Sony continue d’étoffer sa gamme Cinema Line avec la FX5, une caméra plein format qui tente de rapprocher les outils du cinéma professionnel d’un boîtier compact. Malgré un format voisin de celui de la FX3, ce nouveau modèle change presque tout à l’intérieur : capteur empilé de 16,6 mégapixels, enregistrement Open Gate 5K, RAW X-OCN 16 bits en interne et trois sensibilités ISO natives. Le tout tient dans un boîtier de 734 grammes, vendu à partir de 5 399€.
Sony FX5 : l’Open Gate 5K et le RAW X-OCN changent de format
Au premier regard, la FX5 semble rester dans la continuité de la FX3. Les dimensions sont proches, la forme générale ne bouleverse rien et le boîtier conserve cette conception pensée pour être utilisé à main levée, sur un stabilisateur ou dans des espaces réduits. Pourtant, Sony ne s’est pas contenté de glisser quelques nouveautés dans une coque familière.
La principale différence se trouve derrière la monture E. La caméra inaugure un capteur CMOS Exmor RS plein format empilé de 16,6 mégapixels, accompagné du processeur BIONZ XR2. Ce choix doit améliorer la vitesse de lecture du capteur et réduire les effets de rolling shutter, ces déformations que l’on remarque parfois lors d’un mouvement rapide de caméra ou lorsqu’un sujet traverse brusquement le cadre.

Sony a volontairement limité la définition afin de conserver de grands photosites. Sur le papier, cette architecture doit aider la FX5 à mieux travailler dans les environnements sombres, sans faire exploser le bruit numérique. Le constructeur annonce plus de 15 stops de dynamique en S-Log3, même si cette valeur devra encore être vérifiée en conditions réelles.
La caméra introduit aussi trois sensibilités natives : 800, 4 000 et 12 800 ISO. C’est une première chez Sony. En pratique, cela doit permettre de mieux adapter le rendu de l’image à la luminosité disponible sans dégrader aussi rapidement les détails. Un mode Dual Gain vient compléter le dispositif afin d’élargir la dynamique et de mieux préserver les zones sombres, mais il ne sera pas accessible avec tous les réglages.
Cette nouvelle base technique ouvre surtout la porte à l’une des fonctions les plus attendues sur une caméra Sony compacte : l’Open Gate. La FX5 peut utiliser toute la surface de son capteur au format 3:2 et enregistrer en 5K jusqu’à 60 images par seconde. Elle filme également en 4K jusqu’à 120 images par seconde, sans recadrage annoncé, et en Full HD jusqu’à 240 images par seconde.

L’intérêt de l’Open Gate est assez simple à comprendre. Au lieu d’enregistrer directement une image horizontale classique, la caméra conserve davantage d’informations en hauteur. Une même séquence peut ensuite être adaptée plus facilement à YouTube, à un format cinéma ou à une vidéo verticale pour les réseaux sociaux. Pour les équipes qui produisent plusieurs versions d’un même contenu, cela évite de recommencer certains plans.
Sony accompagne cette nouveauté d’un autre changement important : la FX5 enregistre directement en RAW X-OCN 16 bits, sans devoir utiliser d’enregistreur externe. Jusqu’à présent, ce format était réservé aux modèles Venice et Burano, bien plus imposants et plus coûteux.
Trois niveaux de compression sont proposés : X-OCN LT, X-OCN C1 et X-OCN C2. Les deux derniers cherchent à réduire le volume des fichiers tout en conservant une grande marge de manœuvre pour l’étalonnage, la correction des couleurs et la post-production. Cette souplesse aura toutefois un prix en matière de stockage, d’autant que Sony ne prévoit pas d’enregistrement direct sur SSD externe.
Au lancement, l’Open Gate sera d’ailleurs limité au X-OCN. Les utilisateurs qui préfèrent travailler avec des codecs plus classiques devront patienter. Sony prévoit d’ajouter l’enregistrement Open Gate 5K en XAVC S-I dans une mise à jour annoncée pour août 2027 ou plus tard.
La FX5 prend également en charge les objectifs anamorphiques avec plusieurs ratios de desqueeze, de 1,3x à 2,0x. Ce réglage permet d’afficher correctement l’image compressée directement sur l’écran de la caméra. En revanche, l’autofocus et la stabilisation ne fonctionnent pas lorsque cette correction est appliquée en interne.
L’autofocus profite du processeur BIONZ XR2 et d’une unité dédiée au traitement par intelligence artificielle. La caméra peut reconnaître et suivre les humains, les animaux et les oiseaux, en s’appuyant sur les yeux, la tête ou le corps. Les véhicules et les insectes ne sont en revanche pas mentionnés, alors que d’autres appareils récents de Sony savent déjà les détecter.
La stabilisation mécanique sur cinq axes reste de la partie. Sony annonce des performances doublées par rapport aux précédentes caméras FX. Un mode Dynamic Active renforce encore la stabilisation, mais il impose un recadrage de l’image.
La caméra conserve malgré tout une vraie vocation de terrain. Elle mesure 132,2 mm de large, 79 mm de haut et 87 mm de profondeur, pour un poids de 734 grammes. Son nouvel écran tactile de 3,5 pouces affiche 2,76 millions de points et peut être orienté sur quatre axes, ce qui facilite les prises de vue au ras du sol, en hauteur ou face à la caméra.

Sony a aussi revu l’interface. La FX5 reprend l’affichage BIG6 des caméras CineAlta, avec une page qui rassemble notamment la cadence d’enregistrement, l’exposition et les LUT. Le système de menus se rapproche quant à lui de celui de la FX6. Les vidéastes retrouvent également les principaux outils de contrôle attendus sur ce type de matériel : Waveform, Vector Scope, fausses couleurs, histogramme, zebra, Focus Map et focus peaking.
Un viseur OLED amovible, le DVF-EL1, sera proposé séparément. Il affiche 7,08 millions de points, prend en charge le HDR sur 10 bits et peut s’incliner jusqu’à 90 degrés. Son intégration pose toutefois un problème assez étonnant : il utilise la même zone que les accessoires fixés sur la griffe principale.
Il sera donc impossible d’utiliser simultanément le viseur et la poignée XLR-H2, alors que cette dernière fait partie du kit vendu par Sony. Cette poignée permet pourtant d’enregistrer du son en 32 bits flottants sur quatre canaux, une fonction particulièrement utile lors des tournages où les niveaux sonores changent brutalement.
Le reste de la connectique confirme le positionnement professionnel de la FX5. La caméra dispose de deux ports USB-C, d’une sortie HDMI, d’un port réseau RJ45, d’une entrée timecode via un adaptateur optionnel ainsi que de prises microphone et casque placées directement en façade. Un ventilateur assure le refroidissement, tandis que plusieurs pas de vis permettent d’ajouter des accessoires sans devoir systématiquement installer une cage.
La FX5 utilise une nouvelle batterie NP-SA100 de 2 670 mAh. Sony promet une meilleure autonomie, mais ce choix met fin à la compatibilité avec les anciennes batteries NP-FZ100. Pour le stockage, la caméra embarque deux emplacements hybrides compatibles avec les cartes CFexpress Type A et SD UHS-II.
Sony assume par ailleurs un positionnement entièrement tourné vers la vidéo. Aucun véritable mode photo n’est prévu. Une fonction de capture d’image doit arriver avec la mise à jour de 2027, sans que l’on sache encore s’il s’agira d’un mode photo complet ou d’une simple extraction d’images à partir d’une séquence vidéo.
Cette mise à jour 2.0 doit également ajouter l’Open Gate 5K jusqu’à 120 images par seconde en X-OCN, la 4K jusqu’à 240 images par seconde en RAW, l’Open Gate 5K 60p en XAVC S-I et une interface adaptée aux tournages verticaux. Sony précise néanmoins que le contenu de cette mise à jour peut encore évoluer.
La Sony FX5 sera commercialisée en août 2026 au prix de 5 399€ pour le boîtier nu. Le kit avec la poignée XLR-H2 coûtera 5 999€. Le viseur DVF-EL1 sera vendu 750€, tandis que la poignée seule sera affichée à 899€. Pour réunir la caméra, le viseur et la poignée, il faudra donc prévoir au minimum 6 750€ en partant du kit officiel.





