Le prochain film Resident Evil ne cherchera pas à remettre Leon, Claire ou Jill au centre de l’affiche. Réalisé par Zach Cregger, le long-métrage s’appuie sur la période de Resident Evil 2, mais choisit de suivre Bryan, un personnage créé pour le cinéma et incarné par Austin Abrams. Un choix qui déplace le regard : ici, l’horreur de Raccoon City sera vécue par un homme ordinaire, pas par un survivant déjà taillé pour l’action.
Resident Evil 2, Bryan et Raccoon City : une nuit d’horreur vue à hauteur humaine
La nouvelle adaptation de Resident Evil prévue pour ce 16 septembre semble prendre une voie assez différente des précédents films. Là où la saga cinéma a longtemps privilégié l’action, les mutations spectaculaires et les écarts marqués avec les jeux, Zach Cregger veut repartir d’un principe plus proche du survival horror : un personnage mal préparé, des munitions limitées, une ville qui s’effondre et une menace qui dépasse rapidement ce qu’il peut comprendre.

Bryan n’est donc pas un nom oublié du lore Capcom. Il n’apparaît ni dans les jeux principaux, ni dans les ramifications connues de la licence. C’est un protagoniste inédit, pensé pour incarner une réaction plus proche de celle d’un joueur placé brutalement dans l’univers de Resident Evil. Zach Cregger l’a résumé de manière assez claire : Austin Abrams joue, selon lui, une forme d’avatar, une projection de ce que pourrait ressentir quelqu’un de normal face à une créature mutante, sans entraînement militaire ni réflexes de héros.
Ce point est important pour comprendre la direction du film. Bryan n’est pas présenté comme un équivalent de Leon Kennedy, capable de garder son calme au milieu d’une catastrophe biologique. Il est décrit comme un homme lambda, athlétique sans être un combattant, bien intentionné, mais rapidement dépassé par ce qui lui tombe dessus. L’intérêt du personnage repose donc moins sur sa puissance que sur sa vulnérabilité. Dans un univers où l’on a souvent vu des héros manier fusils, lance-roquettes et acrobaties improbables, ce retour à une peur plus immédiate peut donner au film une identité plus proche des premiers jeux.
Le cadre, lui, renvoie directement à Resident Evil 2. Zach Cregger situe son récit dans cette même nuit de chaos à Raccoon City, tout en assumant quelques ajustements pour des raisons dramatiques. Le film ne devrait donc pas raconter une nouvelle fois le parcours de Leon et Claire, mais suivre une trajectoire parallèle : celle de Bryan, chargé de transporter quelque chose d’un endroit à un autre alors que la ville sombre dans l’infection. Ce principe de déplacement, très simple sur le papier, colle plutôt bien à l’ADN de la série. Dans Resident Evil, avancer d’une pièce à l’autre, gérer ses ressources et choisir quand fuir ou combattre font partie de la tension.
Cregger semble aussi vouloir reprendre la logique de progression propre aux jeux. Dans ses déclarations, il évoque une montée en équipement qui commence par un pistolet, passe par un fusil à pompe, puis peut aller vers une arme plus avancée comme un MP5. Ce n’est pas un détail anodin. Dans les meilleurs épisodes de la licence, les armes ne sont pas seulement des outils de défense : elles racontent aussi l’évolution du joueur, son rapport au danger et sa capacité à tenir un peu plus longtemps dans un environnement hostile.

Reste à voir comment cette idée se traduit à l’écran, mais l’intention donne déjà une direction plus lisible au projet. Le film ne semble pas vouloir empiler les références pour flatter les fans, ni reprendre mécaniquement les scènes connues de Resident Evil 2. Il cherche plutôt à utiliser Raccoon City comme terrain d’horreur, avec un personnage neuf pour éviter de se retrouver coincé par les attentes liées aux héros historiques. C’est un pari moins évident qu’un film centré sur Leon ou Claire, mais aussi plus souple pour raconter une histoire qui existe à côté du jeu sans le recopier.
Le premier trailer laisse d’ailleurs entrevoir un film davantage tourné vers l’ambiance que vers l’iconographie pure de la saga. Certains fans pourront trouver que l’ensemble ne ressemble pas immédiatement à Resident Evil, surtout si l’on attend les codes visuels les plus identifiables de Capcom. Mais cette distance peut aussi permettre à Zach Cregger de reconstruire la tension autrement, en repartant d’un point simple : que ferait une personne normale si elle croisait un chien mutant, une arme à la main, avec quelques balles dans le chargeur et aucune idée de ce qui l’attend au coin de la rue ?
Ce nouveau Resident Evil est attendu au cinéma en septembre. Il s’inscrit dans la timeline de Resident Evil 2, mais à travers une histoire parallèle centrée sur Bryan, un protagoniste inédit conçu pour ramener l’horreur biologique à une échelle plus humaine.


