Invincible VS
Plateforme de test : PS5 Pro
Date de sortie : 30 avril 2026
Développeur : Quarter Up
Éditeur : Skybound Games
Style : Combat
Disponible sur :
Mark Grayson et Omni-Man règlent leurs comptes sur un nouveau terrain : celui du jeu de combat 3 contre 3. Avec Invincible VS, la violence du comics et de la série animée passe par des assists, des changements de personnages et des combos aériens qui rappellent clairement l’école Marvel vs. Capcom. Le résultat frappe vite, parfois fort, et il est temps pour nous vous livrer notre avis sur ce qui pourrait être la plus grosse pépite du genre Versus Fighting en 2026.
Invincible VS trouve sa place dans le combat 3v3
Avant même d’entrer dans les mécaniques, Invincible VS doit composer avec une réalité simple : toutes les licences de super-héros ne partent pas avec le même avantage. Marvel vs. Capcom pouvait compter sur Wolverine, Spider-Man et d’autres figures immédiatement identifiables. Dragon Ball FighterZ profitait de la présence de Son Goku et ses amis. Dans les deux cas, la notoriété des personnages ouvrait déjà la porte à un public plus large que celui des habitués du versus fighting.

Avec Invincible, le point d’entrée change. La franchise créée par Robert Kirkman n’a pas la reconnaissance mondiale de Marvel ou Dragon Ball, même si son adaptation animée a largement renforcé sa visibilité. Elle s’appuie surtout sur une identité plus adulte, plus brutale, avec des combats sanglants, une violence assumée et des tensions familiales qui donnent du poids aux affrontements. Dans l’esprit, la série se rapproche davantage de The Boys que des grands récits super-héroïques plus classiques.
C’est justement ce qui rend cette adaptation intéressante. Invincible VS ne peut pas simplement aligner des noms connus et attendre que la licence fasse le travail. Le jeu doit donner une vraie présence à Mark Grayson, Omni-Man et leurs alliés, tout en prouvant que cet univers fonctionne dans un cadre de tag fighter 3v3. Les duels violents, les retournements de situation et les confrontations père-fils collent naturellement au genre, mais les mécaniques doivent suivre derrière.
Le pari reste donc plus délicat qu’un crossover porté par des icônes déjà installées. Tatsunoko vs. Capcom l’avait montré à sa manière : un bon jeu de combat peut rester en retrait si le public connaît peu ses personnages. Invincible VS doit alors répondre à deux attentes : parler aux fans de la série, mais aussi convaincre les joueurs qui cherchent d’abord un versus fighting lisible, nerveux et assez profond pour durer.
Le savoir-faire des plus grands studios en héritage, mais un système pensé pour Invincible VS
Manette en main, l’influence de Marvel vs. Capcom 3 ou même Dragon Ball FighterZ se lit assez vite. Invincible VS reprend la logique du trois contre trois, avec des changements de personnages et des assists qui permettent de relancer le rythme, prolonger une pression ou transformer une ouverture en vrai combo. Le jeu ne cherche pas à masquer cette filiation, mais il l’adapte à une licence où chaque impact doit donner l’impression de faire mal.
Pour éviter de réserver cette formule aux seuls habitués du genre, le jeu mise sur une prise en main plutôt instantanée. Chaque combattant possède une attaque signature associée à un bouton dédié, tandis que les super coups passent par des commandes simples. Pas besoin, donc, d’apprendre une longue série d’inputs complexes pour produire des actions spectaculaires. La vraie exigence arrive plutôt dans le tempo, notamment lorsqu’il faut retarder une commande pour charger une jauge complète et déclencher une attaque ultime.

Une fois ce premier cap passé, le système révèle davantage de subtilités. Les combos aériens, les juggles et les assists deviennent rapidement le cœur des affrontements. Un joueur peut trouver une ouverture, envoyer l’adversaire en l’air, appeler un partenaire pour maintenir la pression, puis changer de personnage pour prolonger la séquence. C’est ce genre de gestion qui distingue une prise en main correcte d’une vraie maîtrise.
La composition d’équipe ajoute encore une couche à l’ensemble. Certains personnages misent sur la force brute, d’autres sur la pression, le contrôle de l’espace ou les enchaînements rapides. Le choix des trois combattants ne sert donc pas seulement à réunir ses favoris : il influence le rythme du match, les options défensives et les possibilités de combo. Le mode entraînement accompagne cette progression avec les bases attendues et quelques techniques plus avancées, sans donner l’impression d’un mur infranchissable dès les premières heures.

Rollback netcode, cross-platform et roster de 18 personnages : une base solide, mais étroite
Pour un jeu de combat moderne, l’expérience en ligne ne peut pas être traitée comme un simple bonus. Invincible VS l’a bien compris avec son rollback netcode cross-platform, pensé pour faciliter les matchs entre plateformes et limiter les sensations de décalage. C’est une base importante pour installer une communauté, surtout dans un genre où la qualité du online peut décider de la durée de vie d’un titre.
Le format 3v3 donne aussi au jeu une place identifiable dans le paysage actuel. Face à des références, Invincible VS mise sur une formule spectaculaire, très portée sur les assists et les relais offensifs. Reste que son potentiel compétitif dépendra surtout de l’équilibrage, de la variété des équipes et de la capacité du jeu à éviter que les mêmes compositions dominent trop vite les matchs en ligne.
C’est là que le lancement montre assez vite que le jeu aurait profité à avoir un peu plus de contenu. Avec 18 personnages jouables en saison zéro, le roster paraît plutôt court pour un jeu où chaque équipe en mobilise trois. Sur le papier, les styles couvrent plusieurs profils, entre combattants puissants, personnages plus rapides et approches plus techniques. Dans les faits, les combinaisons risquent tout de même de tourner assez vite, surtout si une poignée d’équipes se dégage rapidement comme plus efficace que le reste.

Cela ne veut pas dire que les combats manquent d’intérêt. Les bases fonctionnent, les affrontements restent lisibles et le système laisse de la place à l’expérimentation. Mais pour un jeu de combat en équipe, le volume du roster pèse davantage que dans un duel classique en un contre un. Invincible VS donne donc l’impression d’un titre déjà cohérent dans ses mécaniques, mais encore un peu juste dans l’ampleur de son contenu de départ.
Cell-shading, doublage et gore : Invincible VS garde le sang-froid de la série
Visuellement, Invincible VS comprend vite ce qu’il doit préserver. La direction artistique en cell-shading reprend l’esprit comics avec des personnages nets, colorés et proches de la page imprimée. Les animations restent lisibles, les impacts ont du poids, et le jeu évite de sacrifier la clarté des combats à la mise en scène. Pour un tag fighter rapide, ce point compte autant que le style graphique lui-même.
L’ambiance sonore est aussi très bonne. Les personnages profitent d’un doublage complet, avec des échanges qui donnent plus de relief aux confrontations. La bande-son accompagne les combats sans écraser les bruitages ni les répliques, tandis que les impacts rappellent constamment la brutalité de l’univers. Le jeu privilégie la sensation de choc, ce qui colle assez bien à Invincible.
Et forcément, ça saigne. Invincible VS conserve le sang, le gore et le langage cru associés à la licence. Le jeu ne va pas chercher la même surenchère que Mortal Kombat, mais il ne lisse pas non plus son matériau d’origine. Les affrontements gardent cette violence frontale qui distingue Invincible de nombreuses adaptations super-héroïques plus sages, avec une mise en scène qui assume la brutalité sans perdre la lisibilité du combat.

Versus, arcade et mode histoire : le contenu solo joue une carte importante
Côté modes de jeu, Invincible VS coche les cases attendues. Le titre propose du versus local, du versus en ligne et un mode arcade construit autour d’une progression contre l’intelligence artificielle. Ces options permettent d’enchaîner les matchs, de tester des compositions et de travailler ses automatismes hors ligne. Les extras, eux, restent plus modestes. Les couvertures de comics font plaisir aux fans, mais elles ne changent pas vraiment le poids global du contenu annexe.
Le vrai morceau solo se trouve plutôt dans le mode histoire. Le jeu y met en scène Mark Grayson, ses alliés et Omni-Man, avec une dynamique père-fils qui colle naturellement aux codes du jeu de combat. Les conflits familiaux ont toujours eu leur place dans le genre si on regarde par exemple Tekken, et Invincible VS peut s’appuyer sur cette tension pour donner plus de sens à ses affrontements.
Avec une présentation qui colle à ce concept, l’immersion se veut totale. Les cinématiques complètes, le doublage et les transitions vers les combats évitent l’effet simple succession de duels. Les décors dynamiques donnent aussi plus de relief aux affrontements, en installant une mise en scène plus proche d’un épisode interactif que d’un mode arcade rallongé. Pour les joueurs qui découvrent Invincible par le jeu, ce mode peut donc servir de point d’entrée sans demander de connaître toute la série au préalable.
Un jeu de combat qui mérite notre attention
Le jeu Invincible VS mériterait clairement plus d’attention par les fans du genre. Le soft mise donc avant tout sur ses sensations de combat pour un très bon rendu manette en mains. Quand les assists s’enchaînent, que les personnages passent le relais au bon moment et que les combos aériens commencent à s’étirer, le jeu trouve son rythme. Le rollback netcode, la direction artistique fidèle et le mode histoire renforcent cette base, mais le lancement reste contenu : 18 personnages, des extras assez légers et une offre qui repose surtout sur l’envie de rejouer, tester d’autres équipes et creuser les mécaniques.
Points positifs
- Un système de combat 3v3 accessible et nerveux
- Le jeu s’offre une vraie profondeur grâce aux assists et aux combos aériens
- Une adaptation fidèle de l’univers Invincible
- La direction artistique en cell-shading réussie
- Un mode histoire plus consistant que les autres contenus solo
- Un rollback netcode cross-platform rassurant pour le online
Points négatifs
- Une saison zéro encore légère en contenu
- Des extras assez secondaires
- Un risque de compositions d’équipes répétitives


