Crier après un boss, rire un peu trop près du microphone ou simplement reculer sur sa chaise suffit parfois à transformer une belle prise de voix en concert de saturations. Avec le tout nouveau Wave:3 MK.2, Elgato veut éviter ce genre de mauvaise surprise sans obliger les créateurs à passer leurs soirées devant une table de mixage.
Au premier regard, cette nouvelle version ressemble beaucoup au microphone USB lancé par la marque en 2020. La vraie transformation se déroule à l’intérieur. Processeur Wave FX, gain automatique, Clipguard 2.0, effets intégrés et prise en charge des plug-ins VST : le Wave:3 MK.2 cherche autant à améliorer la voix qu’à limiter le nombre de réglages nécessaires pour obtenir un son propre.
Un design connu, mais pensé pour rester sous la main
Elgato n’a pas profité de cette seconde génération pour refaire son microphone de la tête au pied. Le Wave:3 MK.2 conserve un format compact, une robe noire assez sobre et une construction principalement en plastique. Le résultat paraît moins massif qu’un micro entièrement métallique, mais l’assemblage reste sérieux et l’ensemble ne donne jamais l’impression d’avoir été bâclé.
Le support fourni permet de poser directement le microphone sur un bureau. Sa base lestée et recouverte de caoutchouc évite qu’il parte se promener au premier mouvement de câble, tandis que le système d’inclinaison aide à orienter la capsule vers la bouche. Avec un poids d’environ 570 grammes sur son pied et 250 grammes seul, le Wave:3 MK.2 reste facile à déplacer ou à glisser dans un sac pour enregistrer un podcast ailleurs que dans son studio habituel.

À l’arrière, Elgato réunit un port USB-C et une sortie casque de 3,5 mm. Cette dernière permet d’écouter sa voix en direct, sans attendre qu’elle fasse un aller-retour par l’ordinateur. C’est pratique pour vérifier immédiatement son volume, mais aussi pour entendre les effets appliqués au signal.
En façade, la molette ne sert pas seulement à modifier le gain. Une pression permet de passer au volume du casque, à la balance entre la voix et le son de l’ordinateur ou encore à l’intensité de Voice Tune. Pas besoin, donc, de partir à la chasse aux menus dès que le jeu couvre les commentaires : l’essentiel reste accessible au bout des doigts.
Le dessus du micro accueille toujours une surface tactile pour couper instantanément le son. Les indicateurs passent alors au rouge, ou dans une autre couleur choisie depuis Wave Link. Le système est simple, lisible et suffisamment rapide pour éviter de partager une quinte de toux avec l’ensemble de son audience.
Ce confort d’utilisation donne déjà le ton. Le Wave:3 MK.2 veut rester facile à prendre en main, mais il ne se contente pas d’ajouter quelques raccourcis physiques. C’est surtout lorsqu’il commence à surveiller la voix à notre place que cette seconde génération prend ses distances avec la première.
Wave FX garde un œil sur les niveaux
La principale différence entre le premier Wave:3 et ce modèle MK.2 porte un nom : Wave FX. Ce processeur prend en charge une partie du traitement sonore directement dans le microphone, plutôt que de laisser l’ordinateur gérer seul l’ensemble de la chaîne audio.
Le premier outil intéressant est le gain automatique. En maintenant la commande du micro, le Wave:3 MK.2 écoute la voix puis détermine un niveau d’entrée adapté. L’utilisateur peut ensuite verrouiller cette valeur afin d’éviter qu’un coup de doigt malencontreux sur la molette transforme son chuchotement en annonce dans une gare.
Cette automatisation vise surtout les personnes qui ne savent jamais s’il faut régler leur gain à 20, 40 ou 70 %. Elle ne remplace pas un bon positionnement, mais elle fournit rapidement une base cohérente. Le micro doit rester relativement proche de la bouche : plus on l’éloigne, plus le gain grimpe, et plus les bruits de la pièce s’invitent dans l’enregistrement.
C’est précisément là qu’intervient Clipguard 2.0. Lorsqu’un cri, un rire ou une réaction soudaine dépasse le niveau prévu, la technologie conserve une seconde version du signal à un volume inférieur et bascule dessus avant que le son ne sature. Il devient ainsi possible de s’enthousiasmer devant un but à la dernière seconde ou la mort d’un boss sans faire exploser la forme d’onde.

Le système n’enregistre pas pour autant des fichiers en 32 bits flottants. Il protège le signal grâce à plusieurs niveaux de conversion, mais la sortie reste limitée au 24 bits/48 kHz. Dans les faits, ce qui compte est ailleurs : une voix très forte reste exploitable là où une saturation classique aurait définitivement détruit la prise.
Clipguard ne dispense évidemment pas de régler correctement son installation. Si le microphone est collé aux lèvres avec le gain poussé à fond, même le meilleur garde du corps aura du mal à empêcher la bagarre. Utilisé dans des conditions normales, il apporte toutefois une sécurité appréciable aux streamers et aux vidéastes dont le volume change constamment.
Cette protection automatique est donc utile, mais elle ne raconte qu’une partie de l’histoire. Une voix peut parfaitement éviter la saturation tout en reprenant le clavier, les ventilateurs ou l’écho de la pièce. Le comportement de la capsule reste dès lors tout aussi important que les traitements qui l’accompagnent.
Une bonne voix ne se gagne pas uniquement avec des filtres
Le Wave:3 MK.2 s’appuie sur une capsule à condensateur de 16 mm et adopte une directivité supercardioïde. La captation se concentre principalement devant le microphone, avec un rejet plus marqué sur les côtés. Cela aide à isoler la voix, mais ne transforme pas la pièce en cabine d’enregistrement.
Un clavier mécanique, un ventilateur bruyant ou une personne qui discute à quelques mètres peuvent encore être entendus. Les microphones à condensateur sont sensibles et le Wave:3 MK.2 ne déroge pas à la règle. Le rapprocher de la bouche tout en diminuant son gain reste la méthode la plus efficace pour éviter d’enregistrer la moitié du salon.
La voix brute profite d’une bonne clarté, avec des médiums suffisamment présents pour rester intelligible sans donner l’impression de parler au téléphone. La réponse en fréquence annoncée s’étend de 70 Hz à 20 kHz, une plage cohérente pour la voix parlée. Les basses les plus profondes sont naturellement contenues, tandis que les détails utiles à l’articulation restent bien reproduits.
Le microphone accepte également un niveau maximal de 130 dB SPL et offre une dynamique de 110 dB. Derrière ces chiffres se cache surtout une meilleure capacité à encaisser les variations de volume que le précédent modèle. La capsule garde une voix propre lorsque le ton monte, avant même que Clipguard entre dans la danse.
Le filtre anti-pop intégré limite correctement les petites projections d’air, mais les lettres « P » et « B » peuvent encore frapper la capsule si l’on parle droit devant à très courte distance. Décaler légèrement le micro ou utiliser un filtre externe reste préférable pour les voix particulièrement explosives.
Le pied de bureau constitue, lui, la solution la plus simple, pas forcément la plus propre. Les frappes sur le clavier et les chocs contre la table peuvent remonter jusque dans la capsule. Un bras articulé permet de rapprocher le Wave:3 MK.2 de la bouche, de réduire le gain et de l’éloigner des vibrations. Trois améliorations obtenues sans toucher au moindre effet logiciel.
Une fois ces bases respectées, Wave Link peut alors faire son travail dans de bonnes conditions. Le logiciel ne vient pas réparer une mauvaise installation par magie : il affine un signal déjà correctement capté et transforme progressivement le microphone en petite régie audio.
Wave Link 3.0 fait entrer la régie dans le bureau
Branché sans logiciel, le Wave:3 MK.2 fonctionne comme un microphone USB classique. Ce serait toutefois passer à côté d’une grande partie de son intérêt. Wave Link 3.0 rassemble les réglages matériels, les traitements de la voix et le mixage des différentes sources audio dans une seule interface.
Le logiciel peut séparer le son du jeu, du navigateur, de la musique, du chat vocal et du microphone. Chaque source dispose de son propre volume. Il devient ainsi possible d’entendre ses amis assez fort dans le casque tout en les envoyant plus doucement vers le direct, ou de monter la musique pour soi sans noyer les spectateurs sous la bande-son.

Wave Link autorise également la création de plusieurs mixages. Le premier correspond à ce que l’utilisateur entend, tandis qu’un autre peut être réservé au stream, au chat ou à l’enregistrement. Cette séparation prend tout son sens lorsqu’un créateur souhaite écouter une musique sans l’intégrer à sa vidéo, ou contrôler précisément la place de chaque intervenant dans un podcast.
À cela viennent s’ajouter les différents traitements du microphone. Coupe-bas, expandeur, compresseur, égaliseur, Voice Tune et Voice Focus peuvent être insérés dans la chaîne. Le coupe-bas retire les grondements inutiles, l’expandeur atténue les sons faibles lorsque personne ne parle et le compresseur réduit les écarts entre une voix calme et un passage plus énergique.
Voice Focus s’occupe davantage des bruits ambiants et des réverbérations avec une très belle efficacité. L’effet peut sauver une prise réalisée dans une pièce peu adaptée, mais un réglage trop fort donne rapidement à la voix le charme métallique d’un droïde enrhumé. Un peu de nettoyage passe généralement inaperçu ; pousser tous les curseurs transforme vite une voix naturelle en appel passé depuis le fond d’un hangar.
Les utilisateurs plus avancés peuvent encore ajouter leurs propres plug-ins VST. Un égaliseur différent, un limiteur ou un outil de réduction de bruit vient alors compléter les effets proposés par Elgato. Les traitements s’insèrent directement dans le parcours du microphone, avec un retour rapide dans le casque.

L’ensemble fonctionne également avec le Stream Deck. Les volumes, les effets et les coupures de son peuvent être attribués à des touches physiques, ce qui évite de quitter un jeu ou de chercher la bonne fenêtre pendant un live. Wave Link peut faire beaucoup de choses, peut-être même trop au premier lancement. Les nombreuses routes audio demandent un petit temps d’apprentissage, surtout lorsqu’on voulait simplement brancher un micro et parler.
Cette richesse logicielle explique cependant une bonne partie du prix du Wave:3 MK.2. Elgato ne vend pas uniquement une capsule USB : la marque propose un environnement complet, pensé pour accompagner toutes les étapes d’un stream ou d’un enregistrement.
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Une évolution qui se mesure davantage à l’usage qu’aux chiffres
Le Wave:3 MK.2 enregistre en 24 bits/48 kHz, alors que son prédécesseur pouvait également monter jusqu’à 96 kHz. Sur le papier, Elgato retire donc une option. Dans la pratique, le 48 kHz reste la fréquence de référence pour la vidéo, YouTube, Twitch et la majorité des podcasts. Cette limitation gênera davantage les acheteurs qui comparent chaque ligne de la fiche technique que les créateurs auxquels le produit est destiné.
En contrepartie, le nouveau modèle porte sa dynamique de 95 à 110 dB, accepte un niveau sonore plus élevé et ajoute Wave FX, Clipguard 2.0, le gain automatique, les effets DSP ainsi que les insertions VST. La progression se mesure moins au nombre de kilohertz qu’au temps gagné avant et pendant un enregistrement.
À 159,99 dollars au lancement aux États-Unis, le Wave:3 MK.2 ne joue pas dans la catégorie des petits microphones USB achetés pour remplacer rapidement celui d’un casque gaming. Son prix comprend autant le matériel que Wave Link, son système de mixage et l’intégration avec les autres équipements Elgato.
Pour un premier achat, il réunit tout ce qu’il faut pour produire une voix propre sans ajouter d’interface audio. Les utilisateurs qui viennent d’un microphone d’entrée de gamme profiteront également d’un meilleur contrôle des niveaux et d’outils beaucoup plus complets.
La situation est moins évidente pour les possesseurs du premier Wave:3. La qualité brute ne connaît pas une transformation spectaculaire et l’ancien modèle reste parfaitement capable d’enregistrer une bonne voix. Le changement prend surtout son sens pour profiter du traitement embarqué, de Clipguard 2.0 et d’un monitoring enrichi par les effets.
Le Wave:3 MK.2 ne fait pas disparaître les claviers bruyants, les pièces qui résonnent ou les mauvaises habitudes de placement. Il rend en revanche ces problèmes plus faciles à contrôler. Elgato livre un microphone USB capable de protéger les niveaux, de travailler la voix et de gérer tout l’audio d’un stream sans ajouter une pile de boîtiers sur le bureau. Une fois correctement placé et raisonnablement réglé, il permet surtout de se concentrer sur ce que l’on raconte plutôt que de surveiller constamment la petite barre rouge prête à exploser.
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Faut-il craquer pour cette nouvelle version du micro Elgato Wave 3 ?
Ce Wave:3 MK.2 réussit surtout là où beaucoup de microphones USB se contentent encore d’empiler des fonctions sur une fiche technique. Ici, les nouveautés ont un impact concret sur l’usage. Le gain automatique rassure, Clipguard 2.0 évite de massacrer une prise sur un éclat de voix, tandis que Wave Link donne suffisamment de liberté pour faire évoluer son installation sans changer immédiatement de matériel.
On a toutefois noté quelques petits aspect qui restent à corriger, comme la sensibilité du micro à son environnement, le bon placement nécessaire et les limites de la captation dans une pièce fort réverbérante. Les possesseurs du premier Wave:3 devront également se demander s’ils ont réellement besoin de ces nouveaux outils avant de repasser à la caisse.
Pour un créateur qui veut une solution USB complète, simple à brancher mais capable d’aller plus loin qu’un micro basique, Elgato propose toutefois un ensemble cohérent, pratique et bien pensé. Le Wave:3 MK.2 ne fait pas tout à votre place, mais il enlève assez d’obstacles pour vous laisser vous concentrer sur l’essentiel : ce que vous avez à dire.
Points positifs
- Une qualité sonore claire et naturelle
- Le gain automatique vraiment pratique
- Un Clipguard 2.0 efficace contre les saturations
- La puissance de Wave Link 3.0
- Des commandes accessibles directement sur le micro
- Une intégration réussie avec le Stream Deck
- Le format compact et facile à transporter
Points négatifs
- Une sensibilité marquée aux bruits de la pièce
- Un intérêt limité pour les possesseurs du premier Wave:3
- Le passage de 96 à 48 kHz sur cette nouvelle version




