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TEST – Ace Combat 8 – Wings of Theve

Ace Combat 8 : Wings of Theve

Ace Combat 8 : Wings of Theve

Plateforme de test : PS5 Pro

Date de sortie : 2 octobre 2026

Développeur : Bandai Namco Aces

Éditeur : Bandai Namco Entertainment

Style : Action

Note :
9/10

Disponible sur :

l y a des jeux qui mettent quelques heures avant de dévoiler ce qu’ils ont dans le ventre. Ace Combat 8: Wings of Theve, lui, préfère vous envoyer plein gaz dans un ciel rempli de missiles, de chasseurs ennemis et de communications radio dès que possible. Quelques minutes suffisent pour retrouver ce sentiment très particulier propre à la série : celui d’être aux commandes d’un avion qui vaut probablement le PIB d’un petit pays, tout en accomplissant des missions qui deviennent de plus en plus improbables.

Après Ace Combat 7, Project Aces pouvait difficilement se contenter de refaire exactement la même chose. Le studio a donc vu plus grand, surtout dans sa façon de raconter son histoire et de construire sa campagne.

Et même lorsque le scénario s’égare un peu, Ace Combat 8 sait toujours nous ramener là où il est le meilleur : dans le cockpit.

Ace Combat 8: Wings of Theve met beaucoup plus d’histoire dans son cockpit

Il suffit de comparer les premières cinématiques à celles d’Ace Combat 7 pour comprendre que Project Aces a changé de braquet. Là où le précédent épisode reposait souvent sur des scènes assez statiques, Wings of Theve multiplie les séquences entièrement animées et doublées, avec une mise en scène majoritairement pensée à la première personne. Nous vivons ainsi une grande partie de la campagne à travers les yeux de Rex, pilote qui devient progressivement un symbole d’espoir au milieu d’un conflit beaucoup plus large que son escadrille.

Bonne nouvelle pour ceux qui découvrent la série : inutile d’avoir passé les trente dernières années à réviser la géopolitique de Strangereal. Ace Combat 8 raconte sa propre histoire et prend le temps d’installer ses enjeux. Le récit tourne autour de la reconquête d’un territoire occupé, mais s’intéresse aussi aux populations privées de patrie, à la propagande et à la manière dont l’image d’un héros peut être utilisée pour influencer une population. Même les réseaux sociaux, les livestreams et les images générées ou manipulées par intelligence artificielle trouvent leur place dans cette guerre de l’information.

Tout cela reste néanmoins très Ace Combat dans l’esprit. Comprenez par là que le réalisme absolu n’est clairement pas la priorité. L’une de vos équipières est une jeune pilote de voltige aux cheveux roses envoyée au combat, tandis que Dealer, chargé des communications, semble incapable de parler sans glisser une référence au poker. Ace Combat ressemble parfois davantage à un JRPG militaire qu’à un Call of Duty avec des avions, et c’est justement ce ton particulier qui lui permet de conserver sa personnalité.

L’écriture ne touche pas toujours juste. Certains dialogues en font trop, quelques situations demandent d’accepter beaucoup de choses et la galerie de personnages met du temps à trouver son rythme. Malgré cela, le récit se suit beaucoup plus facilement que celui d’Ace Combat 7. Surtout, Project Aces ne cherche jamais à lisser son univers pour le rapprocher d’un blockbuster militaire occidental. Le studio assume son côté étrange jusqu’au bout.

30 missions qui refusent de se contenter de faire tourner des avions en rond

Le scénario prend plus de place, certes, mais Ace Combat 8 ne perd jamais de vue ce qui fait tenir toute la série en l’air : ses missions. La campagne en compte 30, généralement longues de 15 à 30 minutes. En ajoutant les cinématiques, les briefings et le temps passé dans les menus à préparer ses appareils, il faut compter autour de 20 heures environ pour voir défiler le générique.

Dit comme ça, trente missions passées à verrouiller des avions et à tirer des missiles pourraient rapidement donner l’impression de tourner en rond. C’est tout l’inverse. Project Aces construit chaque opération autour d’une idée précise et prend surtout plaisir à changer les règles alors que l’on pense avoir compris ce que le jeu attend de nous.

Une simple mission d’escorte peut ainsi commencer par un vol à basse altitude, avec l’obligation de rester sous la ligne des montagnes sous peine de devenir la cible de missiles longue portée. L’appareil protégé finit par se poser, des véhicules prennent le relais au sol et, sans véritable temps mort, notre rôle change : il faut maintenant dégager leur route en attaquant les troupes ennemies.

Ailleurs, le jeu nous demande de faire tomber une énorme plateforme volante en détruisant ses piliers. Une autre opération nous pousse à poursuivre un projectile lancé vers l’espace avant qu’il ne soit trop tard. Ace Combat 8 adore prendre une situation relativement simple et la faire dérailler, généralement au moment où l’on commence à se sentir un peu trop à l’aise.

C’est précisément pour cette raison que les briefings comptent. Ils indiquent les objectifs, la géographie de la zone et la position des principales menaces. Après quelques missions, suivre bêtement les icônes à l’écran ne suffit plus. Entre les chasseurs ennemis, les unités terrestres, les appels des alliés et les ordres du commandement, mieux vaut savoir ce que l’on est venu faire avant de mettre les gaz.

Les ordres d’escouade viennent ajouter une petite couche supplémentaire. À l’aide de la croix directionnelle, on peut demander à ses équipiers de couvrir nos arrières ou de concentrer leurs tirs sur certaines cibles. Sur le papier, c’est intéressant. Dans les faits, au milieu du chaos ambiant, il reste parfois difficile de savoir si l’ordre donné a réellement changé le cours de la bataille.

Choisir son avion fait déjà partie de la mission

Avant de foncer vers la piste, Ace Combat 8 demande donc de réfléchir quelques secondes. Les appareils se répartissent en quatre grandes familles : chasseurs spécialisés dans le combat aérien, avions d’attaque orientés air-sol, modèles multirôles et appareils consacrés à la reconnaissance ou au soutien électronique.

Chacun possède naturellement sa propre vitesse, sa maniabilité et sa résistance, mais le véritable choix se fait souvent du côté des armes secondaires. Partir avec un chasseur taillé pour les duels aériens n’a pas beaucoup de sens lorsqu’une mission consiste essentiellement à transformer des installations terrestres en tas de ferraille.

Le briefing devient alors presque une liste de courses. Beaucoup de cibles au sol ? On privilégie un appareil capable d’emporter l’équipement adapté. Une forte présence aérienne ? Mieux vaut charger davantage de missiles destinés aux chasseurs. Les munitions spéciales restent limitées, ce qui pousse à éviter de gaspiller son arsenal sur le premier camion venu.

Au fil de la progression, de nouvelles améliorations viennent étoffer cette préparation. Les missiles de croisière peuvent par exemple faire des ravages contre les objectifs terrestres, tandis que certains bonus augmentent la charge utile. La stratégie reste suffisamment légère pour ne jamais casser le rythme, mais elle récompense ceux qui lisent correctement une mission avant de foncer dedans.

Un élément paraît malgré tout sous-exploité : l’avion de reconnaissance. Son rôle laisse imaginer des opérations axées sur le soutien ou la perturbation des forces ennemies, mais la campagne ne lui donne jamais vraiment l’occasion de devenir indispensable. Dommage, car ce type de mission aurait encore renforcé la variété générale.

Le moment où l’on arrête de lutter contre la manette pour commencer à piloter

Tout cela fonctionnerait évidemment beaucoup moins bien si piloter n’était pas agréable. Ace Combat 8 propose toujours deux approches : un mode simplifié, pensé pour être immédiatement accessible, et un mode expert beaucoup plus proche du pilotage traditionnel de la série.

Le premier permet de diriger facilement l’avion avec le stick gauche. Le second demande davantage de coordination en jouant avec le roulis, le tangage et les différents boutons. Lorsqu’on découvre Ace Combat, les premières minutes peuvent ressembler à une bataille contre sa propre manette. On tourne trop fort, on perd l’horizon, on se remet droit pour immédiatement repartir dans l’autre sens. Puis les gestes rentrent.

Quelques missions plus tard, on ne réfléchit plus vraiment à la manière de placer un ennemi dans son viseur. On le fait. Même chose lorsqu’il faut sortir d’un virage serré, éviter un missile ou plonger vers une cible terrestre. Cette sensation de progresser naturellement dans la maîtrise de son appareil participe énormément au plaisir du jeu.

La manette convient d’ailleurs parfaitement à cette philosophie et reste probablement la façon la plus naturelle de jouer. Les amateurs de matériel spécialisé peuvent utiliser un HOTAS, mais Ace Combat n’essaie jamais de devenir Flight Simulator ou War Thunder. Ici, la vitesse, la lisibilité et les sensations passent avant la reproduction minutieuse de chaque procédure aéronautique.

Des nuages magnifiques… et beaucoup trop de monde dans la radio

Une fois les commandes assimilées, on commence aussi à regarder davantage ce qui nous entoure. Et il y a de quoi faire. Les avions gagnent en détails, les environnements au sol paraissent plus denses et les effets atmosphériques jouent un rôle majeur dans l’image.

Les nuages sont clairement les stars du spectacle. Project Aces a développé une nouvelle technologie pour leur rendu et certains passages donnent presque envie de ralentir. Traverser une épaisse couche nuageuse avant de ressortir face au soleil, avec la lumière qui se reflète sur le fuselage, crée quelques secondes de calme particulièrement efficaces entre deux attaques.

La bande-son profite d’un soin similaire. Des thèmes apparaissent tôt dans l’aventure, reviennent ensuite sous différentes formes et gagnent progressivement en intensité. Mieux encore, certaines couches musicales s’ajoutent selon ce qui se passe pendant la mission. La musique semble alors accompagner notre progression plutôt que simplement tourner en arrière-plan. Le problème, c’est qu’elle doit se battre pour exister au milieu de tout le reste.

Ace Combat 8 parle beaucoup. Vraiment beaucoup. Le commandement donne des ordres, les équipiers commentent les combats, les troupes au sol réclament de l’aide, les ennemis provoquent Rex et l’ordinateur de bord hurle qu’un missile est en approche. Ajoutez à cela les explosions, les moteurs et la bande-son, et le casque peut rapidement devenir un joyeux champ de bataille.

Le souci ne vient pas uniquement de la fatigue sonore. Lorsque plusieurs voix interviennent en même temps, certaines informations importantes disparaissent littéralement dans le mélange. Il arrive alors de manquer une consigne simplement parce que quatre personnes ont décidé de parler au même moment.

Ce défaut ressort d’autant plus que le reste de la campagne maîtrise très bien son rythme. Avec 30 missions à rejouer pour améliorer ses rangs, plusieurs niveaux de difficulté, des appareils à débloquer et différentes configurations à expérimenter, Ace Combat 8 donne déjà de bonnes raisons de retourner dans les airs après le générique. Le mode en ligne n’étant pas accessible durant notre période de test, il n’entre pas dans cette évaluation.

Ace Combat 8 sait exactement pourquoi on monte dans un avion

Il y a quelque chose de très particulier dans la manière dont Ace Combat 8: Wings of Theve réussit à nous embarquer. On peut lui reprocher ses dialogues parfois trop chargés, son vacarme radio ou quelques idées sous-exploitées, mais une fois dans les airs, tout cela passe rapidement au second plan. Project Aces connaît parfaitement les ressorts de sa série : une mission qui part tranquillement avant de dégénérer, une musique qui monte au bon moment, un objectif qui change alors que l’on pensait avoir la situation en main… et cette sensation grisante de devenir progressivement meilleur manche en main.

Cet épisode ne cherche donc pas à réinventer Ace Combat. Il préfère raffiner une formule vieille de plusieurs décennies, en lui donnant davantage d’ampleur, de spectacle et de personnalité. Et quand le générique arrive, on ne pense pas vraiment aux trente missions terminées. On pense surtout aux moments où l’on s’est surpris à serrer la manette un peu plus fort en voyant apparaître une nouvelle cible sur le radar.

Points positifs

  • Une campagne longue et très variée
  • Un excellent travail sur le rythme des missions
  • Des sensations de pilotage très réussies
  • Une vraie montée en puissance dans la mise en scène
  • Le choix des avions et des équipements
  • Une direction artistique aérienne particulièrement soignée
  • La bande-son dynamique, très bien intégrée à l’action

Points négatifs

  • Des dialogues parfois trop chargés
  • Une surcharge sonore qui peut nuire à la lisibilité
  • Le système d’ordres d’escouade manque d’impact
  • Un rôle de reconnaissance trop peu exploité
  • Quelques situations scénaristiques difficiles à croire

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Terry 4WAG
Terry 4WAGhttps://www.4wearegamers.com/
Juste un homme qui donne vie à ses idées du haut de son clavier. Curieux de technologies et toujours enthousiaste pour les sorties vidéoludiques, je tâche de rester neutre sur un terrain ou une guerre de consoles inutile fait rage.

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