Devil May Cry 5 Devil Hunter Edition
Plateforme de test : Nintendo Switch OLED
Date de sortie : 22 avril 2025
Développeur : Capcom
Éditeur : Capcom
Style : RPG
Disponible sur :
Devil May Cry 5 débarque sur Nintendo Switch 2 avec une idée simple : mettre tout le contenu important dans la même cartouche et laisser Dante, Nero, V et Vergil faire le reste. Avec cette Devil Hunter Edition, Capcom reprend donc les ajouts des précédentes versions, dont le contenu lié à Vergil, déjà proposé sur PS5 et Xbox Series.
Sur le papier, l’offre est solide. Mais un Devil May Cry ne se juge pas sur une fiche produit. Ce qui compte, c’est la vitesse, la précision des coups, la lisibilité quand l’écran part en feu d’artifice démoniaque et cette impression de toujours garder le contrôle, même quand tout explose autour de soi. En gros, la vraie question est ailleurs : est-ce que Devil May Cry 5 garde son tranchant sur Switch 2 ?
Un portage qui mise d’abord sur la fluidité
D’abord, cette version Switch 2 a le mérite de ne pas jouer au puzzle avec son contenu. Devil May Cry 5: Devil Hunter Edition rassemble les éléments des précédentes éditions et intègre directement Vergil, ce qui évite de devoir comparer trois versions avant de lancer la chasse aux démons. Pour un joueur qui découvre le jeu aujourd’hui, c’est propre : il installe, il lance, il récupère une version déjà bien remplie.

Dans les faits, Capcom ne fait même pas semblant d’y aller doucement. Dès les premières minutes, les déblocages s’enchaînent à l’écran comme si le jeu vidait ses poches avant d’entrer en scène. Ce n’est pas très subtil, presque drôle même, mais le message passe sans détour : cette édition arrive avec un contenu déjà chargé, pensé autant pour ceux qui relancent le soft en mode portable que pour ceux qui avaient laissé le jeu dormir dans un coin depuis sa sortie.
Quatre personnages pour éviter le pilotage automatique
Ensuite, cette générosité fonctionne parce que Devil May Cry 5 ne repose pas sur un seul style de combat répété jusqu’à l’usure. Nero, V, Dante et Vergil ont chacun leur manière de casser du démon. Nero joue avec ses bras mécaniques jetables, V reste plus en retrait et commande ses créatures, Dante garde son côté boîte à outils ambulante, tandis que Vergil impose une approche plus tranchante et méthodique.

C’est là que le portage devait faire attention. Dans un beat’em all aussi nerveux, la variété ne sert à rien si la console tousse dès que les effets visuels s’empilent. Ici, la Switch 2 devait donc tenir une promesse assez simple : ne pas transformer DmC 5 en bouillie lumineuse dès que Nero accroche un ennemi au grappin pendant qu’une explosion repeint l’écran en rouge.
Sur ce point, le résultat rassure assez vite. Devil May Cry 5 vise les 60 images par seconde sur Nintendo Switch 2, et le jeu garde une fluidité solide dans la majorité des situations. Manette en main, les combats répondent bien, les esquives sortent au bon moment et les enchaînements ne donnent pas l’impression de se battre contre la machine. Pour un jeu d’action aussi rapide, c’est évidemment le minimum attendu, mais c’est surtout le point à ne pas rater.
Les quelques chutes relevées semblent surtout se glisser dans certaines cinématiques, avec de petites baisses très ponctuelles. Rien qui vienne réellement casser le rythme des phases jouables. Et c’est bien là que le portage marque des points : quand les ennemis encerclent le joueur, que les effets partent dans tous les sens et que les attaques s’enchaînent, l’action reste lisible. Dans Devil May Cry, c’est presque plus important qu’un joli panorama.
Une image moins fine que sur les grosses machines, mais jamais illisible
Bien sûr, il ne faut pas venir chercher ici un rendu 4K. La Switch 2 ne joue pas dans cette cour-là, et le jeu ne prétend pas le contraire. En revanche, l’image reste suffisamment propre pour suivre les détails importants, lire les mouvements ennemis et comprendre ce qui se passe dans les combats les plus chargés.
Plus concrètement, la résolution dynamique fait son travail. Quand les explosions, les particules et les ennemis s’accumulent, l’image peut perdre un peu en netteté. Puis elle remonte rapidement une fois la pression retombée. Ce genre de compromis passe plutôt bien, parce qu’il ne touche pas au cœur du jeu : la réactivité, le rythme et la lecture de l’action.

Autre point important, cette version ne donne pas l’impression d’avoir sacrifié ses environnements pour tenir debout. Les décors gardent leur densité, avec de la destruction, des effets physiques, des explosions et plusieurs ennemis à l’écran. On sent que le portage fait des ajustements, oui, mais il ne donne pas cette sensation désagréable d’une version rabotée à la hache.
Visuellement, Devil May Cry 5 garde aussi un avantage : sa direction artistique encaisse bien les années. Les modèles de personnages restent détaillés, les animations conservent leur côté théâtral, et tout ce petit monde continue de se battre comme s’il sortait d’un clip rock gothique filmé dans une cathédrale possédée. C’est excessif, poseur, parfois ridicule… donc parfaitement DmC.
Enfin, détail intéressant : sur un écran compatible 120 Hz, le jeu peut visiblement grimper au-delà des 60 fps. Ce n’est pas présenté comme un mode parfaitement verrouillé, et Capcom ne l’a pas spécialement mis en avant. Reste que pour un jeu basé sur les réflexes et le timing, ce surplus de fluidité peut se ressentir.
Ce n’est pas l’argument principal de cette version Switch 2, mais c’est typiquement le genre de bonus que les joueurs équipés remarqueront vite. Devil May Cry 5 n’a pas besoin de ça pour fonctionner, mais quand l’action gagne encore un peu en souplesse, personne ne va vraiment s’en plaindre.

Une version Switch 2 qui sait pourquoi elle existe
Au final, Devil May Cry 5: Devil Hunter Edition sur Nintendo Switch 2 ne cherche pas à vendre une nouvelle lecture du jeu de Capcom. Elle fait quelque chose de plus simple, mais aussi plus utile : elle permet de jouer à une version complète, fluide et lisible d’un beat’em all qui dépend énormément de son tempo. Et dans un Devil May Cry, c’est exactement le genre de détail qui sépare le bon portage du simple exercice technique.
Reste que cette édition a surtout du sens parce qu’elle ne demande pas au joueur d’accepter un gros compromis pour profiter du format hybride. On peut chipoter sur la résolution, constater quelques petits décrochages en cinématique ou rappeler que le jeu garde les limites visuelles d’un titre sorti il y a plusieurs années. Mais manette en main, l’essentiel répond présent. Les coups partent vite, les personnages gardent leur personnalité, les combats restent lisibles et Vergil vient compléter un contenu déjà bien fourni.
Pour ceux qui découvrent DmC5 avec cette version, la Switch 2 offre donc une porte d’entrée solide, sans donner l’impression d’arriver après la bataille avec une édition au rabais. Pour ceux qui connaissent déjà le jeu, l’intérêt se trouve ailleurs : pouvoir relancer les missions, tester les différents styles de combat et emmener Dante, Nero, V et Vergil ailleurs que devant la télévision. Ce n’est pas une révolution. C’est un portage qui comprend ce qu’il doit préserver. Et pour une série qui vit autant sur le style, la vitesse et le plaisir immédiat, c’est déjà le plus important.
Points positifs
- Une version complète avec Vergil et les contenus des précédentes éditions
- Le 60 fps très stable dans la majorité des situations
- Des combats lisibles, même quand l’écran devient chargé
- La résolution dynamique efficace, avec des baisses brèves
- Un rendu visuel encore propre, porté par la direction artistique de Capcom
- Le format portable pertinent pour refaire ou découvrir le jeu
Points négatifs
- La résolution inférieure au 4K, forcément moins nette que sur les grosses machines
- Des petites chutes de framerate durant certaines cinématiques
- Un jeu déjà connu, sans nouveauté majeure propre à cette édition


