 Hz, ressentie comme un grondement ou une légère vibration. Turtle Beach avait déjà fourni au testeur un firmware modifié corrigeant le phénomène et poursuivait ses vérifications avant un déploiement plus large.
Le mode ambiant se montre, lui, très naturel. Les bruits extérieurs reviennent rapidement sans prendre cet aspect électronique parfois désagréable. Il existe toutefois une limitation assez étrange : le retour de microphone, ou sidetone, disparaît lorsque l’ANC ou le mode ambiant est activé.
Swarm 2 permet de régler presque tout
Le logiciel Swarm 2 centralise une grande partie des options du casque. Turtle Beach propose un égaliseur 10 bandes avec plusieurs profils, dont son réglage maison « Signature Sound ». Un preset personnalisé peut être enregistré directement dans le casque et reste donc actif sur console sans avoir besoin de laisser le programme ouvert.
Le bouton Mode peut notamment contrôler l’ANC, changer de profil audio ou modifier certaines fonctions du microphone. Le fameux Superhuman Hearing est également de retour, avec différents réglages destinés à mettre davantage en avant les pas ou certains sons utiles dans les FPS.
Il fonctionne, mais mieux vaut garder la main légère. À pleine puissance, le traitement rabote fortement les basses et rend le son plus sec. Aux alentours de 20 ou 30 %, il peut donner un petit coup de pouce aux indices directionnels sans transformer la bande-son en talkie-walkie.
Swarm 2 gère aussi la sensibilité du micro, le noise gate, l’égalisation de la voix, la réduction de bruit par IA, l’extinction automatique et le Wake on Motion. Posez le casque, il passe en veille ; reprenez-le, il se réveille.
Face aux logiciels de SteelSeries ou Logitech/Astro, il manque cependant encore un égaliseur paramétrique complet et une grosse bibliothèque de profils communautaires. Pour un casque vendu 350 euros, les possibilités sont nombreuses, mais pas les plus poussées du marché.
Un microphone qui fait un vrai bond en avant
Le Stealth Pro 2 embarque un microphone unidirectionnel de 9 mm monté sur une structure flottante, accompagné d’un traitement de réduction du bruit basé sur l’IA.
La voix ressort propre et suffisamment naturelle pour discuter, jouer en équipe ou enregistrer sans donner l’impression de parler depuis l’intérieur d’une boîte de conserve.

Le noise gate fait bien son travail sans couper brutalement les débuts ou les fins de phrases. Quant à la réduction de bruit IA, elle atténue correctement un clavier et les sons ambiants ordinaires, tout en restant moins agressive que certaines solutions proposées par Razer ou SteelSeries. C’est plutôt une bonne chose lorsque l’objectif reste de conserver une voix naturelle.
Notons que Turtle Beach indique également la présence de microphones beamforming intégrés permettant de communiquer sans la perche principale. Le comportement rencontré dans certaines configurations PC peut toutefois varier selon les réglages utilisés.
Les transducteurs Eclipse de 60 mm aiment les grosses basses
Sous les écouteurs se cachent deux nouveaux transducteurs Eclipse de 60 mm, avec une réponse annoncée de 10 Hz à 40 kHz. Le Stealth Pro 2 est certifié Hi-Res et peut transmettre un signal sans fil jusqu’en 24 bits/96 kHz sur les appareils compatibles. Dolby Atmos est également pris en charge sur Xbox et PC.
Dans les faits, Turtle Beach n’a pas bouleversé la signature sonore du premier Stealth Pro. Les basses restent généreuses avec une accentuation autour de 85 à 90 Hz. En revanche, un léger retrait aux environs de 250 Hz évite qu’elles viennent épaissir exagérément les médiums. Résultat : ça cogne fort sans engloutir les voix.
La capacité des drivers à encaisser le grave impressionne davantage. En poussant l’égaliseur, le Stealth Pro 2 peut produire des basses très puissantes sans rapidement tomber dans la distorsion. Les explosions ont du corps, les moteurs grondent et certaines fréquences deviennent presque physiques.

Pour autant, Turtle Beach n’a pas sacrifié la lisibilité. Les médiums restent propres, les voix gardent un timbre naturel et le haut du spectre conserve suffisamment de détails. Un pic autour de 8 kHz pourra fatiguer les oreilles les plus sensibles, mais il suffit de le réduire légèrement avec l’égaliseur si nécessaire.
En FPS, pas de magie… mais une spatialisation toujours précise
Le premier Stealth Pro avait déjà une sacrée qualité : la précision de son placement sonore. Sa succession ne révolutionne pas cet aspect, et ce n’était franchement pas indispensable.
Dans un FPS, les pas et les bruits venant des côtés restent simples à localiser. Le casque réussit surtout à conserver ces informations alors même que sa signature sonore privilégie une restitution assez musclée. Inutile donc de sacrifier toutes les basses uniquement pour essayer de savoir si un adversaire arrive par la porte de gauche.

Pas de miracle pour autant : poser un Stealth Pro 2 sur les oreilles ne fera pas grimper votre ratio éliminations/morts par magie. Il offre simplement un bon mélange entre immersion et précision directionnelle, là où certains casques compétitifs deviennent vite peu agréables dès que l’on quitte une partie classée.
La même signature fonctionne plutôt bien avec la musique. L’EDM profite naturellement des graves, le rock conserve de bonnes voix et l’ensemble reste suffisamment équilibré pour ne pas limiter le casque au jeu vidéo.
Le Turtle Beach Stealth Pro II est-il fait pour vous ?
Le Stealth Pro 2 donne surtout l’impression que Turtle Beach a enfin réussi à aligner ses ambitions avec le niveau de finition attendu sur un casque à 350 euros. Le premier modèle avait déjà de solides arguments, mais il traînait quelques choix difficiles à accepter sur un produit aussi cher. Cette seconde génération est plus cohérente : mieux construite, plus confortable et surtout bien plus agréable à utiliser au quotidien.
Tout n’est pas encore totalement au point. Certaines fonctions liées au logiciel manquent de maturité, et le Game/Chat Mix sur PC peu fluide sur notre version. À ce niveau de prix, ce sont des détails qui comptent, surtout face à des concurrents comme SteelSeries, ou Astro qui occupent déjà fermement le terrain du casque gaming premium.
Reste que le Stealth Pro 2 possède quelque chose que tous les modèles haut de gamme ne réussissent pas à trouver : un bon équilibre entre confort, puissance sonore, précision en jeu et polyvalence. Il peut accompagner une partie compétitive, une soirée solo ou quelques heures de musique sans donner l’impression d’avoir été pensé exclusivement pour une seule utilisation.
Son tarif le réserve forcément aux joueurs prêts à investir sérieusement dans leur équipement. Pour eux, Turtle Beach signe ici son casque le plus abouti à ce jour et, surtout, un modèle qui a enfin de vrais arguments pour venir chercher les références installées depuis plusieurs années sur ce segment.
Points positifs
- Une excellente qualité sonore
- Le très bon confort sur la durée
- Une finition haut de gamme
- Les deux batteries de 40 heures
- Une réduction de bruit active efficace
- Le microphone convaincant
- Une spatialisation précise dans les FPS
- Le Bluetooth simultané
- Le système CrossPlay 2.0 pratique
- Des réglages embarqués utilisables sur console
Points négatifs
- Un étui assez encombrant
- L’absence de câble USB-C vers USB-C
- La molette chat/jeu trop imprécise









