La sortie de Marvel’s Wolverine sur PS5 donne une bonne excuse pour découvrir Logan autrement qu’à travers les films et les jeux vidéo. Le personnage traîne derrière lui plus de cinquante ans d’histoires, mais inutile de remonter toute sa bibliographie pour comprendre ce qui fait de Wolverine un héros aussi particulier. Ses origines, Weapon X, son rapport au Japon, sa violence ou encore sa difficulté à échapper à son passé ont été explorés dans plusieurs comics devenus incontournables.
Plutôt que d’établir un classement, nous avons retenu 5 comics Wolverine particulièrement intéressants à lire avant de jouer à Marvel’s Wolverine sur PS5. Certains racontent directement les épisodes qui ont façonné Logan, tandis que d’autres permettent surtout de comprendre son caractère et les contradictions qui l’accompagnent. Ensemble, ils donnent une assez bonne idée de l’homme derrière les griffes en adamantium.
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5 comics Wolverine à lire avant Marvel’s Wolverine sur PS5
Wolverine : L’Arme X

Difficile de commencer ailleurs. Weapon X, écrit et dessiné par Barry Windsor-Smith, raconte l’un des épisodes les plus importants de toute l’histoire de Wolverine : sa transformation en arme vivante.
Logan tombe entre les mains du programme Weapon X, qui l’utilise comme cobaye et soumet son corps à une série d’expériences particulièrement brutales. C’est notamment durant cette période que son squelette reçoit son célèbre revêtement en adamantium. Mais le traumatisme va bien au-delà de cette transformation physique. Ses ravisseurs manipulent également son esprit et ses souvenirs, au point que Logan lui-même ne sait plus toujours distinguer son véritable passé de ce qu’on lui a implanté.
Barry Windsor-Smith raconte cette histoire presque comme un huis clos horrifique. Logan passe une grande partie du récit enfermé, observé et traité comme un sujet d’expérience plutôt que comme un être humain. Cette approche fonctionne encore très bien aujourd’hui, car elle explique une grande partie de la colère que Wolverine transporte avec lui.
C’est aussi ce qui rend L’Arme X particulièrement pertinent avant Marvel’s Wolverine. Le passé de Logan et les organisations qui l’ont utilisé occupent une place majeure dans son histoire. Connaître Weapon X permet donc de comprendre pourquoi il se méfie autant de ceux qui veulent le contrôler et pourquoi certaines blessures restent ouvertes malgré son facteur guérisseur.
S’il fallait vraiment commencer par un seul comic de cette sélection, ce serait probablement celui-ci.
Wolverine, par Chris Claremont et Frank Miller

Wolverine ne se résume pourtant pas à Weapon X. L’une de ses histoires les plus importantes se déroule très loin des laboratoires militaires, au Japon, dans la mini-série écrite par Chris Claremont et dessinée par Frank Miller en 1982.
Logan y retrouve Mariko Yashida, une femme dont il est profondément amoureux, mais la situation se complique rapidement lorsque les affaires de sa puissante famille entrent en jeu. Wolverine doit alors composer avec la pègre japonaise, les questions d’honneur et sa propre incapacité à contrôler totalement la violence qui l’habite.
Cette histoire a énormément contribué à définir le Wolverine moderne. Claremont ne traite plus simplement Logan comme le membre impulsif des X-Men capable de sortir ses griffes au moindre problème. Il lui donne une morale, des sentiments et surtout une contradiction qui deviendra centrale dans presque toutes ses grandes histoires : Wolverine se considère parfois lui-même comme un animal, alors qu’il passe son temps à essayer de prouver qu’il peut agir comme un homme.
Frank Miller apporte de son côté une dimension très physique aux affrontements. Logan encaisse, tombe, se relève et avance encore. Son facteur guérisseur lui permet de survivre à des situations impossibles, mais le comic ne transforme jamais cette capacité en simple pouvoir spectaculaire.
Lire cette mini-série avant Marvel’s Wolverine prend aussi tout son sens puisque le Japon occupe depuis longtemps une place particulière dans la vie de Logan. C’est là que plusieurs de ses histoires les plus personnelles se déroulent et que son obsession pour la discipline et la maîtrise de soi prend réellement forme.
Wolverine : Origin

Après Weapon X, une question restait longtemps sans véritable réponse : qui était Wolverine avant de devenir Logan ?
Origin, publié au début des années 2000, remonte beaucoup plus loin dans le passé du personnage. Paul Jenkins et Andy Kubert nous ramènent au Canada, à une époque où Wolverine s’appelle encore James Howlett et n’a rien du combattant presque indestructible que l’on connaît.
Le contraste surprend d’ailleurs lorsqu’on découvre le jeune James. Fragile et issu d’un milieu privilégié, il semble initialement très éloigné du Logan sauvage qui rejoindra les X-Men des décennies plus tard. Une série de drames familiaux va cependant bouleverser sa vie et provoquer l’apparition de ses pouvoirs.
Origin n’a donc pas besoin de Weapon X, des Sentinelles ou d’une guerre entre mutants pour raconter Wolverine. Le comic s’intéresse d’abord à l’homme et à la succession de traumatismes qui construisent progressivement sa personnalité.
C’est précisément ce qui en fait une lecture intéressante avant le jeu d’Insomniac. Wolverine vit constamment avec plusieurs identités : James Howlett, Logan, l’arme conçue par Weapon X et le mutant qui tente ensuite de reprendre le contrôle de sa vie. Origin permet de remonter au point de départ et de remettre toutes ces versions du personnage en perspective.
Il complète particulièrement bien L’Arme X. Le premier raconte l’homme avant que d’autres décident de le transformer en arme ; le second montre ce qui arrive lorsqu’on lui retire presque totalement le contrôle de sa propre existence.
Wolverine : Enemy of the State

Après trois histoires très centrées sur la psychologie et le passé de Logan, Enemy of the State rappelle une évidence : Wolverine reste également l’un des combattants les plus dangereux de l’univers Marvel.
Mark Millar et John Romita Jr. prennent cette idée au pied de la lettre. Logan tombe aux mains de ses ennemis, qui parviennent à retourner ses capacités contre les autres héros Marvel. X-Men, Avengers et Fantastic Four doivent alors affronter quelqu’un qui connaît parfaitement leur manière de combattre et possède les capacités physiques pour leur poser de sérieux problèmes.
Le récit privilégie clairement l’action. Wolverine traverse les affrontements avec une violence que certaines de ses histoires plus classiques laissent davantage hors champ. Son facteur guérisseur joue également un rôle central : Logan peut prendre des risques qu’aucun autre combattant ne pourrait raisonnablement accepter.
C’est probablement le comic de cette sélection qui se rapproche le plus de la violence attendue dans Marvel’s Wolverine sur PS5. Insomniac veut proposer des combats beaucoup plus brutaux que dans Marvel’s Spider-Man, ce qui correspond naturellement au personnage. Wolverine ne se déplace pas comme Spider-Man et ne cherche pas à neutraliser proprement ses adversaires. Il encaisse les coups, réduit les distances et utilise ses griffes pour terminer le combat.
Enemy of the State montre très bien ce que cette différence implique lorsque Wolverine arrête de se retenir. Il constitue aussi une lecture plus immédiatement spectaculaire pour ceux qui découvrent les comics Marvel et veulent surtout retrouver la puissance physique du personnage.
Old Man Logan

À l’opposé, Old Man Logan pose une question autrement plus intéressante : que reste-t-il de Wolverine lorsqu’il décide de ne plus sortir ses griffes ?
Mark Millar et Steve McNiven imaginent un futur dans lequel les super-vilains ont remporté la guerre contre les héros et se partagent désormais les États-Unis. Logan a survécu, mais il refuse depuis des années de redevenir Wolverine. Il mène une existence discrète avec sa famille et accepte les humiliations plutôt que de replonger dans la violence.
Évidemment, cette résolution finit par être mise à rude épreuve.
Le voyage qu’il entreprend avec Hawkeye permet progressivement de comprendre ce qui l’a poussé à abandonner Wolverine. Millar construit alors tout le récit autour de cette attente : on sait parfaitement ce dont Logan est capable et on attend le moment où quelque chose finira par briser la barrière qu’il s’est imposée.
C’est ce qui donne au comic une tension particulière. Wolverine pourrait résoudre beaucoup de situations par la violence, mais Logan refuse précisément de redevenir cet homme.
Old Man Logan reste évidemment très éloigné chronologiquement du Wolverine incarné dans le jeu PS5. Pourtant, peu d’histoires illustrent aussi clairement son rapport compliqué à sa propre nature. Logan veut régulièrement laisser Wolverine derrière lui, mais son passé, ses proches ou les événements finissent toujours par le forcer à reprendre ses griffes.
Et c’est finalement le fil qui relie ces cinq lectures. Origin montre d’où vient James Howlett. Weapon X raconte comment d’autres ont tenté de transformer Logan en outil. Le récit de Claremont et Miller explore l’homme qui cherche à maîtriser l’animal, Enemy of the State montre ce qui arrive lorsqu’on libère toute sa violence et Old Man Logan imagine ce qu’il devient lorsqu’il décide au contraire de l’étouffer complètement.
Pas besoin de connaître toute l’histoire des X-Men pour les apprécier. Ces cinq comics couvrent déjà l’essentiel de ce qui rend Wolverine intéressant : un homme presque impossible à tuer, mais qui porte surtout des blessures qu’aucun facteur guérisseur ne peut effacer.


