Alors que les écrans gaming 4K OLED se multiplient, Samsung a décidé de prendre une autre direction avec son Odyssey G8 G80HS. Ce moniteur de 32 pouces embarque une dalle IPS capable d’afficher une définition 6K à 165 Hz, mais aussi de monter à 330 Hz en réduisant la résolution. Deux façons de jouer assez différentes, réunies dans un seul écran. J’ai eu l’occasion de l’essayer sur Cyberpunk 2077 et Call of Duty: Modern Warfare 4, histoire de voir ce que cette nouvelle génération de moniteurs gaming peut apporter aux joueurs PC.

Samsung Odyssey G8 G80HS : pourquoi passer à la 6K sur 32 pouces ?
Depuis quelques années, la 4K s’est fait une belle place dans nos configurations gaming. Les écrans UHD sont devenus plus accessibles, les cartes graphiques ont gagné en puissance et les jeux PC proposent désormais une multitude d’options pour trouver le bon équilibre entre qualité graphique et performances. Samsung aurait pu continuer sur cette lancée avec un nouvel écran 4K à très haute fréquence de rafraîchissement. Au lieu de ça, le constructeur coréen a choisi de passer à la 6K.
L’Odyssey G8 G80HS dispose ainsi d’une dalle Fast IPS de 32 pouces affichant 6 144 × 3 456 pixels. Pour vous donner une idée, cela représente environ 21,2 millions de pixels, contre 8,3 millions pour un écran 4K UHD classique. Le gain est donc important, surtout que Samsung a réussi à faire tenir tout ce petit monde sur une diagonale de 32 pouces.

Avec une densité de 224 pixels par pouce, les contours des objets, les textes et les petits détails peuvent être affichés avec une grande finesse. Encore faut-il avoir de bons yeux pour profiter de toute cette précision à une distance normale du moniteur ! Il ne suffit pas non plus de multiplier les pixels pour rendre un jeu plus beau. La qualité des textures, les effets graphiques et les paramètres choisis restent déterminants.
J’ai notamment utilisé Cyberpunk 2077 pour essayer le G80HS. Night City est un terrain intéressant pour ce genre d’écran, avec ses immeubles couverts de panneaux publicitaires, ses enseignes lumineuses et ses rues remplies de petits détails. C’est typiquement le genre de jeu dans lequel on peut chercher à pousser la définition au maximum pour profiter de la finesse des décors.
La 6K a également de quoi intéresser ceux qui passent autant de temps à travailler qu’à jouer sur leur PC. Avec une telle surface d’affichage, on peut ouvrir plusieurs fenêtres, travailler sur des images en haute résolution ou monter des vidéos sans manquer de pixels. Par contre, il faudra adapter la mise à l’échelle de Windows. Sans cela, les textes et les icônes deviennent rapidement trop petits sur un écran de cette taille.

Cyberpunk 2077 en 6K, Modern Warfare 4 à 330 Hz : deux façons de jouer
Samsung aurait pu se contenter de proposer de la 6K à 165 Hz et s’arrêter là. C’est déjà une fréquence élevée pour une telle définition. Mais le fabricant a également intégré un Dual Mode, une fonction qui permet de modifier la définition de l’écran pour doubler sa fréquence de rafraîchissement.
En temps normal, le G80HS affiche donc ses 6 144 × 3 456 pixels à 165 Hz. Si vous souhaitez privilégier la fluidité, vous pouvez passer en 3K à 330 Hz, soit une définition de 3 072 × 1 728 pixels. Le moniteur divise alors par quatre le nombre de pixels à afficher, ce qui réduit considérablement le travail demandé à la carte graphique.
C’est notamment intéressant pour Call of Duty: Modern Warfare 4, le deuxième jeu que j’ai utilisé pour cet essai. Dans un FPS aussi nerveux, on cherche généralement à obtenir le plus grand nombre d’images par seconde possible pour suivre les déplacements des adversaires et réagir rapidement. Et même si la différence entre 165 et 330 Hz ne saute pas forcément aux yeux de tout le monde, elle peut intéresser les joueurs compétitifs habitués aux écrans très rapides.

Attention quand même à ne pas confondre les 330 Hz du moniteur avec les performances de votre PC. Pour afficher 330 images différentes chaque seconde, encore faut-il que votre configuration soit capable de les calculer. Sur certains jeux, ce sera envisageable en ajustant les paramètres graphiques. Sur d’autres, notamment les grosses productions très gourmandes, ce sera nettement plus compliqué.
Le G80HS annonce également un temps de réponse de 1 ms GtG et prend en charge AMD FreeSync Premium ainsi que NVIDIA G-Sync Compatible. Ces technologies permettent de synchroniser le rafraîchissement de l’écran avec les images produites par la carte graphique afin de limiter les déchirures et les saccades. Pour un moniteur capable de fonctionner à deux fréquences aussi différentes, c’est bienvenu.
Au passage, la définition 3K reste supérieure au QHD traditionnel de 2 560 × 1 440 pixels. On conserve donc une image relativement fine sur 32 pouces, même si la différence avec la 6K reste importante. À chacun de choisir entre la précision et la vitesse selon le jeu lancé.
Pourquoi Samsung a préféré une dalle IPS à l’OLED
Il y a tout de même quelque chose qui peut surprendre sur cet Odyssey G8 : Samsung n’a pas utilisé de dalle OLED. Pourtant, le constructeur propose déjà plusieurs modèles gaming équipés de cette technologie, avec des noirs profonds, un contraste élevé et d’excellents temps de réponse.
Pour son écran 6K, Samsung a préféré une dalle Fast IPS. Ce choix permet notamment d’éviter les risques de marquage permanent que peuvent rencontrer les écrans OLED lorsqu’ils affichent longtemps des éléments fixes. C’est un avantage pour ceux qui passent plusieurs heures par jour sur Windows, avec des fenêtres, des icônes ou des barres d’outils qui restent toujours à la même place.
En contrepartie, l’IPS ne peut pas rivaliser avec l’OLED sur la profondeur des noirs. Le G80HS utilise un rétroéclairage classique, ce qui signifie que les pixels ne peuvent pas s’éteindre individuellement. Dans les scènes très sombres de Cyberpunk 2077, on ne retrouvera donc pas le même contraste que sur un bon moniteur OLED.
Samsung annonce une luminosité typique de 350 nits, avec un maximum de 400 nits, ainsi qu’un contraste statique de 1 000:1. L’écran couvre également 99 % de l’espace colorimétrique sRGB et prend en charge le HDR10 ainsi que le HDR10+ Gaming. Sur ce dernier point, les caractéristiques restent assez modestes face aux écrans HDR haut de gamme capables d’atteindre une luminosité nettement supérieure.

Pour les réglages, Samsung a prévu neuf profils d’image, dont plusieurs adaptés aux FPS, aux jeux de stratégie ou aux simulations sportives. On retrouve aussi le Black Equalizer, qui permet d’éclaircir les zones sombres, et le Virtual Aim Point pour afficher un viseur au centre de l’écran.
Ces fonctions sont déjà connues des habitués de la gamme Odyssey. Leur présence ne surprendra personne, mais elles restent pratiques lorsqu’on souhaite modifier rapidement l’affichage sans devoir régler chaque paramètre séparément.
Un écran gaming plutôt discret, malgré ses ambitions
Samsung nous a habitués à quelques écrans Odyssey assez impressionnants, notamment avec ses modèles incurvés qui prennent une place folle sur le bureau. Avec le G80HS, le constructeur revient à quelque chose de beaucoup plus classique. L’écran est plat, les bordures sont fines et le pied noir reste relativement discret. Rien de très extravagant, et ce n’est pas plus mal pour un moniteur destiné aussi bien au jeu qu’au travail.
À l’arrière, on retrouve tout de même l’anneau lumineux RGB caractéristique de la gamme. Celui-ci profite de la technologie CoreSync, qui adapte l’éclairage aux couleurs affichées à l’écran. Vous pouvez aussi choisir différents effets lumineux si vous préférez conserver une ambiance particulière dans votre installation.
Le pied offre plusieurs possibilités de réglage. On peut modifier la hauteur sur 120 mm, incliner l’écran, le tourner horizontalement et même le faire pivoter à 90 degrés pour l’utiliser en portrait. Sur un modèle de 32 pouces, cette dernière option n’intéressera probablement pas tout le monde, mais elle reste disponible. Samsung a également prévu un passage pour les câbles afin d’éviter qu’ils traînent derrière le bureau.
Côté connectique, on dispose de deux ports HDMI 2.1, d’un DisplayPort 2.1, de deux USB-A 3.2 Gen 1 et d’un USB-B pour raccorder le hub au PC. Une sortie casque de 3,5 mm complète l’ensemble. Il manque cependant un port USB-C capable de transmettre l’image et de recharger un ordinateur portable, une fonction que l’on aurait aimé retrouver à ce niveau de prix.

Même constat pour les haut-parleurs : il n’y en a pas. Il faudra donc utiliser un casque ou des enceintes externes. Cela ne devrait pas trop déranger les joueurs PC déjà bien équipés, mais c’est toujours bon à savoir.
Enfin, un petit joystick placé à l’arrière permet de naviguer dans les menus et de modifier les paramètres. On y retrouve les réglages d’image, les options gaming et les différents effets lumineux. L’ensemble évite de devoir passer par un logiciel supplémentaire pour effectuer les modifications les plus courantes.
La 6K demande une sacrée configuration PC
Sur le papier, jouer en 6K à 165 Hz a de quoi faire envie. Dans la pratique, il faut évidemment disposer d’une carte graphique particulièrement puissante pour espérer profiter correctement de cette définition. Avec plus de 21 millions de pixels à calculer, le GPU a beaucoup plus de travail qu’en 4K, et cela se ressent forcément sur le nombre d’images par seconde.
Prenons Cyberpunk 2077. Le jeu de CD Projekt RED peut déjà mettre à genoux certaines configurations en 4K lorsque l’on active les effets de ray tracing les plus exigeants. En 6K, la charge graphique augmente encore. Il faudra donc parfois revoir certains paramètres à la baisse ou utiliser les technologies de reconstruction d’image comme le DLSS de NVIDIA pour conserver une fluidité satisfaisante.
La génération d’images peut également aider sur les cartes graphiques compatibles, mais elle ne remplace pas les performances du rendu classique. D’autant que cette technologie ne convient pas forcément à tous les types de jeux, notamment lorsque l’on recherche avant tout une latence aussi faible que possible.
C’est aussi pour cette raison que le Dual Mode du G80HS est intéressant. Sur un FPS comme Modern Warfare 4, passer en 3K réduit fortement la charge graphique et permet de viser un nombre d’images par seconde plus élevé. En revanche, inutile d’espérer atteindre systématiquement 330 FPS dans tous les jeux, même avec une configuration haut de gamme.
Reste enfin la question du prix. Samsung affiche son Odyssey G8 G80HS à 1 239 € en Belgique, un montant qui le place face à plusieurs moniteurs OLED 4K haut de gamme. La comparaison mérite d’être faite, car les deux technologies n’offrent pas les mêmes avantages. Là où l’OLED privilégie le contraste et les noirs profonds, ce G8 mise surtout sur sa définition 6K et son double mode de rafraîchissement.
Et à ce tarif, mieux vaut également prévoir le PC qui va avec. Une configuration pensée pour jouer confortablement en 1440p ou en 4K ne pourra pas nécessairement exploiter toute la définition du moniteur sans faire quelques concessions sur les options graphiques.
Points positifs
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Une définition 6K offrant une excellente finesse d’image
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Le Dual Mode permettant de passer de 165 à 330 Hz
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Une belle polyvalence entre le gaming et la bureautique
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La compatibilité G-Sync et FreeSync Premium
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Un design sobre et une ergonomie bien pensée
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Une connectique assez complète avec du DisplayPort 2.1
Points négatifs
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Le contraste limité de la dalle IPS face à l’OLED
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Une luminosité HDR assez modeste
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La puissance PC nécessaire pour profiter de la 6K
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L’absence de port USB-C et de haut-parleurs intégrés
| Fiche technique du Samsung Odyssey G8 G80HS | |
|---|---|
| Référence | LS32HG806ESXEN |
| Type d’écran | Moniteur gaming Fast IPS |
| Taille de l’écran | 32 pouces (81,3 cm) |
| Format | 16:9, écran plat |
| Définition native | 6K (6 144 × 3 456 pixels) |
| Densité de pixels | 224 ppp |
| Dual Mode |
6K à 165 Hz 3K à 330 Hz |
| Définition en mode 330 Hz | 3 072 × 1 728 pixels |
| Temps de réponse | 1 ms (GtG) |
| Luminosité |
350 cd/m² (typique) 400 cd/m² (pic) |
| Contraste | 1 000:1 |
| HDR | HDR10, HDR10+ Gaming |
| Couleurs | Jusqu’à 1 milliard de couleurs |
| Couverture colorimétrique | 99 % sRGB |
| Angles de vision | 178° horizontal / 178° vertical |
| Synchronisation adaptative |
AMD FreeSync Premium NVIDIA G-Sync Compatible |
| Fonctions gaming |
Black Equalizer Virtual Aim Point Super Arena Gaming UX |
| Éclairage RGB | CoreSync |
| Connectique vidéo |
2 × HDMI 2.1 1 × DisplayPort 2.1 |
| Connectique USB |
2 × USB-A 3.2 Gen 1 1 × USB-B 1 port USB de service |
| Audio |
Sortie casque 3,5 mm Sans haut-parleurs intégrés |
| Réglage en hauteur | 120 mm |
| Inclinaison | -2° à +25° |
| Rotation horizontale | ±30° |
| Pivot | ±90° environ |
| Fixation VESA | 100 × 100 mm |
| Dimensions avec pied | 714,5 × 595,4 × 263,9 mm |
| Poids avec pied | 7,4 kg |
| Consommation électrique |
33,1 W (typique) 100 W (maximale) |
| Classe énergétique | G |
| Accessoires fournis |
Câble HDMI Câble DisplayPort Câble USB Câble d’alimentation |







