L’année dernière encore, Xbox mettait fièrement en avant les récompenses décrochées par South of Midnight. Quelques mois plus tard, le studio derrière le jeu pourrait pourtant disparaître. Selon plusieurs médias américains dont Kotaku, Compulsion Games ferait partie des équipes menacées par la nouvelle restructuration interne menée chez Microsoft Gaming.
Pour beaucoup de joueurs, le nom de Compulsion évoque surtout We Happy Few, son univers psychédélique et son esthétique dérangeante. Pourtant, ces dernières années, le studio montréalais avait surtout pris une autre direction : celle des productions narratives plus compactes, plus artistiques et clairement différentes des grosses machines calibrées pour le très grand public.
South of Midnight et We Happy Few pris dans la tempête Xbox
Fondé en 2009 par Guillaume Provost, ancien d’Arkane Studios, le studio avait été racheté par Microsoft en 2018 au moment où Xbox multipliait les acquisitions pour renforcer son catalogue first-party. À l’époque, l’objectif semblait clair : diversifier les expériences proposées sur Game Pass avec des jeux capables d’apporter une identité différente à l’écosystème Xbox.
Dans les faits, Compulsion n’a jamais joué dans la même catégorie que les énormes productions maison comme Halo, Forza ou Gears of War. Le studio avançait plutôt sur un terrain plus particulier, souvent centré sur l’ambiance, la narration et la direction artistique.

Cette approche avait justement pris une autre ampleur avec South of Midnight. Inspiré du folklore du sud des États-Unis, le jeu mélangeait créatures fantastiques, animation en stop motion et exploration narrative dans une version surnaturelle des bayous américains. Le projet avait reçu un accueil plutôt solide lors de sa sortie avec plusieurs distinctions majeures à la clé, notamment aux Game Awards, aux BAFTA Game Awards et aux D.I.C.E. Awards.
Le paradoxe, c’est que South of Midnight représentait précisément ce que Xbox disait vouloir défendre depuis plusieurs années : des créations plus atypiques capables d’élargir le catalogue de la marque. Après le premier million de joueurs atteint, Guillaume Provost expliquait d’ailleurs que son studio n’avait pas vocation à produire “des blockbusters façon Call of Duty”, mais plutôt des expériences différentes destinées à enrichir l’offre Xbox.
Depuis quelques jours, le discours interne semble pourtant avoir changé de ton. Lors d’une intervention relayée par Bloomberg Tech, la dirigeante Xbox Asha Sharma évoquait la nécessité de “réinitialiser” l’activité gaming, estimant que la division n’était “pas dans une situation saine”. Plusieurs médias américains parlent désormais d’une nouvelle vague de licenciements potentiellement massive chez Microsoft Gaming.
Le plus étonnant dans cette affaire reste probablement le timing. Il y a encore quelques semaines, Compulsion recrutait activement pour travailler sur une nouvelle licence originale. Plusieurs employés du studio ont depuis commencé à signaler publiquement être à la recherche d’un emploi, alimentant encore davantage les inquiétudes autour de l’équipe canadienne.
Rien n’est officiellement confirmé pour le moment. Kotaku affirme néanmoins que les dirigeants du studio seraient actuellement en discussion avec Microsoft pour tenter de trouver une issue concernant l’avenir de Compulsion Games.


