A NE PAS MANQUER

spot_img

DU MÊME SUJET

TEST – RAZER Seiren V3 Pro

Avec le Seiren V3 Pro, Razer ne cherche plus vraiment à proposer un simple microphone gaming que l’on pose à côté du clavier pour discuter sur Discord. À 289,99 euros, ce nouveau modèle dynamique joue dans une autre catégorie, avec une double connexion USB-C et XLR, de l’enregistrement en 32-bit flottant, un traitement audio embarqué et suffisamment de réglages dans Synapse pour passer une soirée entière à ajuster sa voix.

L’idée reste pourtant assez simple, c’est à dire permettre à celui qui veut juste brancher son micro au PC de le faire sans se compliquer la vie, tout en laissant une porte ouverte vers une installation plus poussée avec interface audio et XLR. Un mélange des genres plutôt séduisant sur le papier, mais qui fait aussi grimper sérieusement la facture face à des références USB déjà bien installées comme l’Elgato Wave:3.

Un micro qui préfère vous avoir juste sous le nez

Le premier constat en sortant ce nouveau Seiren V3 Pro de sa boîte, c’est qu’il ne donne pas franchement l’impression d’avoir été construit à l’économie. Le microphone pèse son poids, son support métallique inspire confiance et le design reste étonnamment sage pour un produit Razer. Pas de formes agressives ni de RGB qui déborde dans tous les sens. Hormis le logo de la marque et un anneau lumineux assez discret, l’ensemble pourrait presque passer pour un micro de broadcast plus traditionnel.

Sa capsule dynamique de 30 mm utilise une directivité cardioïde. En clair, elle cherche surtout à entendre ce qui se passe devant elle et beaucoup moins ce qui vient des côtés ou de l’arrière. Cela tombe bien dans une gaming room où les ventilateurs du PC, la climatisation ou tout autre appareil ont tendance à participer à la conversation sans y avoir été invités.

Encore faut-il bien placer le micro. Le Seiren V3 Pro aime qu’on lui parle directement et d’assez près. Posé loin sur le bureau, à côté de l’écran, il perd rapidement une partie de son intérêt. En le rapprochant de la bouche, la voix gagne naturellement en présence tout en laissant moins de place aux bruits de la pièce.

Razer fournit justement un pied lourd équipé de patins souples, et celui-ci fait correctement son travail tant que l’on ne maltraite pas trop son bureau. Mais après quelques minutes d’utilisation, une autre évidence apparaît : le Seiren V3 Pro mérite vraiment un bras articulé.

Ce n’est pas tellement une question de confort. Le microphone capte facilement les vibrations qui remontent dans son support. Un déplacement, un petit choc sur le bureau ou quelques frappes un peu enthousiastes sur le clavier peuvent s’entendre dans l’enregistrement. Razer a pourtant intégré un système destiné à amortir ce type de nuisance, mais il ne peut pas faire disparaître tout ce qui traverse physiquement le mobilier.

Sur un bras, le problème se réduit fortement et le micro se retrouve exactement là où il aime être : devant la bouche, sans encombrer l’espace de jeu. Le support fourni reste donc pratique pour démarrer, mais ce n’est probablement pas là que le Seiren V3 Pro donnera le meilleur de lui-même.

USB-C d’un côté, XLR de l’autre : Razer veut éviter de faire choisir

Sous le microphone, tout est regroupé au même endroit. On trouve une connexion USB-C, une sortie XLR, une prise casque 3,5 mm pour écouter directement ce que l’on enregistre et une molette physique pour gérer notamment le gain. Le câble fourni est particulièrement long et Razer ajoute un adaptateur USB-A, ce qui évite de devoir réorganiser tout son PC simplement parce que les ports USB-C disponibles sont déjà occupés.

La vraie particularité reste évidemment cette double connectique. En USB, le principe ne pourrait pas être plus simple : on branche le Seiren V3 Pro et il fonctionne directement. Pas besoin d’interface audio, de table de mixage ou de câbles supplémentaires. C’est exactement le genre d’installation que recherchent beaucoup de joueurs et de streamers qui veulent obtenir un meilleur son sans transformer leur bureau en studio.

Le XLR prend le relais lorsque les besoins évoluent. Il permet de brancher le microphone sur une interface audio ou une installation plus complète sans devoir remplacer tout le matériel. Razer essaie donc de couvrir deux profils avec un seul produit : celui qui veut commencer simplement et celui qui sait déjà qu’il pourrait aller plus loin.

Même le bouton mute suit cette philosophie. Il suffit de toucher la façade pour couper la voix, sans presser un bouton mécanique susceptible de transmettre un petit choc dans l’enregistrement. C’est agréable… jusqu’au moment où l’on saisit machinalement le micro pour le déplacer et que l’on touche la commande sans le vouloir. Son emplacement très exposé demande un petit temps d’adaptation.

Synapse peut améliorer la voix, mais il faut savoir quand s’arrêter

Le Seiren V3 Pro peut parfaitement fonctionner sans passer une demi-heure dans les menus. Branché en USB avec une égalisation neutre, il délivre déjà un rendu propre et suffisamment naturel pour commencer à enregistrer immédiatement. C’est probablement comme cela qu’il faudrait d’ailleurs le découvrir avant de laisser Synapse mettre les mains dedans.

Parce que dès que l’on ouvre le logiciel de Razer, les possibilités deviennent nombreuses. Plusieurs profils d’égalisation sont proposés, avec notamment Studio, Podcast, Arena et FPS Callout, auxquels s’ajoute un réglage entièrement personnalisable. Le mode Podcast donne davantage de corps à la voix alors que FPS Callout retire logiquement une partie des basses pour privilégier l’intelligibilité. Le résultat change suffisamment pour qu’il soit intéressant de tester plusieurs profils plutôt que de sélectionner le premier qui porte un nom séduisant.

Synapse va ensuite beaucoup plus loin avec un de-esser, un filtre passe-haut, un compresseur, un limiteur, un noise gate ou encore différents outils destinés à modifier le rendu vocal. Le de-esser peut par exemple calmer les « S » trop agressifs tandis que le limiteur évite qu’un cri soudain transforme l’enregistrement en mur de saturation.

Razer propose aussi une réduction de bruit basée sur l’IA. Elle peut rendre service dans un environnement bruyant, mais comme souvent avec ce genre de traitement, pousser le curseur trop loin finit par donner une voix moins naturelle et parfois légèrement instable. À force de vouloir nettoyer le son, on peut aussi finir par le laver de toute sa personnalité.

La réverbération intégrée paraît encore plus anecdotique. Elle existe, elle fonctionne, mais on imagine difficilement un streamer raconter sa partie avec l’impression d’être enfermé dans une cathédrale. Synapse offre beaucoup de jouets ; tous ne sont pas indispensables.

Le logiciel gère également le Stream Mixer, l’éclairage de l’anneau RGB ainsi que plusieurs réglages avancés. Cet anneau sert d’ailleurs de repère pratique : il peut rester blanc pendant l’utilisation puis passer au rouge lorsque le microphone est coupé.

Et puis il y a le 32-bit float jusqu’à 96 kHz sous Windows via Synapse, l’une des fonctions les plus intéressantes pour ceux qui enregistrent régulièrement. Ce format offre une énorme marge dynamique et facilite la récupération d’une prise lorsque le niveau monte brutalement. Pour enregistrer trois conversations Discord dans le mois, c’est largement dispensable. Pour produire des vidéos, des streams ou des podcasts de manière régulière, l’intérêt devient beaucoup plus concret.

Face au Wave:3 MK2, le Seiren V3 Pro montre pourquoi un micro dédié garde de l’intérêt

La fiche technique raconte beaucoup de choses, mais un microphone finit toujours par être jugé avec les oreilles. Pour situer le Seiren V3 Pro, nous l’avons placé face à trois types de produits très différents : un micro Razer d’entrée de gamme, le microphone intégré d’un casque gaming haut de gamme et surtout le Elgato Wave:3 MK2 tout récent.

Le SteelSeries Arctis Nova Elite offre déjà un bon exemple de ce qui sépare un casque d’un microphone dédié. Même sur un périphérique extrêmement cher, le micro reste une pièce d’un ensemble où le constructeur doit également travailler le rendu audio, le sans-fil, l’autonomie, le confort et les fonctionnalités. Il peut donc être très correct sans atteindre le niveau d’une solution dont l’unique boulot consiste à enregistrer une voix.

À l’autre extrémité, un Razer Seiren V2 X beaucoup moins cher rappelle qu’il n’est pas nécessaire de dépenser près de 300 euros pour être parfaitement audible. Pour jouer avec ses amis ou participer occasionnellement à une réunion, ce type de modèle fait déjà largement le travail.

Le duel le plus intéressant reste donc celui avec le Wave:3. Le micro d’Elgato conserve un rendu équilibré, une utilisation très simple et une réputation qu’il n’a pas volée. Pourtant, à réglages neutres et sans traitement destiné à favoriser l’un ou l’autre, le Seiren V3 Pro délivre une voix qui paraît plus dense et plus proche de ce que l’on attend d’un rendu broadcast.

Les basses donnent davantage de corps sans étouffer la diction et la captation reste propre tant que le micro est correctement placé. Surtout, ce résultat arrive avant même de commencer à jouer avec les nombreux réglages de Synapse. Le logiciel sert donc davantage à adapter une bonne base qu’à tenter de réparer un son décevant.

C’est aussi ce qui permet au Seiren V3 Pro de justifier une partie de son positionnement. On peut obtenir un excellent rendu en USB dès le premier jour, puis affiner progressivement son installation sans devoir changer de microphone lorsque les besoins deviennent plus sérieux.

Le problème n’est pas ce qu’il fait, mais combien Razer le fait payer

Et c’est finalement là que le nouveau micro de Razer devient beaucoup plus difficile à recommander les yeux fermés. 289,99 euros, ce n’est plus le tarif d’un accessoire que l’on achète simplement parce que le micro de son casque commence à fatiguer.

À ce niveau, il faut réellement avoir besoin de ce que Razer propose. Quelqu’un qui compte rester définitivement en USB paie aussi pour une sortie XLR qu’il n’utilisera peut-être jamais. Celui qui lance un stream de temps en temps n’exploitera probablement pas davantage le 32-bit float, le DSP embarqué ou la moitié des réglages disponibles dans Synapse. Dans ces situations, un microphone moins cher devient rapidement plus logique.

Le Wave:3 d’Elgato reste notamment très difficile à ignorer si l’objectif consiste simplement à obtenir une bonne voix avec un minimum de complications. Il coûte sensiblement moins cher et couvre déjà une grande partie des besoins d’un joueur ou d’un créateur débutant.

Le Seiren V3 Pro répond plutôt à celui qui veut acheter un micro une fois et conserver de la marge pour la suite. On peut commencer avec un câble USB-C branché directement au PC, profiter d’un son déjà très convaincant, puis passer un jour en XLR sans jeter le microphone pour recommencer son installation.

Razer a donc conçu un produit très complet, mais cette polyvalence pèse autant dans les possibilités que sur l’étiquette. Si vous utilisez réellement l’USB, le XLR, les traitements de Synapse et les fonctions d’enregistrement avancées, le récent micro de Razer a de solides arguments. Si votre seul objectif est que vos amis vous entendent clairement en partie, il y a beaucoup moins cher pour y arriver.

Un micro qui en donne beaucoup… à condition d’en avoir l’usage

Au final, le nouveau micro de Razer donne surtout l’impression d’avoir été pensé pour ceux qui ne veulent pas choisir entre simplicité et évolution. On peut le brancher en USB, obtenir immédiatement une voix propre, puis aller beaucoup plus loin avec Synapse ou basculer vers une installation XLR si les besoins changent. C’est cette souplesse qui fait sa force.

Le problème, c’est que tout le monde n’en aura pas besoin. Pour discuter sur Discord ou lancer quelques streams dans le mois, 289,99€ restent difficiles à justifier face à des solutions USB moins chères déjà très convaincantes. En revanche, pour un créateur régulier qui veut garder le même micro plusieurs années et faire évoluer son installation autour de lui, la proposition devient nettement plus cohérente.

Razer signe donc un microphone très réussi sur le plan sonore et particulièrement complet, mais son intérêt dépend presque entièrement de ce que vous comptez réellement en faire.

NOTE FINALE
9/10

Points positifs

  • Une excellente qualité de voix
  • Le double choix entre USB-C et XLR
  • Un mode 32-bit float utile pour l’enregistrement
  • Des réglages Synapse très complets
  • La construction solide et soignée
  • Un fonctionnement plug-and-play convaincant

Points négatifs

  • Un logiciel parfois intimidant pour les débutants
  • Des fonctions avancées inutiles pour un usage occasionnel
  • Toutes les fonctions phare du micro indisponibles sous connexion XLR

EN SAVOIR PLUS

spot_img
Terry 4WAG
Terry 4WAGhttps://www.4wearegamers.com/
Juste un homme qui donne vie à ses idées du haut de son clavier. Curieux de technologies et toujours enthousiaste pour les sorties vidéoludiques, je tâche de rester neutre sur un terrain ou une guerre de consoles inutile fait rage.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

DU MÊME AUTEUR