Lego Batman : L’Héritage du Chevalier noir
Plateforme de test : PS5 Pro
Date de sortie : 22 mai 2026
Développeur : TT Games
Éditeur : WB Entertainment
Style : Action – aventure
Disponible sur :
Après Gotham Knights et Suicide Squad: Kill the Justice League, difficile de dire que les jeux DC traversaient leur meilleure période. D’un côté, une aventure coopérative qui n’a jamais vraiment réussi à porter la famille Batman. De l’autre, un modèle service autour de la Suicide Squad qui a laissé une bonne partie des joueurs sur le bord de la route. Pendant ce temps, l’ombre de Batman Arkham Knight continuait de planer sur Gotham, presque trop grande pour que Warner ose vraiment y revenir.
Et puis arrive LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir. Sur le papier, le retour du héros de Gotham par la porte LEGO pouvait ressembler à une parenthèse familiale, sympathique mais sans grande prise de risque. Dans les faits, TT Games signe une aventure bien plus ambitieuse qu’attendu, capable de parler aux enfants, aux complétistes, aux fans de comics et à ceux qui attendent simplement un bon jeu Batman depuis plusieurs années.
Ce nouvel épisode ne cherche pas à singer la noirceur d’Arkham, ni à transformer Batman en simple figurine à gags. Il choisit plutôt une voie plus maligne : reprendre les codes du Chevalier noir, les passer dans le moule LEGO, puis construire autour de Gotham un jeu d’action-aventure généreux, accessible et étonnamment respectueux de tout ce que le personnage représente. Le résultat a parfois des allures de best-of jouable, entre hommage aux films, clins d’œil aux séries, références aux comics et vraie envie de laisser le joueur faire régner l’ordre dans les rues de Gotham.

Gotham revient enfin au centre du jeu DC
D’abord, il faut replacer LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir dans son contexte. Depuis la fin de la saga Arkham, Batman a surtout brillé par son absence ou par des projets qui tournaient autour de lui sans vraiment retrouver son impact. Gotham Knights avait bien tenté de mettre en avant Nightwing, Batgirl, Robin et Red Hood, mais son monde ouvert manquait de nerf et ses performances techniques n’ont pas aidé à convaincre. Suicide Squad: Kill the Justice League, de son côté, a surtout montré les limites d’un modèle pensé pour durer, mais qui n’a jamais trouvé son rythme auprès du public.
Dans ce paysage un peu cabossé, voir TT Games reprendre Batman pouvait faire sourire. Le studio est connu pour son humour, ses briques qui volent dans tous les sens, ses puzzles accessibles et ses adaptations capables de transformer les grandes licences en terrains de jeu familiaux. Pourtant, c’est précisément cette approche qui donne de l’air au Chevalier noir. Là où d’autres projets DC ont voulu durcir le ton ou compliquer la formule, le nouveau titre de Tt Games revient à quelque chose de plus simple : Gotham, ses criminels, ses alliés, ses gadgets, ses véhicules et ce plaisir immédiat de nettoyer les rues entre deux missions.

Ensuite, le jeu ne se contente pas de reprendre Batman comme une icône posée sur une boîte. Il raconte ses débuts, son entraînement auprès de Ra’s al Ghul, son retour à Gotham et son installation progressive comme figure de peur pour les criminels. On sent l’influence de la trilogie de Christopher Nolan dans la façon d’aborder la formation de Bruce Wayne, mais aussi celle de The Batman de Matt Reeves dans cette idée d’un justicier encore en train de comprendre la ville qu’il veut protéger. Le ton reste évidemment LEGO, avec des situations absurdes et des ruptures comiques, mais la base narrative conserve ce lien avec les grandes versions modernes du personnage.
Surtout, TT Games semble avoir compris que Batman ne se résume pas à Bruce Wayne en armure noire. Son univers fonctionne parce qu’il repose sur une galerie de visages immédiatement reconnaissables. Robin, Nightwing, Batgirl ou encore James Gordon ne sont pas là pour faire de la figuration. Ils participent à cette impression de retrouver toute la famille de Gotham, chacun avec son rôle, son véhicule et sa place dans l’aventure. Même chose du côté des ennemis, où le Joker, Mr Freeze, Poison Ivy, l’Homme-Mystère, Cluemaster ou Firefly arrivent progressivement, souvent avec une mise en scène assez soignée pour donner à chaque apparition un petit goût d’événement.

Reste que le choix le plus intéressant vient de la structure même de l’aventure. LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir ne déroule pas une grande intrigue continue du début à la fin. Il préfère fonctionner par chapitres, comme si le jeu ouvrait différents dossiers dans les archives de Gotham. Ce format permet de passer d’une référence à l’autre sans forcer les coutures : un peu de Nolan ici, une touche de Matt Reeves là, des clins d’œil à la série de 1966, des costumes tirés des comics, des échos aux séries animées et toute une mémoire collective que les fans de Batman reconnaîtront rapidement.
Dans les faits, cette construction donne au jeu une identité assez particulière. Ce n’est ni un reboot strict, ni une parodie, ni une simple compilation de moments connus. C’est plutôt une grande visite guidée de l’héritage Batman, mais avec assez de liberté pour que TT Games y ajoute son rythme, ses gags et sa logique de jeu LEGO. Pour un public familial, c’est une porte d’entrée claire dans l’univers du Chevalier noir. Pour les fans plus anciens, c’est surtout une chasse aux références permanente, portée par une générosité qui se ressent dès les premières heures.
Une relecture LEGO de toute la mythologie Batman
Avec LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir, TT Games ne pioche pas dans une seule version du personnage. Le studio brasse large, parfois même très large, mais avec une vraie logique : faire en sorte que chaque joueur retrouve une porte d’entrée familière. Ceux qui ont découvert Batman au cinéma penseront forcément à la trilogie de Nolan ou à l’ambiance plus rugueuse du film de Matt Reeves. Ceux qui ont grandi devant les séries animées repéreront d’autres clins d’œil. Les lecteurs de comics, eux, auront de quoi fouiller dans les costumes, les détails visuels et les références plus discrètes.
Dans les faits, l’aventure ressemble à une grande malle remplie de souvenirs Batman. On y retrouve des transitions rejouées à la sauce LEGO, des répliques détournées, des génériques revisités et tout un tas de situations qui parlent à différentes générations de fans. La série TV de 1966 n’est pas oubliée, pas plus que les films, les dessins animés ou les comics. Ce mélange aurait pu donner un patchwork indigeste. À la place, le jeu avance avec une certaine souplesse, parce que l’humour LEGO sert de liant entre des œuvres qui, à la base, n’ont pas toujours le même ton.

Autre point important, les costumes ne sont pas là uniquement pour remplir des menus. Ils incarnent cette idée d’héritage. Voir Batman, Robin, Nightwing, Batgirl ou Gordon débloquer différentes tenues donne rapidement envie de fouiller les missions, de chercher les récompenses et de compléter la collection. Le jeu joue sur ce plaisir très simple : reconnaître une version précise d’un personnage, sourire devant une référence, puis repartir casser quelques briques dans une ruelle de Gotham.
Ce rapport à la mythologie fonctionne aussi parce que TT Games ne cherche pas à tout expliquer. Le jeu sait qu’une partie de son public connaît déjà Batman, mais il reste assez clair pour ne pas perdre les nouveaux venus. Les ennemis sont introduits progressivement, les alliés trouvent leur place sans alourdir le récit, et les chapitres donnent au joueur une succession de petites aventures faciles à suivre. Le résultat garde un rythme efficace, même si l’ensemble ressemble davantage à une galerie de grands moments qu’à une histoire continue portée par une tension dramatique unique.
Un monde ouvert qui rappelle l’esprit Arkham
La vraie surprise de LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir, c’est Gotham. On pouvait attendre une ville décorative, découpée en zones assez simples, avec quelques missions secondaires posées entre deux chapitres. Ce n’est pas vraiment le cas. La ville se parcourt librement, avec plusieurs districts, des rues à nettoyer, des toits à atteindre, des véhicules à sortir et une verticalité qui donne vite envie de quitter le chemin principal.

D’abord, il y a cette sensation assez rare dans un jeu LEGO : celle d’avoir carte blanche pour jouer au justicier. On peut se brancher sur la radio de la police, intercepter une alerte, foncer vers un cambriolage ou une agression, régler le problème, puis repartir vers autre chose. Une énigme de Cluemaster sur le chemin ? On s’arrête. Une course de rue ? On sort le bon véhicule. Un défi de combat ou d’acrobatie ? On y va. Gotham devient rapidement une suite d’occasions de jeu, avec cette boucle très efficace qui pousse à faire “juste une activité de plus”.

Ensuite, les déplacements apportent beaucoup à l’exploration. La Batmobile fait évidemment partie du plaisir, mais elle n’écrase pas tout le reste. La moto de Robin, la voiture de police de Gordon et les autres véhicules donnent chacun une petite couleur différente aux trajets. À pied, le grappin et le vol plané permettent de profiter de la hauteur des bâtiments, d’enchaîner les toits et de chercher les bons angles pour observer la ville. À ce niveau, l’ombre d’Arkham Knight n’est jamais très loin, même si le jeu conserve son rythme LEGO et son accessibilité.

Plus concrètement, Gotham fonctionne parce qu’elle donne envie de s’y perdre. Les collectibles sont nombreux, les activités annexes tombent régulièrement sous les yeux, et le mode photo profite de panoramas qui mettent bien en valeur la ville. TT Games a compris que Batman sans Gotham perd une partie de sa force. Ici, la ville n’est pas seulement un hub géant : c’est un terrain de jeu pensé pour le mouvement, les détours et les petites interventions de justicier entre deux missions principales.
La Batcave, les costumes et les collectibles font tourner la boucle de progression
Comme souvent avec TT Games, la générosité passe aussi par la collection. LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir empile les éléments à débloquer, mais sans transformer la progression en usine à menus. La Batcave sert de point d’ancrage à tout ce système. On y revient pour souffler, consulter ses trouvailles, admirer les véhicules récupérés, changer de costume ou dépenser ses ressources.

Dans ce repaire installé sous le Manoir Wayne, le joueur retrouve tout ce qui donne envie de compléter un jeu LEGO. Les bolides s’exposent, les tenues se collectionnent, les récompenses s’accumulent et Bat-Mite permet d’acheter de nouveaux éléments. Ce n’est pas un simple menu déguisé : la Batcave a ce côté musée interactif qui colle bien au fantasme Batman. On a envie d’y passer, ne serait-ce que pour voir la collection grandir au fil des missions.

En parallèle, les briques dorées et les points de compétence ajoutent une petite couche de progression. Le jeu permet d’améliorer certains aspects, de prendre l’avantage en combat ou d’augmenter les gains, mais il ne tombe jamais dans un système RPG lourd. L’idée reste claire : donner aux joueurs réguliers de quoi optimiser leur aventure, sans perdre les plus jeunes ou ceux qui veulent simplement avancer dans l’histoire.
Cette accessibilité assumée se voit aussi dans le rythme des récompenses. Les missions principales, les activités secondaires, les énigmes et les accomplissements alimentent constamment la progression. Les complétistes auront de quoi faire, mais le jeu ne donne pas l’impression de retenir son contenu derrière des mécaniques trop opaques. On débloque, on expérimente, on retourne à Gotham, puis on revient à la Batcave avec l’envie de voir ce qui a changé.

Des combats accessibles, mais étonnamment solides
Sur le papier, personne n’attend forcément un combat design très poussé dans un jeu LEGO. On imagine quelques coups, des ennemis qui explosent en briques, des boss lisibles et une difficulté pensée pour le grand public. LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir garde cette base accessible, mais il va plus loin que le simple défouloir. C’est l’une de ses bonnes surprises.
D’abord, les affrontements reprennent plusieurs réflexes associés aux jeux Batman Arkham. Batman et ses alliés peuvent frapper, esquiver, parer et utiliser différents Bat-accessoires pour contrôler la situation. Il ne suffit pas toujours de marteler la touche d’attaque en attendant que tout le monde tombe. Certains ennemis demandent d’être étourdis, d’autres résistent davantage, et les plus gros adversaires obligent à mieux lire le rythme du combat.
Ensuite, les gadgets renforcent l’identité Batman. Ils ne servent pas uniquement à résoudre des puzzles ou à ouvrir des passages. En combat, ils permettent de casser la routine, d’interrompre un ennemi ou de créer une ouverture. Le système reste volontairement simple, mais il donne plus d’impact aux affrontements. On sent que TT Games a voulu conserver l’énergie immédiate d’un jeu familial tout en rappelant ce qui rend Batman agréable à contrôler dans un jeu d’action.
Les boss profitent aussi de cette approche. Chaque grand antagoniste impose sa petite logique, sa mécanique, sa manière d’être abordé. Le Joker, Mr Freeze, Poison Ivy, l’Homme-Mystère, Cluemaster ou Firefly ne sont pas de simples sacs à points de vie posés en fin de niveau. Les rencontres cherchent à varier les situations et à donner un vrai relief aux ennemis de Gotham. Tout ne demande pas une exécution millimétrée, mais les combats ont assez d’idées pour rester mémorables.

Reste la question de la difficulté. Par défaut, le jeu reste très permissif, avec des vies illimitées et des ennemis qui ne punissent pas violemment la moindre erreur. C’est cohérent avec le public visé. En revanche, le mode difficile change suffisamment la donne pour les joueurs qui veulent plus de résistance : vies limitées en mission, ennemis élite plus présents, dégâts accrus et affrontements qui demandent plus d’attention. Sans devenir un jeu exigeant, LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir trouve un bon équilibre entre confort familial et challenge modulable.
Un humour LEGO qui respecte le Chevalier noir
L’autre risque, avec Batman, c’était le ton. Trop sérieux, le jeu aurait perdu une partie de l’ADN LEGO. Trop parodique, il aurait pu casser ce qui rend Gotham et ses personnages intéressants. TT Games marche finalement sur une ligne assez fine, avec un humour bien présent, mais rarement envahissant.
Dans les faits, les gags fonctionnent surtout parce qu’ils viennent se poser sur des références solides. Le jeu détourne des scènes connues, rejoue certains codes visuels, glisse des ruptures absurdes et transforme plusieurs moments cultes en sketches de briques. Pourtant, Batman ne devient pas une simple caricature. Gotham garde son atmosphère nocturne, ses criminels, ses ruelles, ses toits et cette petite tension qui colle au personnage depuis des décennies.
Cet équilibre donne au jeu un ton légèrement plus mature que celui de certaines productions LEGO, sans jamais exclure le jeune public. Les blagues sont là, les situations absurdes aussi, mais elles ne prennent pas toute la place. TT Games laisse respirer les décors, les affrontements et les moments de découverte. On peut sourire devant une référence détournée, puis apprécier quelques minutes plus tard une traversée de Gotham en planant entre deux immeubles.
À ce niveau, le titre montre surtout un vrai respect pour son matériau de base. Les films, les séries, les comics et les différentes incarnations du héros ne sont pas utilisés comme une simple liste de clins d’œil. Ils nourrissent l’ambiance, les costumes, les personnages, les missions et la manière dont le jeu construit son monde. C’est ce qui lui permet de parler aux enfants sans donner aux fans l’impression que leur héros est traité par-dessus la jambe.
Notre avis sur LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir
Après plusieurs heures à patrouiller dans Gotham, à remplir la Batcave, à changer de costume, à poursuivre des criminels et à enchaîner les chapitres, LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir est finalement l’un des jeux LEGO les plus solides de TT Games. Pas seulement parce qu’il est généreux, mais parce que cette générosité sert vraiment l’univers de Batman. Le contenu ne donne pas l’impression d’être empilé au hasard. Il renforce l’idée d’un jeu construit autour de l’héritage du personnage.
D’abord, Gotham fonctionne. Sa liberté d’exploration, sa verticalité, ses alertes de police, ses activités annexes et ses nombreux collectibles donnent envie d’y revenir entre deux missions. Ensuite, les combats surprennent par leur densité, surtout pour un jeu LEGO. L’influence des Batman Arkham se ressent dans les esquives, les parades, les gadgets et la manière d’aborder certains ennemis, tout en restant assez accessible pour un large public.
Reste surtout cette impression assez rare : celle de jouer à un vrai jeu Batman sous habillage LEGO, et non à une simple adaptation humoristique. Le titre de TT Games respecte le Chevalier noir, ses alliés, ses ennemis et les nombreuses œuvres qui ont façonné son image. Il peut être drôle, parfois absurde, mais il garde suffisamment de noirceur et de classe pour ne pas trahir Gotham.
À nos yeux, ce nouvel opus est le meilleur jeu LEGO signé TT Games et le jeu DC le plus convaincant depuis Arkham Knight. Il est beau, complet, accessible, riche en références et porté par une vraie compréhension de ce qui rend Batman intéressant à jouer : une ville à protéger, des gadgets à utiliser, des ennemis à affronter et une mythologie à explorer brique après brique.
Points positifs
- Un Gotham ouvert et vertical qui donne envie d’explorer entre deux missions principales
- La richesse des références à Batman, entre films, séries, comics…
- Des combats plus solides qu’attendu pour un jeu LEGO, avec esquives, parades, gadgets et boss différenciés
- Une Batcave bien exploitée, qui sert de vrai hub pour les costumes, véhicules, collectibles et récompenses
- Le respect global de l’univers DC, avec un humour LEGO présent mais jamais trop envahissant
- Une aventure très accessible, pensée aussi bien pour les jeunes joueurs que pour les fans de longue date
- Le contenu annexe généreux, entre alertes de police, énigmes, courses, défis et objets à débloquer
- Une ambiance sombre bien conservée, malgré le ton familial propre aux productions TT Games
Points négatifs
- Quelques petits bugs de caméra ou de collision


