Final Fantasy X / X-2 HD Remaster
Plateforme de test : Nintendo Switch 2
Date de sortie : 23 juillet 2026
Développeur : Square Enix
Éditeur : Square Enix
Style : J-RPG
Disponible sur :
Après avoir traversé plusieurs générations de consoles, Final Fantasy X et Final Fantasy X-2 reviennent une nouvelle fois avec une édition dédiée à la Nintendo Switch 2. Plus de vingt ans après leur sortie initiale sur PlayStation 2, les deux RPG de Square Enix n’ont évidemment plus grand-chose à prouver. La question est plutôt de savoir ce que cette nouvelle version apporte à ceux qui connaissent déjà Spira par cœur.
Bonne nouvelle : les deux jeux tournent proprement, profitent d’un mode Turbo, de quelques fonctions tactiles et restent parfaitement adaptés au jeu nomade. Mauvaise nouvelle : Square Enix n’a prévu ni mise à niveau depuis la version Switch, ni transfert de sauvegarde. Une décision particulièrement difficile à ignorer pour deux aventures capables d’occuper plusieurs dizaines d’heures.
Une version Switch 2 qui fait le travail sans vraiment transformer l’expérience
Commençons par ce qui nous intéresse directement avec cette nouvelle édition. Sur Nintendo Switch 2, Final Fantasy X et X-2 affichent des performances stables, aussi bien lorsque la console est posée sur son dock que lorsqu’elle est utilisée en portable. Durant nos parties, nous n’avons pas rencontré de baisse de framerate suffisamment importante pour venir perturber l’expérience.

Le principal ajout se trouve ailleurs avec l’arrivée d’un mode Turbo permettant de faire tourner le jeu deux ou quatre fois plus rapidement. Pour quelqu’un qui connaît déjà les routes de Spira, c’est presque une bénédiction. Les longs déplacements et certains affrontements gagnent énormément en rythme, même si jouer en vitesse x4 demande parfois des doigts plus rapides que Tidus sur un terrain de Blitzball. Les commandes peuvent heureusement être remappées, ce qui permet notamment de corriger quelques choix étranges de configuration par défaut.
La Switch 2 est également mise à contribution via son écran tactile. Dans Final Fantasy X, il devient possible de soigner rapidement son équipe, tandis que X-2 autorise des changements de Dressphere plus rapides grâce à des animations raccourcies. Rien qui bouleverse la formule, mais ces petites fonctions sont agréables en mode portable.
Il manque pourtant une option que l’on aurait presque considérée comme acquise en 2026 : les cinématiques ne peuvent être ni passées ni accélérées. Dans une aventure aussi narrative, cela devient rapidement agaçant lorsque l’on connaît déjà certaines séquences par cœur. X-2 souffre un peu moins du problème puisque sa progression vers les 100 % pousse justement à écouter les dialogues et à fouiller chaque recoin, mais avoir le choix aurait été appréciable.

Final Fantasy X n’a rien perdu de son efficacité
Final Fantasy X possède une place particulière dans l’histoire de la série. Il fut le premier épisode principal sorti sur PlayStation 2, mais aussi le premier Final Fantasy numéroté entièrement doublé. Un changement énorme à l’époque, qui donnait soudain une voix à des personnages que les joueurs avaient toujours connus au travers de simples boîtes de dialogue.
L’aventure débute à Zanarkand, où Tidus profite d’une jolie réputation de star du Blitzball avant que Sin ne vienne transformer son quotidien en véritable champ de ruines. Projeté dans un monde qu’il ne connaît pas, il finit par rencontrer Yuna, jeune Invokeure engagée dans un pèlerinage dont l’objectif est de mettre fin aux ravages de la créature.
Plus de deux décennies plus tard, la manière dont le jeu construit son univers reste l’une de ses grandes forces. La religion de Yevon, ses traditions et le poids qu’elles font peser sur les habitants de Spira prennent progressivement de l’importance sans noyer le joueur sous les explications. Tidus sert justement de point d’entrée idéal : puisqu’il ne comprend rien aux coutumes qui l’entourent, nous les découvrons en même temps que lui.
Cette position d’étranger permet également au personnage d’évoluer énormément au fil de l’aventure. Ses monologues intérieurs accompagnent le voyage et rappellent régulièrement que cette histoire est avant tout la sienne. Le doublage accuse parfois son âge, surtout sur quelques répliques aujourd’hui un peu raides, mais l’interprétation conserve une vraie personnalité.

Le tour par tour de Final Fantasy X reste redoutablement efficace
Manette en main, Final Fantasy X n’a pas non plus pris beaucoup de rides. Le jeu utilise un système de combat au tour par tour avec ordre des actions visible, ce qui laisse suffisamment de temps pour préparer ses décisions. Il est possible de savoir qui frappera ensuite, d’anticiper une attaque ennemie et de modifier son plan avant que la situation ne dégénère.
Chaque membre de l’équipe possède au départ un rôle assez précis. Wakka est particulièrement utile contre les ennemis volants, Lulu maîtrise la magie noire, Auron cogne comme un camion et Yuna soigne les petits bobos avant d’invoquer quelque chose de beaucoup plus gros. Cette spécialisation n’est toutefois pas gravée dans la pierre.
Le Sphérier permet de faire progresser chaque personnage sur une immense carte composée de cases. Les sphères obtenues en combat servent ensuite à augmenter différentes statistiques ou à apprendre de nouvelles compétences. Le Sphérier Expert, intégré aux éditions modernes, ouvre davantage les chemins disponibles et permet aux joueurs expérimentés de sortir beaucoup plus rapidement des rôles traditionnels.
À cela s’ajoutent les Overdrives, les altérations d’état, les bonus et malus qui deviennent rapidement indispensables face aux boss. Final Fantasy X comprend très bien que les meilleurs combats sont ceux qui obligent à utiliser les outils disponibles plutôt qu’à simplement marteler la commande « Attaquer ».
X-2 change complètement de rythme
Final Fantasy X-2 prend ensuite tout le monde à contre-pied. Le pèlerinage de Yuna appartient au passé et la jeune femme voyage désormais avec Rikku et Paine au sein des Gullwings, un groupe de chasseuses de sphères. Le ton change énormément : couleurs plus vives, rythme plus léger, tenues extravagantes et liberté beaucoup plus importante.
Cette rupture peut surprendre, mais elle correspond aussi à l’évolution de Yuna. Toute sa vie avait été dictée par sa famille, la religion et les attentes placées sur elle par les habitants de Spira. X-2 lui laisse enfin le droit de découvrir ce qu’elle veut faire lorsqu’elle n’a plus le poids du monde sur les épaules.
L’histoire démarre véritablement lorsqu’une sphère semble montrer une personne dont la présence paraît impossible, donnant à Yuna une raison beaucoup plus personnelle de repartir à l’aventure. La progression adopte également une structure moins rigide, avec plusieurs décisions et interactions susceptibles d’influencer certains événements jusqu’aux différentes fins disponibles.

Le changement est encore plus radical pendant les combats. X-2 abandonne le tour par tour classique pour revenir à l’Active Time Battle, où le temps continue de s’écouler pendant que l’on choisit ses commandes. Les affrontements sont donc plus nerveux et demandent davantage de réactivité.
Mais la vraie star du système reste la Dressphere. Yuna, Rikku et Paine peuvent changer de classe en modifiant leur tenue, passant par exemple d’un rôle offensif à un profil de soigneuse ou de mage. Les transformations ne modifient pas uniquement quelques compétences : animations, statistiques et rôle au sein de l’équipe changent réellement. Un système particulièrement souple qui donne envie d’expérimenter.
Quand Final Fantasy veut absolument nous faire jouer à autre chose
Les deux jeux ont pourtant une drôle de manie : interrompre leurs excellents combats avec des activités beaucoup moins convaincantes.
Dans Final Fantasy X, le Blitzball en est le meilleur exemple. Le concept possède de vraies qualités et finit même par devenir assez prenant une fois ses règles maîtrisées. Le problème vient surtout de sa première apparition, noyée sous les explications avant de nous envoyer disputer un match alors que l’on vient à peine de comprendre comment faire une passe.
La partie post-game souffre également d’un énorme bond de difficulté. Les joueurs qui souhaitent affronter les adversaires optionnels devront sérieusement optimiser leurs personnages, au point qu’un guide devient presque indispensable pour comprendre certaines mécaniques.
X-2 pousse encore plus loin la folie des mini-jeux. Entre Blitzball, fouilles, tir sur cibles et diverses activités annexes, la progression peut parfois donner l’impression que le jeu fait tout son possible pour nous éloigner de son excellent système de combat. Certaines distractions fonctionnent mieux que d’autres, mais l’ensemble manque de régularité.
Une compilation pourtant généreuse
Il serait cependant injuste de réduire cette édition à ses deux campagnes principales. Final Fantasy X-2 HD Remaster repose sur la version internationale du jeu, qui ajoute plusieurs contenus absents de l’édition PS2 originale sortie en Occident.
Le plus important est Last Mission, une aventure située après les événements de X-2. Le système ATB disparaît au profit d’un dungeon crawler au tour par tour où Yuna explore une immense tour étage après étage. Les Dresspheres sont adaptées à une structure proche du roguelike, avec gestion de l’équipement, des capacités et du positionnement.
Le package contient également Eternal Calm, un court épilogue servant de transition entre Final Fantasy X et X-2, ainsi qu’un drama audio consacré à une possible continuation de l’histoire. Autrement dit, en matière de contenu pur, difficile de reprocher à cette compilation d’être vide.
L’absence de transfert de sauvegarde fait très mal
Le vrai problème de cette édition Switch 2 se trouve finalement en dehors des jeux eux-mêmes. Les propriétaires de Final Fantasy X/X-2 HD Remaster sur Nintendo Switch ne bénéficient d’aucune mise à niveau dédiée et doivent acheter cette nouvelle version séparément. Plus gênant encore, les sauvegardes de la première Switch ne peuvent pas être transférées.
Sur un RPG de quelques heures, nous aurions pu faire avec. Ici, c’est une autre histoire. Final Fantasy X et X-2 demandent des dizaines d’heures pour être terminés correctement, sans même parler des boss optionnels, du contenu post-game et des mini-jeux. X-2 possède en plus un système de complétion particulièrement strict : une interaction oubliée ou un dialogue manqué peut suffire à faire disparaître le fameux 100 %.
Un nouveau joueur possède donc ici deux JRPG très complets, parfaitement jouables en portable et enrichis de quelques fonctions agréables sur Switch 2. Pour quelqu’un qui possède déjà l’édition Switch, la situation est beaucoup moins intéressante. Le mode Turbo et les quelques commandes tactiles sont appréciables, mais ils pèsent difficilement face à l’obligation de racheter les jeux et, surtout, de repartir de zéro.
Points positifs
- Les deux RPG restent très solides aujourd’hui
- Un système de combat toujours aussi efficace dans Final Fantasy X
- La grande souplesse des Dresspheres dans Final Fantasy X-2
- Un contenu généreux avec Last Mission et Eternal Calm
- Des performances stables en portable comme sur dock
- Le mode Turbo très pratique pour accélérer certaines séquences
- Quelques fonctions tactiles bien pensées sur Switch 2
Points négatifs
- L’absence totale de transfert des sauvegardes Switch
- Aucune mise à niveau prévue pour les possesseurs de la première version
- Des cinématiques impossibles à passer ou à accélérer
- Une modernisation trop sage pour une nouvelle édition
- Certains modèles remasterisés moins convaincants que sur PS2 !


