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TEST – Final Fantasy Resonance

Final Fantasy Resonance

Final Fantasy Resonance

Plateforme de test : Nintendo Switch 2

Date de sortie : 22 octobre 2026

Développeur : Square Enix

Éditeur : Square Enix

Style : J-RPG

Note :
8/10

Disponible sur :

Final Fantasy a bien changé depuis l’époque où l’on parcourait une carte du monde avec une poignée de personnages en pixel art. Au fil des générations de consoles, Square Enix a progressivement transformé sa célèbre saga de RPG, jusqu’à abandonner les combats au tour par tour au profit d’affrontements toujours plus spectaculaires. Une évolution qui plaît à certains joueurs, mais qui laisse aussi quelques nostalgiques sur le bord de la route. Et si la solution pour retrouver les sensations d’autrefois consistait simplement à regarder dans le rétroviseur ?

Avec Final Fantasy Resonance, l’éditeur japonais ressort une formule qu’il connaît sur le bout des doigts. Des cristaux à protéger, une bande de héros qui s’agrandit au fil de l’aventure, des invocations et des combats où la réflexion compte davantage que les réflexes. Le tout profite d’une réalisation HD-2D, comme si les épisodes de l’ère Super Nintendo avaient continué à évoluer sans jamais abandonner leurs pixels. Petite particularité : cette nouvelle aventure puise une partie de son histoire dans Final Fantasy Brave Exvius, l’ancien jeu mobile dont les serveurs ont fermé leurs portes. Reste à voir ce que cette formule traditionnelle a encore à raconter.

Final Fantasy Resonance : une aventure entre cristaux et vieilles connaissances

Direction Lapis, un monde où les grandes nations ont bâti leur civilisation autour de puissants cristaux. C’est dans le royaume de Grandshelt que nous retrouvons Rain et Lasswell, deux chevaliers qui servent leur patrie et jouissent déjà d’une solide réputation. Leur carrière militaire prend cependant une tournure inattendue lorsqu’une mission les confronte aux Six de Paladia, de mystérieux combattants déterminés à détruire les cristaux. Au milieu de cette affaire apparaît également Fina, une jeune femme amnésique capable de communiquer avec les Espers, ces créatures légendaires que les amateurs de Final Fantasy connaissent depuis des décennies.

Vous l’aurez compris, Square Enix ne cherche pas à bouleverser les codes du JRPG. Final Fantasy Resonance assume pleinement son héritage, avec une intrigue qui nous entraîne de royaume en royaume, au gré des rencontres et des révélations. Les Six de Paladia incarnent d’abord des adversaires assez caricaturaux, avant que leurs motivations ne deviennent plus intéressantes. Le scénario réserve ainsi plusieurs retournements de situation, même si certains se devinent assez facilement.

L’intérêt de cette aventure vient surtout des personnages qui nous accompagnent. Rain et Lasswell entretiennent une relation particulièrement réussie : les deux chevaliers se connaissent bien, mais leurs ambitions personnelles les poussent parfois dans des directions différentes. Au fil du voyage, Lid, Jake et les autres compagnons apportent leurs propres préoccupations à ce groupe qui ressemble progressivement à une véritable bande d’amis. Les conversations facultatives, proches des saynètes de la série Tales of, renforcent cette impression. Elles nous donnent l’occasion de découvrir les petites habitudes de chacun, leurs opinions et leurs réactions face aux événements. Dommage que certains échanges s’arrêtent précisément lorsqu’ils commencent à devenir amusants.

En revanche, Fina peine à suivre le rythme. Malgré son importance dans l’intrigue, la jeune femme reste longtemps en retrait et ne bénéficie d’un développement vraiment intéressant que dans le dernier tiers de l’aventure. Le scénario connaît d’ailleurs quelques passages moins inspirés dans sa seconde moitié, avec des événements majeurs auxquels les héros réagissent parfois avec une étonnante indifférence. Rien qui empêche de suivre leur périple, mais ces maladresses contrastent avec le soin apporté à leurs relations.

Des combats au tour par tour qui ont plus d’un tour dans leur sac

Si les aventures de Rain et Lasswell rappellent les anciens Final Fantasy, leurs affrontements poussent encore davantage la nostalgie. Quatre personnages participent aux combats, chacun avec ses caractéristiques, son équipement et ses compétences. On sélectionne ses actions, on prépare ses sorts et on surveille les points de vie de ses compagnons. Bref, le tour par tour dans toute sa splendeur, avec suffisamment de subtilités pour éviter de passer son temps à choisir automatiquement l’attaque la plus puissante.

Square Enix a notamment repris le système des Visions de Brave Exvius, qui permet d’associer les héros à des figures bien connues de la franchise. Clive, Squall et d’autres personnages issus des précédents épisodes viennent ainsi renforcer notre équipe grâce à leurs pouvoirs. Chaque Vision apporte des capacités actives, des bonus passifs et des attaques spéciales. En fonction de celle que l’on équipe, un combattant peut accentuer sa spécialisation ou apprendre à remplir un autre rôle. Un personnage principalement tourné vers le soutien peut, par exemple, devenir plus offensif grâce aux compétences appropriées.

Mais attention à ne pas changer constamment ses associations sans réfléchir. Une Vision progresse séparément avec chaque personnage, ce qui signifie que les compétences développées avec Rain ne seront pas automatiquement disponibles pour Lasswell. Il faut donc prendre le temps d’expérimenter, d’accumuler de l’expérience et d’utiliser certains objets pour améliorer ces pouvoirs. Le système encourage à varier les compositions d’équipe, même si développer toutes les combinaisons demanderait un investissement considérable.

Heureusement, les adversaires nous donnent de bonnes raisons d’exploiter cet arsenal. À la manière d’Octopath Traveler, les ennemis possèdent des faiblesses élémentaires et une réserve de points de bouclier. En frappant avec les bons éléments, on finit par briser leur défense, ce qui les empêche d’agir au prochain tour tout en augmentant les dégâts qu’ils subissent. Certaines situations permettent même à notre équipe d’obtenir des actions supplémentaires. Il devient alors possible d’enchaîner les attaques, les améliorations de statistiques et les techniques spéciales pour infliger de lourds dégâts avant que l’ennemi puisse réagir.

Les invocations traditionnelles viennent compléter cette mécanique. Pour obtenir un Esper, il faut d’abord le vaincre lors d’une épreuve dédiée. Une fois recrutée, la créature peut intervenir plusieurs fois pendant les combats, à condition de disposer des MP nécessaires. Ses attaques élémentaires deviennent particulièrement utiles contre les adversaires les plus coriaces.

Cette richesse n’empêche pas Resonance de rester accueillant. Les premières heures introduisent progressivement les différentes mécaniques, tandis que plusieurs niveaux de difficulté permettent d’adapter le challenge à ses habitudes. Les vétérans du tour par tour trouveront davantage de résistance en mode difficile, où la composition de l’équipe et la gestion des faiblesses deviennent nettement plus importantes. On regrettera simplement que certains affrontements contre les boss s’éternisent, même lorsque l’on maîtrise correctement les systèmes de combat.

Un monde à explorer comme dans les anciens Final Fantasy

Vous vous souvenez de ces cartes du monde sur lesquelles on passait des heures à chercher une grotte cachée ou un passage menant à un trésor ? Final Fantasy Resonance renoue avec ce plaisir de l’exploration. Plutôt que de nous envoyer directement d’une mission à l’autre, le jeu nous invite à parcourir Lapis, à visiter ses villes et à découvrir les régions qui séparent les différentes étapes du scénario. Plusieurs moyens de déplacement viennent progressivement faciliter les voyages, sans faire disparaître l’envie de s’arrêter pour examiner un endroit suspect.

Et cette curiosité rapporte régulièrement quelque chose. Une entrée de grotte dissimulée, un objet précieux au bout d’un chemin secondaire, un sanctuaire oublié… la carte regorge de petites découvertes qui encouragent à s’éloigner de la route principale. Même les villes réservent quelques passages secrets, tandis que les nombreux donjons proposent des embranchements facultatifs et de petites énigmes. Leur architecture reste généralement assez simple, mais on évite ainsi de tourner interminablement en rond dans des labyrinthes artificiellement compliqués.

Les sanctuaires méritent une attention particulière puisqu’ils permettent d’obtenir de nouvelles Visions. On y découvre aussi l’histoire des personnages issus des anciens FF, à travers des échanges qui ressemblent parfois à des questionnaires de personnalité. L’idée est sympathique, mais les réponses influencent peu le déroulement des conversations. Surtout, certaines discussions évoquent sans précaution des révélations importantes d’autres épisodes. Les connaisseurs apprécieront probablement les références, mais les nouveaux venus risquent d’apprendre quelques secrets qu’ils auraient préféré découvrir manette en main.

L’exploration passe également par les quêtes annexes, dont les plus réussies prolongent directement les événements du scénario ou développent les relations entre les compagnons. Elles donnent davantage de consistance aux régions traversées et à leurs habitants. Toutes ne bénéficient malheureusement pas de ce traitement : certaines se limitent à de petites courses sans grand intérêt. Même constat pour les nombreuses tablettes à collectionner, qui débloquent des récompenses auprès d’une mystérieuse princesse amnésique. Leur recherche aurait gagné à être plus inventive, car une bonne partie se trouve simplement sur notre chemin.

Reste enfin la chasse aux Espers, répartis dans différentes zones de la carte. Ces affrontements facultatifs sont une bonne raison d’explorer chaque nouvelle région, d’autant que les invocations récupérées peuvent ensuite rejoindre notre arsenal. Entre ces épreuves, les secrets à dénicher et les histoires secondaires, Lapis offre suffisamment d’activités pour occuper ceux qui préfèrent prendre leur temps plutôt que foncer vers le prochain objectif.

La HD-2D donne une seconde jeunesse à l’univers de Final Fantasy

Il suffit de regarder quelques décors de Final Fantasy Resonance pour comprendre pourquoi Square Enix a choisi la HD-2D. Depuis Octopath Traveler, cette direction artistique a démontré qu’il était possible de conserver le charme du pixel art tout en profitant des techniques graphiques modernes. Ici, les personnages aux allures rétro évoluent dans des environnements détaillés, avec des effets de profondeur qui donnent du relief aux paysages.

Le résultat convient particulièrement bien à cette aventure traditionnelle, notamment lorsqu’on parcourt la carte du monde ou que l’on découvre une nouvelle ville. L’association des sprites et des décors modernes rappelle les anciens Final Fantasy sans donner l’impression de jouer à un titre resté bloqué trente ans en arrière. Les différentes régions profitent de cette présentation, tout comme les donjons, dont les passages secrets donnent une raison supplémentaire d’observer attentivement les environnements.

La direction artistique n’évite cependant pas quelques incohérences. Certains portraits, notamment ceux de Rain et Lasswell, s’accordent bien avec l’univers, tandis que d’autres, comme celui de Jake, semblent provenir d’un style graphique différent. Ce n’est évidemment pas dramatique, mais le contraste se remarque lors des dialogues.

Malheureusement, la musique laisse elle aussi une impression plus mitigée. Les compositions accompagnent convenablement les combats et les voyages à travers Lapis, sans parvenir à imposer beaucoup de thèmes mémorables. Quand on connaît l’héritage musical de Final Fantasy, difficile de ne pas attendre quelques mélodies capables de rester en tête une fois la console éteinte. Cette fois, la bande originale fait correctement son travail, mais peine à se distinguer autant que certaines partitions historiques de la saga.

Les vieilles recettes font toujours de bons RPG

À force de vouloir faire évoluer Final Fantasy dans toutes les directions, Square Enix aurait presque pu nous faire oublier le plaisir d’une aventure à l’ancienne. Celle où l’on passe autant de temps à préparer son équipe qu’à explorer la carte du monde, où chaque nouveau compagnon apporte quelque chose à l’histoire et où un boss récalcitrant nous oblige à revoir notre stratégie plutôt qu’à marteler les boutons.

Final Fantasy Resonance retrouve cette formule avec une certaine réussite. Son système de Visions apporte suffisamment de profondeur pour renouveler les affrontements, tandis que l’exploration et les personnages donnent envie de prolonger le voyage. Certes, le scénario connaît quelques baisses de régime, et la bande originale manque de morceaux vraiment marquants. Mais le plaisir de retrouver un Final Fantasy aussi proche de ses origines compense largement ces maladresses.

Comme quoi, une bonne vieille formule peut encore faire des merveilles lorsqu’on sait la remettre au goût du jour.

Points positifs

  • Un système de combat au tour par tour riche et accessible

  • Les Visions qui offrent de nombreuses possibilités de personnalisation

  • Une exploration gratifiante, avec quantité de secrets à découvrir

  • Des personnages attachants et des relations bien développées

  • La réalisation HD-2D qui modernise joliment l’esthétique des anciens Final Fantasy

  • Une difficulté modulable qui permet à chacun de trouver son compte

Points négatifs

  • Un scénario qui s’essouffle dans sa seconde moitié

  • Le développement tardif de certains personnages, notamment Fina

  • Des quêtes annexes parfois répétitives et sans grand intérêt

  • Une bande originale qui manque de thèmes mémorables

  • Des combats de boss parfois trop longs

  • Quelques incohérences dans le style graphique des portraits

EN SAVOIR PLUS

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Terry 4WAG
Terry 4WAGhttps://www.4wearegamers.com/
Juste un homme qui donne vie à ses idées du haut de son clavier. Curieux de technologies et toujours enthousiaste pour les sorties vidéoludiques, je tâche de rester neutre sur un terrain ou une guerre de consoles inutile fait rage.

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