Samsung ajoute une référence inattendue à sa gamme de SSD. Pas de suffixe Pro, Evo ou Evo Plus cette fois : le constructeur coréen lance simplement le Samsung 990, un modèle PCIe 4.0 pensé pour les particuliers à la recherche d’un espace de stockage supplémentaire à un budget raisonnable. À une époque où les fabricants de mémoire parlent surtout d’intelligence artificielle et de centres de données, ce retour vers un produit grand public aurait presque un parfum rétro.
Sur le papier, le Samsung 990 ne cherche pas à battre des records. Il fait l’impasse sur la DRAM, semble utiliser de la mémoire QLC et se contente d’une garantie de trois ans. Pourtant, les premiers tests montrent qu’un SSD moins ambitieux techniquement peut encore offrir de solides performances pour Windows, les applications et les jeux.
Un SSD conçu pour limiter les coûts
Le Samsung 990 sera commercialisé dans des capacités de 1 To et 2 To. Le modèle de 2 To adopte une conception simple face, ce qui facilite son installation dans un ordinateur portable ou une machine compacte. Samsung ne fournit toutefois aucun dissipateur thermique dans la boîte.
La marque n’a communiqué ni la référence exacte du contrôleur ni le type de mémoire utilisé. Elle indique simplement que ces composants sont conçus en interne. Plusieurs éléments laissent néanmoins penser que le SSD repose sur de la mémoire QLC, notamment son endurance de 400 To écrits par téraoctet de capacité et sa garantie limitée à trois ans. La plupart des références plus haut de gamme restent couvertes pendant cinq ans.

Le Samsung 990 ne possède pas non plus de cache DRAM dédié. Il exploite donc le Host Memory Buffer, une technologie qui réserve une petite partie de la mémoire vive de l’ordinateur afin de gérer plus efficacement les données du SSD. Cette solution réduit les coûts de fabrication, sans forcément condamner les performances. Plusieurs modèles récents ont déjà prouvé qu’un SSD QLC sans DRAM pouvait se montrer suffisamment rapide pour un usage classique.
Samsung n’a annoncé aucune version de 4 To. Le constructeur a déjà complété certaines gammes après leur lancement, mais rien ne permet pour le moment de confirmer l’arrivée d’une capacité supérieure.
Des résultats solides dans les tâches quotidiennes
Le Samsung 990 surprend davantage une fois installé dans une machine. Sur le test rapide de PCMark 10, qui simule l’ouverture de documents, la consultation de photos ou encore le chargement de jeux, il se place parmi les SSD PCIe 4.0 les plus rapides du comparatif.

Il rivalise avec plusieurs anciens modèles équipés de mémoire TLC et d’un cache DRAM, y compris certaines références Samsung théoriquement mieux armées. Les SSD PCIe 5.0 les plus performants restent devant, mais ils ne jouent ni dans la même catégorie ni dans la même gamme de prix.
Le scénario complet de PCMark 10 impose une charge plus lourde. Il reproduit l’utilisation d’un disque principal avec des logiciels plus exigeants et des transferts plus fréquents. Là encore, le 990 conserve un bon rythme. La mémoire QLC et l’absence de DRAM ne deviennent donc pas immédiatement pénalisantes lorsque l’utilisation dépasse la simple consultation de fichiers.

Le WD Blue SN5100, qui utilise lui aussi de la mémoire QLC sans DRAM, garde cependant une petite avance. La latence du Samsung 990 ne bat aucun record, mais elle reste suffisamment maîtrisée pour ne pas gêner une utilisation courante.
Les longues écritures finissent par le faire ralentir
Le masque tombe lorsque les tests s’étendent sur plusieurs heures. Durant les charges intensives, le cache SLC absorbe d’abord une partie des écritures afin de maintenir un débit élevé. Le firmware de Samsung fait le reste et retarde la baisse de régime. Une fois ces mécanismes saturés, les limites matérielles reprennent leurs droits.
Les performances chutent alors plus nettement, et le Samsung 990 ne parvient plus à suivre les 990 Pro et 9100 Pro. Le SN5100 résiste également un peu mieux dans cet exercice.
Ce résultat correspond toutefois au public visé. Peu de joueurs ou d’utilisateurs classiques imposeront plusieurs heures d’écritures continues à leur SSD. Le Samsung 990 n’a pas été conçu pour des stations de travail, des serveurs ou le traitement permanent de fichiers lourds. Il vise surtout le stockage de jeux, de photos, de vidéos et de logiciels.
Un SSD adapté au jeu sur PC
Les résultats obtenus dans 3DMark Storage confirment ce positionnement. Ce benchmark reproduit différentes opérations liées au jeu vidéo : lancement d’un titre, installation, déplacement de dossiers, enregistrement d’une partie ou gestion d’une bibliothèque.
Le Samsung 990 reste derrière les références les plus rapides, ainsi que le SN5100, mais il rivalise avec de nombreux SSD grand public et certaines solutions plus coûteuses. Pour agrandir la bibliothèque Steam d’un PC ou accélérer les chargements face à un ancien SSD, il a donc suffisamment de répondant sous la pédale.
Ses débits séquentiels renforcent cette impression. En écriture, le 990 approche la limite pratique d’une connexion PCIe 4.0 et obtient des résultats proches du Samsung 990 Evo Plus. En lecture, il exploite presque toute la bande passante disponible.

Ces performances lui permettent de respecter, sur le papier, les recommandations de débit de la PlayStation 5. La console de Sony ne prend cependant pas en charge le Host Memory Buffer. Le SSD perd donc le système qui compense en partie l’absence de DRAM sur PC. Il devrait fonctionner correctement, mais un modèle doté de son propre cache reste plus adapté à une installation dans la PS5.
Le Samsung 990 chauffe également lorsqu’il est fortement sollicité. Un dissipateur thermique et une circulation d’air correcte sont donc recommandés, surtout dans un boîtier compact ou à proximité d’une carte graphique.
Un intérêt qui dépendra entièrement du prix
Le Samsung 990 remplit sa mission sur le plan des performances. Il se montre rapide dans les usages quotidiens, tient la route dans les jeux et s’approche des limites du PCIe 4.0 lors des transferts séquentiels. Sa mémoire QLC, son absence de DRAM et sa garantie de trois ans rappellent néanmoins qu’il s’agit d’un modèle conçu pour réduire les coûts.
Reste une donnée essentielle : Samsung n’a pas encore officiellement communiqué son prix de vente conseillé. Le constructeur devra placer le 990 sous les modèles TLC et les références dotées de DRAM pour rendre ses concessions acceptables. Il devra également composer avec le WD Blue SN5100, qui le devance dans plusieurs tests, mais certains sites listent déjà le modèle, avec un prix avoisinant les 230€ pour la version 1 To, chez LDLC notamment.
Les SSD Samsung arrivent régulièrement à un tarif élevé avant de devenir plus intéressants après quelques baisses de prix. Si le 990 suit le même chemin, il pourrait trouver sa place parmi les solutions abordables destinées au stockage de fichiers et de jeux. Son arrivée ne suffira pas à ramener le marché aux tarifs observés en 2025, mais elle ajoute au moins une nouvelle référence à une offre grand public qui en avait bien besoin.




