Presque deux ans après la sortie de Dragon Ball: Sparking! Zero, Bandai Namco revient avec Super Limit-Breaking NEO, une extension vendue à 34,99 € qui ne manque pas d’arguments sur le papier. Le DLC ajoute 33 personnages, 4 arènes, de nouvelles tenues, plusieurs attaques inédites, des combats d’épisodes supplémentaires et un mode solo baptisé Limit Breaker Journey. Dit comme ça, le menu paraît copieux. Mais à ce prix-là, encore faut-il que l’ensemble ressemble à autre chose qu’à un gros pack de combattants.
Beaucoup de contenu, mais une addition qui reste salée
Commençons par ce qui saute immédiatement aux yeux : 33 nouveaux personnages, ce n’est pas rien. NEO fait encore gonfler un roster déjà immense, tout en ajoutant le Palais de Dieu, Kame House, la Toundra amère et la Stratosphère parmi les nouvelles arènes. Cette dernière permet même de combattre au-dessus de la Terre ou de la planète Vegeta, histoire de varier un peu les décors au moment d’envoyer son adversaire à plusieurs kilomètres dans les airs.
Le DLC comprend aussi plusieurs nouveaux épisodes de combat, des costumes, des capacités supplémentaires et un mode inédit. L’éditeur ne s’est donc pas contenté de déposer une trentaine de personnages dans le menu de sélection avant de refermer la boîte. Il y a une vraie volonté d’étoffer l’expérience, aussi bien pour ceux qui jouent en solo que pour les amateurs de combats personnalisés ou de parties en ligne.

Malgré tout, le prix demandé ici reste assez élevé. Cela représente une somme importante pour une extension, surtout lorsque l’on possède déjà une édition Deluxe ou Ultimate du jeu. Ces versions comprenaient le premier Season Pass, mais pas NEO. Même les joueurs qui avaient déjà sorti la grosse artillerie au lancement doivent donc repasser à la caisse.
La quantité de contenu aide à faire passer la pilule, sans totalement la faire disparaître. Plusieurs combattants figuraient déjà dans Budokai Tenkaichi 3 et une partie de la communauté estimera, à raison, qu’ils auraient pu être présents dès le départ. Les débloquer en jouant aurait également été plus gratifiant que de les récupérer après un achat. Cela dit, cette extension majeure a au moins le mérite d’aller plus loin qu’un simple pack cosmétique vendu au prix fort. Et plus on avance dans son contenu, plus son tarif devient facile à défendre.
Un roster qui mélange retours attendus et vraies nouveautés
L’extension pioche dans plusieurs périodes de Dragon Ball, avec une préférence assez visible pour Dragon Ball GT et la série originale. Ce choix permet de faire revenir certains visages connus tout en donnant enfin une place à des personnages que la licence avait jusque-là laissés sur le côté.
Vegeta GT fait partie des ajouts les plus intéressants. Il peut se transformer en Super Saiyan pendant les combats, ce qui lui donne une vraie identité et évite d’en faire une simple variation supplémentaire de Vegeta. Trunks GT l’accompagne, tandis que les jeunes versions de Goku et Piccolo inspirées de la fin de Dragon Ball apportent un peu de fraîcheur à un casting largement dominé par les périodes Z et Super.
Le DLC accueille également Chi-Chi adulte, une nouvelle version de Tenshinhan et Bardock Super Saiyan. Tous ces personnages n’auront évidemment pas le même poids pour tout le monde, mais le roster ne donne pas l’impression d’avoir été rempli au hasard. Les fans de GT y trouveront davantage leur compte que les autres, tandis que les amateurs de Dragon Ball classique profiteront enfin de combattants rarement mis en avant dans les jeux récents.
Le travail réalisé sur leurs animations joue beaucoup dans leur réussite. Les attaques finales reprennent des mouvements connus de l’anime, les poses sont reconnaissables au premier coup d’œil et les nouveaux venus ne donnent pas l’impression d’être de simples copies recouvertes d’un autre costume. Après quelques parties classées, plusieurs d’entre eux trouvent rapidement leur place dans les affrontements en ligne.
Des costumes qui changent réellement quelque chose
Les nouvelles tenues auraient pu se limiter à quelques changements de couleurs ou à des vêtements légèrement différents. Heureusement, certaines vont plus loin et débloquent des techniques spécifiques.
Goku peut notamment lancer une attaque inspirée de son combat contre Broly, tandis qu’une autre capacité reprend son assaut final avec Freezer face à Jiren dans Dragon Ball Super. Le « faux Super Saiyan » est également de la partie, mais uniquement sous la forme d’une attaque ultime. Il ne s’agit donc pas d’une transformation jouable à part entière, ce qui risque de décevoir ceux qui attendaient cette version depuis longtemps.

Le DLC récupère aussi plusieurs costumes réclamés par la communauté, comme le dogi bleu de Goku, la tenue blanche d’arts martiaux de Gohan ou le déguisement de Piccolo dans Dragon Ball Super: Super Hero. Pris séparément, ces ajouts peuvent sembler anecdotiques. Ils deviennent pourtant bien plus intéressants dès que l’on commence à créer ses propres affrontements.

C’est là que NEO montre une autre facette de son contenu. Les joueurs qui passent du temps dans l’éditeur disposent désormais de davantage d’outils pour reproduire des scènes de l’anime, revisiter certains films ou inventer des combats totalement improbables. Dans Sparking! Zero, un bon costume accompagné de la bonne attaque peut parfois apporter plus qu’un personnage essayé deux fois avant d’être abandonné au fond du roster.
Limit Breaker Journey donne une vraie raison de revenir
La meilleure surprise du DLC ne vient pourtant ni des personnages ni des costumes. Elle s’appelle Limit Breaker Journey.
Ce mode solo reprend plusieurs idées du roguelite. Le joueur choisit un combattant, enchaîne les affrontements et améliore progressivement ses capacités au fil du parcours. Chaque partie permet d’orienter son personnage vers un style particulier, de renforcer certaines statistiques et d’ajuster ses aptitudes selon sa manière de jouer.

Sur le papier, le principe reste simple. En pratique, il fonctionne très bien avec le système de combat de Sparking Zero. Les premiers duels servent à prendre ses marques, puis les adversaires deviennent plus coriaces à mesure que le personnage gagne en puissance. On progresse, on teste de nouvelles améliorations, on adapte sa stratégie et, surtout, on a envie de tout recommencer avec quelqu’un d’autre.
Le choix du combattant ne modifie pas uniquement les attaques qu’il est possible de déclencher en combat. Les adversaires, les dialogues et certains événements changent aussi selon le personnage sélectionné. Après 5 ou 6 parcours, le mode conserve encore une part de surprise, ce qui n’était pas gagné avec une structure reposant principalement sur une succession de combats.
Cette variété fait toute la différence. Limit Breaker Journey NEO donne enfin un nouvel espace où exploiter l’immense roster du jeu sans relancer constamment les mêmes affrontements classiques. Il transforme aussi des personnages que l’on aurait peut-être ignorés en véritables options de jeu, simplement parce que leur parcours ou leur manière de progresser peut réserver quelque chose de différent.
Des rencontres qui cachent quelques pièges
Le mode réserve aussi plusieurs événements conditionnels qui modifient certains affrontements. Ce sont de petits détails, mais ils donnent beaucoup plus de personnalité aux parcours.
En jouant avec Vegeta GT, il est par exemple possible de tomber sur Baby Vegeta parmi les derniers adversaires. Les deux personnages disposent alors d’un dialogue spécifique, parfaitement logique au regard de leur histoire. Le genre de scène qui pousse forcément à tester d’autres héros pour voir ce que les développeurs ont glissé dans leurs parcours.
Krilin réserve lui aussi une mauvaise surprise. Selon la manière dont il est vaincu, Goku peut intervenir comme second adversaire, avant de se transformer durant le combat. Le duel contre Videl suit la même idée : si elle est battue avec une attaque énergétique, Gohan adulte vient prendre sa défense et passe en Super Saiyan. Sans ce déclenchement, le combat s’arrête plus tôt et devient naturellement plus simple.

Ces variations empêchent les parties de se résumer à une simple montée de statistiques. La façon de gagner peut avoir des conséquences, une attaque mal choisie peut faire apparaître un adversaire plus dangereux et certaines scènes ne se dévoilent qu’en expérimentant. Rien de révolutionnaire, mais suffisamment de petites surprises pour donner envie de relancer une partie avec un autre combattant.
Le DLC NEO vaut-il ses 34,99 € ?
Tout dépend surtout de la manière dont vous jouez à Sparking Zero. Ceux qui ne veulent essayer que deux ou trois personnages auront du mal à justifier une dépense de 34,99 €. Une partie du casting aurait pu être présente dans le jeu de base, et le fait que l’extension ne soit pas comprise dans les anciennes éditions coûteuses reste difficile à ignorer.
En revanche, les joueurs qui passent encore beaucoup de temps sur le jeu trouveront de quoi s’occuper. Les combats personnalisés profitent des nouvelles techniques et des costumes, les fans de GT et de Dragon Ball classique récupèrent plusieurs personnages rarement jouables, tandis que Limit Breaker Journey apporte une vraie nouveauté solo.
Sans ce mode, NEO ressemblerait surtout à un très gros pack de personnages vendu un peu trop cher. Avec lui, l’extension prend une autre dimension. Ses parcours variables, ses améliorations et ses événements cachés donnent enfin une bonne raison de ressortir des combattants oubliés et de replonger dans l’arène.







