LEGO Batman: Legacy of the Dark Knight
Plateforme de test : Nintendo Switch 2
Date de sortie : 18 septembre 2026
Développeur : Tt Games
Éditeur : Warner Bros. Entertainment
Style : Aventure
Disponible sur :
LEGO Batman : L’Héritage du Chevalier Noir part d’une idée que beaucoup de fans du Chevalier Noir ont probablement déjà imaginée : prendre la formule des Batman Arkham et la reconstruire entièrement avec des briques LEGO. Sur le papier, le mariage paraît presque trop évident. Gotham devient un monde ouvert, Batman virevolte entre les immeubles avec son grappin, distribue des baffes à des groupes de malfrats et prend le volant de sa Batmobile quand marcher devient trop fatigant. TT Games ne cache clairement pas ses influences. Reste à savoir si la recette fonctionne aussi bien une fois passée sur Nintendo Switch 2.
Un Batman qui mélange les époques sans perdre le fil
Plutôt que de choisir une période précise de la longue carrière de Bruce Wayne, TT Games a décidé de piocher un peu partout. Films, comics, jeux vidéo : plusieurs décennies de Batman passent à la moulinette LEGO pour raconter une nouvelle version des origines du héros. On reconnaît immédiatement certaines situations, certains personnages ou quelques morceaux de dialogues, mais le studio les assemble suffisamment différemment pour éviter l’impression de revoir une histoire déjà racontée une dizaine de fois.

Ce mélange fonctionne surtout parce que le jeu connaît très bien son sujet. L’humour LEGO reste évidemment présent, avec son lot de gags visuels et de catastrophes provoquées par des personnages en plastique, mais les meilleures blagues se cachent parfois dans les dialogues. Lorsque Ra’s al Ghul explique qu’il possède un « ensemble particulier de compétences », difficile de ne pas penser à Taken et à Liam Neeson, qui incarnait justement le personnage dans la trilogie Batman de Christopher Nolan. Ce genre de clin d’œil apparaît régulièrement sans casser le rythme de l’aventure, et chacun devrait finir par tomber sur une référence liée à son Batman préféré.
Cette façon de mélanger les générations ne sert d’ailleurs pas uniquement le scénario. Elle donne aussi une vraie cohérence à tout ce que l’on débloque progressivement, puisque L’Héritage du Chevalier Noir ressemble parfois à une énorme boîte remplie de souvenirs consacrés au héros.
Quand LEGO Batman se prend pour Batman Arkham
Une fois dans les rues de Gotham, les références deviennent beaucoup moins discrètes. Il suffit de lancer un combat pour comprendre où TT Games est allé chercher ses idées. Les affrontements reprennent largement le rythme des Batman Arkham, avec des groupes d’ennemis à enchaîner, des attaques à contrer au bon moment et cette sensation agréable de passer d’un adversaire à l’autre sans casser le mouvement.

Le studio conserve néanmoins l’accessibilité habituelle des jeux LEGO. Ceux qui veulent simplement avancer dans l’histoire peuvent choisir une difficulté plus tranquille, tandis qu’un réglage plus exigeant rapproche davantage l’expérience des aventures de Rocksteady. Dans ce cas, les erreurs coûtent cher et mieux vaut surveiller attentivement les contres. Ce système permet au jeu de conserver son côté familial sans transformer Batman en distributeur automatique de baffes pour ceux qui veulent un minimum de résistance.
Gotham reprend elle aussi beaucoup d’idées des Arkham. Batman utilise son grappin pour atteindre les toits, plane entre les immeubles, intervient sur des crimes et tombe régulièrement sur des énigmes du Sphinx. La ville déborde également de collectibles et de Wing Tech servant à améliorer les gadgets, ce qui donne une bonne raison de quitter l’itinéraire principal. Quand la distance devient trop importante, la Batmobile entre en scène. Bonne nouvelle pour ceux qui ont encore des souvenirs douloureux d’Arkham Knight : personne ne vous oblige à transformer chaque trajet en bataille de chars.

TT Games ajoute ensuite sa propre manière de fonctionner. Batman n’agit pas toujours seul et plusieurs séquences demandent d’exploiter les capacités de son partenaire. James Gordon l’accompagne notamment pendant une partie de l’aventure, avec ses propres gadgets et plusieurs interactions spécifiques. La relation entre les deux rappelle forcément The Batman, où Gordon suivait presque constamment le justicier pendant son enquête. Ici, cette coopération sert directement les puzzles et évite que l’exploration de Gotham ressemble à une simple copie d’Arkham habillée en LEGO.
Des dizaines de Batman dans la même Batcave
À force de fouiller la ville, une autre partie du jeu commence à prendre de l’importance : la collection. Et sur ce terrain, TT Games s’est fait plaisir. Les costumes rendent hommage à de nombreuses incarnations de Batman, avec notamment les versions associées à Christian Bale et Robert Pattinson, sans oublier des références beaucoup plus anciennes comme Adam West.
Même traitement pour les véhicules. Il est possible de parcourir Gotham avec la Batmobile de The Batman, puis de changer complètement d’époque en sortant le Tumbler de la trilogie Nolan. Certains éléments peuvent également être personnalisés grâce à différents modificateurs, tandis que les compétences et améliorations de gadgets permettent de faire évoluer Batman au fil de la progression.

Cette avalanche de contenu donne rapidement envie d’aller voir derrière chaque bâtiment ou de résoudre une énigme supplémentaire. C’est justement pour cette raison que le choix de réserver plusieurs costumes à l’édition Deluxe passe moins bien. Dans un jeu qui récompense constamment la curiosité, débloquer une tenue emblématique après avoir retourné Gotham aurait eu beaucoup plus de sens que de sortir sa carte bancaire.
La Switch 2 encaisse correctement Gotham, mais reste à 30 fps
C’est évidemment le point qui nous intéresse le plus ici. LEGO Batman : L’Héritage du Chevalier Noir tourne à 30 images par seconde sur Nintendo Switch 2, aussi bien lors des combats que pendant l’exploration. Le chiffre risque d’en refroidir certains avant même d’avoir lancé le jeu, surtout sur une machine capable de faire tourner plusieurs titres à 60 fps. Dans les faits, le résultat passe pourtant beaucoup mieux que prévu.
En mode docké, je n’ai rencontré ni chute de framerate réellement gênante, ni retard perceptible dans les commandes. Batman répond correctement, les affrontements restent lisibles et les déplacements dans Gotham ne donnent jamais l’impression que la console peine à suivre. Les voyages rapides s’effectuent également sans attente interminable, ce qui évite de casser le rythme lorsqu’on veut passer d’une activité à l’autre.
Le mode portable conserve de son côté une image convaincante et ne transforme pas la ville en bouillie de pixels dès que l’écran quitte son dock. J’ai tout de même remarqué quelques micro-saccades supplémentaires, généralement très brèves et plus faciles à repérer qu’en jouant sur téléviseur. Rien qui m’ait empêché de poursuivre une mission ou de réussir un combat, mais la différence existe.
Alors oui, j’aurais évidemment préféré profiter d’un mode 60 fps, surtout avec un système de combat aussi directement inspiré d’Arkham. Mais TT Games a au moins privilégié une cadence stable plutôt qu’un framerate qui jouerait au yoyo dès que Gotham s’agite.
Une édition Deluxe qui enferme quelques-uns des meilleurs jouets
L’édition standard de LEGO Batman : L’Héritage du Chevalier Noir coûte 69,99 €, tandis que la Deluxe grimpe à 89,99 €. Sur Switch 2, la version physique utilise par ailleurs le format Game-Key Card, ce qui signifie que la cartouche sert principalement de clé pour télécharger les données du jeu.
Les vingt euros supplémentaires de la Deluxe donnent accès à plusieurs contenus, dont la Collection Héritage et la Collection Chaos. On y retrouve notamment des éléments tirés des jeux Arkham, de Batman Beyond, ainsi qu’un mode supplémentaire consacré à Joker et Harley Quinn et différents éléments cosmétiques.
Ajouter de nouvelles missions ou un mode de jeu dans une extension ne me choque pas particulièrement. Placer derrière un supplément plusieurs costumes directement liés à l’histoire de Batman me dérange davantage. Des tenues Arkham ou Batman Beyond auraient constitué d’excellentes récompenses après une série d’énigmes du Sphinx ou une longue chasse aux collectibles. Ici, elles donnent plutôt l’impression qu’une partie du coffre à jouets a été fermée avant la sortie.
C’est dommage, car tout le reste montre à quel point TT Games a compris ce qui rendait les jeux Batman amusants. L’Héritage du Chevalier Noir conserve les énigmes, l’humour et le plaisir de collectionner propres aux productions LEGO, tout en empruntant à Arkham ses combats, sa mobilité et son Gotham rempli d’activités. Sur Switch 2, les 30 fps constituent la principale concession technique, mais la stabilité générale permet rapidement de les oublier une fois lancé entre deux immeubles avec le grappin.
Points positifs
- Une excellente fusion entre LEGO et Batman Arkham
- Le Gotham ouvert, agréable à explorer
- Des combats nerveux et familiers pour les fans d’Arkham
- Une grande variété de costumes et de Batmobiles
- L’humour LEGO et les nombreuses références à l’univers Batman
- La bonne stabilité générale sur Switch 2
- Des réglages de difficulté adaptés à différents profils de joueurs
Points négatifs
- Le verrouillage à 30 fps sur Switch 2
- Quelques micro-saccades en mode portable
- Des costumes emblématiques réservés aux contenus payants
- Le format Game-Key Card pour l’édition physique Switch 2


