ELDEN RING Tarnished Edition
Plateforme de test : Nintendo Switch 2
Date de sortie : 28 août 2026
Développeur : From Software
Éditeur : Bandai Namco Entertainment
Style : Action-RPG
Disponible sur :
Voir tourner Elden Ring sur Nintendo Switch 2 avait quelque chose d’inquiétant lors de ses premières apparitions. Quelques mois plus tard, le constat est radicalement différent. FromSoftware est parvenu à faire tenir l’immense Entre-terre et son extension Shadow of the Erdtree dans une console portable sans donner l’impression de jouer à une version sacrifiée sur l’autel des performances. Après plusieurs heures passées aussi bien devant notre téléviseur que Switch 2 entre les mains, le résultat tient presque de la sorcellerie.
Disponible ce 28 août prochain, Elden Ring: Tarnished Edition marque la première arrivée de l’un des plus gros succès de FromSoftware sur une console Nintendo. Le jeu original s’est écoulé, aux dernières nouvelles, à 30 millions d’exemplaires dans le monde, tandis que Bandai Namco rappelle qu’il a récolté plus de 400 nominations au titre de Jeu de l’année. Quatre ans après sa sortie, le Sans-éclat reprend donc du service avec une édition comprenant directement le jeu de base, Shadow of the Erdtree et quelques nouveautés.
Elden Ring sur Switch 2 : FromSoftware revient de très loin
Il faut se souvenir de l’état dans lequel Elden Ring s’était montré sur Switch 2 pour mesurer le chemin parcouru. Les premières démonstrations avaient fait naître de sérieuses inquiétudes autour de la fluidité du jeu, particulièrement en mode portable. Les dernières présentations organisées avant sa sortie montraient déjà un titre beaucoup plus stable, et notre version de test confirme que FromSoftware a abattu un énorme travail d’optimisation.

Une fois lâché dans Nécrolimbe, on cherche pourtant rapidement le piège. Au loin, l’Arbre-Monde domine toujours un paysage chargé de ruines, de forêts et de créatures qui n’attendent qu’une chose : transformer notre Sans-éclat en descente de lit. Torrent galope à travers les plaines pendant que le décor s’étend sur des kilomètres sans que la Switch 2 donne l’impression d’être au bord de l’implosion. L’image est propre, détaillée et surtout très lisible, un point loin d’être anodin lorsque l’on joue sur le petit écran de la console.
La fluidité nous a également surpris. Les combats restent réactifs, les esquives répondent correctement et nous n’avons jamais eu l’impression que les performances venaient compliquer artificiellement un affrontement déjà suffisamment difficile comme ça. Les analyses réalisées sur les versions présentées juste avant la sortie évoquent faisaient état, en règle générale, de 30 images par seconde, avec des progrès considérables par rapport aux anciens builds. Manette en main, c’est surtout la stabilité de l’ensemble qui nous a marqués.

Et heureusement. Dans Elden Ring, un quart de seconde peut faire la différence entre une esquive bien placée et un aller simple vers le dernier Site de Grâce. Cette version Switch 2 ne nous a jamais donné le sentiment de devoir réapprendre à jouer pour composer avec les limites de la machine.
Sur TV comme en portable, Elden Ring n’a rien d’un portage au rabais
C’est probablement en retirant la Switch 2 de son dock que la magie fonctionne le mieux. Elden Ring tient réellement dans les mains, avec son gigantesque monde ouvert, ses donjons, ses dragons, ses châteaux perdus dans la brume et tout ce qui faisait déjà de l’Entre-terre un endroit fascinant à parcourir en 2022. Il y a forcément des concessions par rapport aux machines de salon plus puissantes, mais aucune ne nous a sauté au visage au point de casser l’immersion.
Sur téléviseur, la surprise est différente. À plusieurs reprises, nous avons tout simplement oublié que le jeu tournait sur une console Nintendo. Sans aller jusqu’à prétendre que cette édition rivalise pixel pour pixel avec les versions PS5 et Xbox Series X, le rendu est parfois suffisamment proche pour que la différence disparaisse lorsque l’on joue normalement. Les panoramas restent superbes, les effets de lumière font toujours leur petit effet et la direction artistique de FromSoftware conserve toute sa force.
Le passage d’un mode à l’autre fonctionne donc parfaitement. Jouer devant une grande TV, mettre la console en veille, puis reprendre une heure plus tard avec l’Entre-terre dans les mains donne même une nouvelle saveur à l’aventure. On se surprend facilement à nettoyer un petit donjon ou chercher quelques runes en portable avant de reprendre les choses sérieuses sur grand écran.

Il reste toutefois un élément que la technique ne peut pas vraiment corriger : les Joy-Con ne sont évidemment pas notre manière préférée de jouer à Elden Ring. Ils remplissent leur fonction, mais le jeu réclame tellement de précision dans les déplacements, les changements de cible et les esquives qu’une manette Pro offre rapidement un meilleur confort. Face à certains boss capables d’expédier notre barre de vie dans l’au-delà en deux coups, je préfère avoir de vrais sticks sous les pouces.
Elden Ring reste une machine à fabriquer des aventures
Pour ceux qui seraient complètement passés à côté du phénomène, Elden Ring reprend une bonne partie de ce que FromSoftware a appris avec Demon’s Souls, Dark Souls, Bloodborne ou Sekiro, puis fait voler les murs. Au lieu d’avancer à travers une succession de zones relativement dirigées, le joueur découvre un immense monde ouvert interconnecté qu’il peut parcourir presque comme bon lui semble.
Un chevalier vous humilie depuis vingt minutes ? Partez dans l’autre direction. Explorez une autre région, améliorez vos armes, trouvez une invocation, gagnez quelques niveaux et revenez expliquer à votre ancien bourreau que les choses ont changé. Cette liberté rend l’exigence habituelle des jeux FromSoftware beaucoup plus facile à digérer, sans pour autant transformer Elden Ring en promenade de santé.
L’Entre-terre est également un monde qui refuse de distribuer des panneaux explicatifs tous les dix mètres. Les ruines attirent naturellement le regard, une lumière étrange au loin donne envie de faire un détour et certains passages découverts par hasard peuvent déboucher sur des zones entières. Hidetaka Miyazaki et George R.R. Martin, qui a participé à la construction de la mythologie ayant servi de base au jeu, ont imaginé un univers dont l’histoire se découvre autant dans les décors et les descriptions d’objets que dans les dialogues.
Quatre ans après sa sortie originale, cette formule fonctionne toujours aussi bien. Et la possibilité de l’emporter partout lui va finalement comme un gant.
Tarnished Edition : Shadow of the Erdtree tient lui aussi dans la cartouche
FromSoftware n’a pas envoyé Elden Ring seul chez Nintendo. La Tarnished Edition comprend directement Shadow of the Erdtree, énorme extension sortie en 2024 qui ouvre les portes du Royaume des Ombres. Une nouvelle région particulièrement dense qui ajoute ses propres donjons, équipements, armes et surtout une jolie collection de boss capables de rappeler aux joueurs trop confiants qu’ils ne sont jamais vraiment devenus bons à Elden Ring.

Cette édition ajoute également deux nouvelles classes de départ, de nouvelles armures et des options de personnalisation pour Torrent. Ces éléments seront d’ailleurs proposés séparément aux possesseurs des autres versions du jeu. Pour un nouveau venu, l’intérêt est surtout d’avoir accès dès le départ à l’expérience complète dans une seule édition.
Nintendo annonce un téléchargement d’environ 41 Go, ainsi que la compatibilité avec les modes portable, sur table et téléviseur, le HDR sur un écran compatible, les sauvegardes dans le cloud et le jeu en ligne jusqu’à six participants. Le multijoueur conserve donc les invasions, les affrontements et la coopération qui font partie de l’ADN du jeu.
Sur le papier, mettre Elden Ring et sa colossale extension sur Switch 2 ressemblait déjà à un joli défi. Les faire tourner dans de telles conditions en est un autre.
Elden Ring signe le meilleur portage current-gen de la Switch 2
Au moment de ranger la manette, je repense surtout aux premières images de cette version. Elles ne laissaient franchement pas imaginer que nous arriverions à un tel résultat. Elden Ring: Tarnished Edition est superbe en portable, impressionnant une fois affiché sur une télévision et parfaitement agréable à jouer dans les deux configurations.
Bien sûr, jouer avec une manette Pro reste largement préférable à nos yeux dès que l’on dispose d’un téléviseur à proximité. Mais c’est bien le seul élément qui nous ait véritablement fait préférer une configuration à l’autre durant notre test.

Surtout, cette version ne demande pas au joueur de lui pardonner ses défauts sous prétexte qu’elle tourne sur une machine portable. Elle fonctionne, tout simplement. L’Entre-terre est immense, Shadow of the Erdtree voyage avec elle et le résultat n’a pas à rougir lorsqu’on le place à côté des autres versions console.
Voir un jeu aussi ambitieux tourner de cette manière sur Switch 2 reste assez difficile à croire. À nos yeux, FromSoftware signe ici le meilleur portage d’un jeu current-gen réalisé jusqu’à présent sur la console de Nintendo.
Points positifs
- Un portage techniquement impressionnant sur Switch 2
- La très bonne qualité d’image en portable comme en mode docké
- Une fluidité convaincante malgré l’ampleur du monde ouvert
- Le contenu très généreux avec Shadow of the Erdtree inclus
- Une expérience fidèle aux versions PS5 et Xbox Series X
- La possibilité d’emporter tout Elden Ring partout
Points négatifs
- Les Joy-Con moins adaptés à la précision exigée par les combats
- Quelques concessions visuelles inévitables face aux consoles plus puissantes
- Des petites chutes de framerate par moment


