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TEST – Shure SM7B : le micro culte des créateurs vaut-il encore son prix en 2026 ?

Il suffit de regarder quelques podcasts, streams ou vidéos YouTube pour reconnaître sa grande bonnette noire. Suspendu à quelques centimètres du visage de son utilisateur, le Shure SM7B est devenu l’un des symboles du matériel audio professionnel. Son histoire remonte pourtant à une époque où Twitch, YouTube et même Internet n’existaient pas encore.

Derrière cette réputation se cache toutefois un microphone plus exigeant qu’il n’y paraît. Il fonctionne uniquement en XLR, demande beaucoup de gain et arrive dans une boîte qui ne contient pas tout le nécessaire pour commencer à enregistrer. L’arrivée du Shure SM7dB et d’interfaces puissantes comme le nouvel Elgato Wave XLR Pro facilite heureusement son utilisation.

Le Shure SM7B, une référence née dans les studios

Le premier Shure SM7 apparaît en 1973, bien avant que son descendant ne devienne la mascotte officieuse des podcasteurs. Le microphone s’installe progressivement dans les radios et les studios d’enregistrement, où sa construction solide et son rendu vocal trouvent rapidement leur public.

Sa réputation est également liée à Michael Jackson, qui a utilisé un SM7 lors des sessions de l’album Thriller. Shure fait ensuite évoluer son microphone jusqu’au lancement du SM7B en 2001, avec notamment un support revu pour offrir davantage de stabilité.

Depuis, le SM7B a quitté les cabines radio pour se retrouver dans les chambres et les bureaux des créateurs. Son apparence y est sûrement pour quelque chose. Avec sa finition noire mate, son imposante bonnette et son support intégré, il donne immédiatement des airs de studio à une installation. Une fois placé face à la caméra, il ne renvoie pratiquement aucun reflet et reste reconnaissable au premier coup d’œil.

Pourquoi les voix fonctionnent si bien avec le SM7B ?

Le Shure SM7B est un microphone dynamique cardioïde relié à une interface audio par un câble XLR. Sa réponse en fréquence s’étend de 50 Hz à 20 kHz, avec une sensibilité annoncée de -59 dBV/Pa. En clair, il produit un signal assez faible, mais peut enregistrer une voix naturelle et détaillée lorsqu’il reçoit suffisamment de gain.

Son rendu est généralement chaud, dense et plutôt doux dans les aigus. Les voix graves gagnent facilement en profondeur, tandis que les sifflantes restent moins agressives qu’avec certains microphones à condensateur. C’est précisément ce son radio, rond et relativement feutré, qui a participé à son succès dans le podcast, le streaming, la voix off, le chant et le rap.

Sa directivité cardioïde concentre la captation sur ce qui se passe devant la capsule. Elle réduit donc les sons venant des côtés et de l’arrière, ce qui se montre particulièrement pratique lorsque plusieurs personnes enregistrent autour d’une même table. La suspension pneumatique interne limite les vibrations transmises par le support, tandis que le filtre anti-pop intégré absorbe une bonne partie des souffles et des consonnes explosives. Le blindage protège également le signal des interférences générées par les écrans et certains appareils électroniques.

Deux petits sélecteurs placés à l’arrière permettent enfin de modifier la réponse du microphone. Le premier atténue les basses fréquences, alors que le second renforce les médiums afin de donner davantage de présence à la voix. Ces réglages ne remplacent pas un véritable égaliseur, mais ils peuvent éviter qu’une voix déjà grave ne sonne comme si elle venait du fond d’une grotte.

Le SM7B ne fait cependant pas disparaître tous les bruits de la pièce par magie. Un clavier mécanique, un ventilateur ou une forte réverbération resteront audibles. Tapis, rideaux, meubles et panneaux absorbants conservent donc leur utilité.

Un microphone qui aime rester près de la bouche

Le SM7B n’est pas du genre à rester au fond du bureau pendant que l’on parle tranquillement depuis sa chaise. Il préfère être placé à environ 8 à 15 centimètres de la bouche, légèrement hors axe afin de limiter les « P » et les « B » trop explosifs.

La distance change fortement le résultat. En s’approchant, l’effet de proximité renforce les graves et donne cette voix dense souvent associée aux émissions de radio. En reculant, le niveau diminue rapidement, la pièce devient plus présente et l’interface doit fournir davantage de gain.

Il faut donc trouver le juste milieu. Trop loin, la voix manque de corps. Trop près, les basses peuvent avaler le reste du spectre. La mousse standard suffit généralement à contrôler les plosives, même si Shure fournit aussi une bonnette plus épaisse pour les prises très rapprochées. Un filtre anti-pop supplémentaire ne devient réellement utile que pour les voix qui produisent beaucoup d’air.

Son poids d’environ 765 grammes impose également un bras ou un pied suffisamment robuste. Un modèle trop léger risque de descendre lentement pendant l’enregistrement, ce qui est assez agaçant quand le micro finit par viser le nombril au milieu d’une phrase.

Le gain, principal piège du Shure SM7B

Le principal problème du SM7B ne vient pas de sa qualité sonore, mais de son faible niveau de sortie. Shure recommande un préampli capable de délivrer plus de 60 dB de gain. De nombreuses interfaces d’entrée ou de milieu de gamme plafonnent autour de 40 ou 50 dB, ce qui oblige à pousser leur préampli presque au maximum. Le niveau devient alors suffisant, mais le souffle électronique peut s’inviter dans l’enregistrement.

Pendant longtemps, la solution habituelle consistait à ajouter un Cloudlifter ou un FetHead entre le microphone et l’interface. Ces petits préamplis utilisent l’alimentation fantôme de 48 V pour augmenter le signal avant son arrivée dans l’interface.

Attention toutefois à une confusion fréquente : le SM7B classique est un microphone passif. Activer directement l’alimentation fantôme ne lui donne donc pas davantage de volume. Celle-ci sert uniquement à alimenter certains préamplis externes ou microphones actifs.

L’achat d’un booster n’est pas systématique. Une interface récente offrant suffisamment de gain propre peut alimenter correctement le SM7B, surtout lorsque l’utilisateur parle près de la capsule. Il faut simplement vérifier ses caractéristiques avant de sortir la carte bancaire une seconde fois.

Le SM7B devient plus simple avec l’Elgato Wave XLR Pro

Le nouvel Elgato Wave XLR Pro apporte justement une réponse directe à ce problème. Chacune de ses deux entrées XLR fournit jusqu’à 80 dB de gain à faible bruit, assez pour utiliser un Shure SM7B sans Cloudlifter, FetHead ou autre préampli intermédiaire. Elgato cite d’ailleurs explicitement le microphone de Shure parmi les modèles dynamiques pris en charge.

Le branchement devient alors beaucoup plus simple : un câble relie le SM7B au Wave XLR Pro, puis l’interface rejoint l’ordinateur en USB-C. Le signal passe directement du micro au préampli Elgato, sans petit boîtier suspendu au milieu du câblage.

Ce n’est pas tout. Le Wave XLR Pro intègre deux entrées XLR, deux sorties casque et plusieurs mixages matériels indépendants. Il peut donc accueillir deux SM7B pour un podcast en face-à-face, avec un réglage séparé du gain et du retour de chaque intervenant. Son processeur Wave FX applique également des traitements audio directement dans l’interface, notamment une égalisation, une compression ou le système Clipguard 2.0, chargé de limiter la saturation lorsque le ton monte un peu trop.

De son côté, le logiciel Wave Link gère les différentes sources du PC, les effets et les mixages destinés au stream, à l’enregistrement ou aux casques. Pour un créateur qui diffuse principalement depuis un ordinateur, le duo SM7B et Wave XLR Pro forme ainsi une chaîne audio complète, sans avoir à empiler les accessoires.

Bien sûr, l’interface d’Elgato n’est pas la seule capable d’alimenter le microphone. Son intérêt vient surtout de la combinaison entre ses 80 dB de gain, ses deux entrées et son écosystème logiciel pensé pour le streaming et la création de contenu.

Shure SM7B ou SM7dB : lequel choisir ?

Shure a également réglé le problème du gain à sa manière avec le SM7dB. Ce modèle reprend la capsule et la signature sonore du SM7B, mais ajoute un préampli intégré développé par Shure avec une technologie sous licence de Cloud.

Deux niveaux d’amplification sont disponibles : +18 dB et +28 dB. Lorsque ce préampli est actif, le SM7dB doit recevoir une alimentation fantôme de 48 V. Un mode bypass permet aussi de le désactiver afin de retrouver le fonctionnement passif du SM7B classique.

Le choix dépend donc principalement du matériel déjà présent sur le bureau.

Configuration Avantage principal Booster externe
SM7B avec interface peu puissante Micro moins cher à l’achat Parfois nécessaire
SM7B avec Wave XLR Pro 80 dB de gain et gestion de deux micros Non
SM7dB avec interface classique Préampli directement intégré Non

Posséder un Wave XLR Pro réduit fortement l’intérêt du SM7dB, puisque l’interface fournit déjà tout le gain nécessaire. En revanche, le SM7dB garde l’avantage pour une utilisation mobile ou lorsque le microphone doit être branché à différentes consoles, tables de mixage et interfaces audio.

Dans les deux cas, aucun des modèles ne propose de connexion USB directe. Le câble XLR et l’interface restent obligatoires.

Le prix du microphone n’est pas celui de l’installation

La boîte du SM7B contient le microphone, sa bonnette standard, une mousse plus épaisse destinée aux prises rapprochées et un adaptateur pour certains filetages. En revanche, Shure ne fournit ni câble XLR, ni pied, ni bras articulé, ni interface audio.

Le budget complet doit donc inclure :

  • un bras capable de supporter environ 765 grammes ;
  • un câble XLR ;
  • une interface audio suffisamment puissante comme le Elgato Wave XLR Pro;
  • éventuellement un adaptateur de filetage ;
  • un Cloudlifter ou un FetHead si l’interface manque de gain.

Avec le Wave XLR Pro, le booster disparaît de la liste, mais l’interface représente évidemment un investissement plus important. Elle devient surtout rentable pour celui qui veut gérer deux microphones, plusieurs retours casque et différents mixages depuis une seule installation.

À qui s’adresse réellement le Shure SM7B ?

Le Shure SM7B reste particulièrement adapté aux podcasteurs, streamers, vidéastes, chanteurs, rappeurs et spécialistes de la voix off déjà équipés en XLR. Son rendu dense et sa captation directionnelle fonctionnent bien dans un studio personnel, à condition de le placer correctement et de lui fournir assez de gain.

Il est moins évident à conseiller à un débutant qui cherche un micro USB à brancher en quelques secondes. Son prix, son poids et les accessoires nécessaires peuvent rapidement transformer un achat isolé en installation complète.

Associé à un Elgato Wave XLR Pro, le SM7B devient toutefois beaucoup plus facile à intégrer dans un studio de streaming ou de podcast. Le SM7dB conserve pour sa part l’avantage lorsque le gain doit suivre le microphone partout où il est branché.

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Terry 4WAG
Terry 4WAGhttps://www.4wearegamers.com/
Juste un homme qui donne vie à ses idées du haut de son clavier. Curieux de technologies et toujours enthousiaste pour les sorties vidéoludiques, je tâche de rester neutre sur un terrain ou une guerre de consoles inutile fait rage.

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