Dix ans après la sortie de The Last Guardian, Fumito Ueda est revenu sur scène durant le Summer Game Fest avec Gen Atlas, un nouveau projet de science-fiction développé par le studio GenDesign. L’occasion pour le créateur japonais d’évoquer auprès du site VGC plus en détail cette aventure centrée sur des robots géants, tout en revenant sur sa manière de concevoir ses jeux.
Le directeur de Ico, Shadow of the Colossus et The Last Guardian reconnaît que ses productions demandent souvent plusieurs années de développement. Pourtant, il refuse l’étiquette de perfectionniste. Selon lui, son objectif reste toujours de concrétiser sa vision “le plus rapidement possible”, même si différents obstacles rallongent naturellement le processus. Ueda précise d’ailleurs que le développement de Gen Atlas n’a réellement commencé qu’aux alentours de 2020, une fois les premières années de structuration de son studio derrière lui.
Des robots géants, un monde abandonné et un gameplay mystérieux
Dans Gen Atlas, le joueur incarne un protagoniste qui se réveille sur une immense planète désertée, recouverte de ruines mécaniques et des carcasses de robots colossaux. En explorant cet univers abandonné, il sera possible d’utiliser la puissance de ces machines pour ouvrir de nouveaux passages et modifier l’environnement.
Dans les faits, Ueda explique que l’idée des robots géants est arrivée avant même celle de l’univers de science-fiction. Le créateur affirme avoir d’abord imaginé ces immenses créatures mécaniques avant de chercher quel type de monde, d’ambiance et de ton pourrait fonctionner autour de ce concept. C’est progressivement que le projet a pris une direction plus futuriste.
Les premières séquences de gameplay présentées à huis clos montrent un personnage capable d’escalader des structures rocheuses, de traverser les environnements à l’aide de propulseurs et de piloter ces gigantesques robots pour détruire certains éléments du décor ou traverser les airs. Malgré tout, GenDesign reste volontairement discret sur la structure exacte du gameplay. Ueda souhaite avant tout préserver le sentiment de découverte et de mystère qui entoure l’expérience.
Le game designer explique également vouloir proposer quelque chose de familier dans sa prise en main, tout en y ajoutant des mécaniques ou des variations capables de renouveler l’expérience. Une philosophie qui rappelle forcément ses précédentes productions, connues pour leur mélange d’exploration, de contemplation et de créatures gigantesques.
D’ailleurs, le créateur japonais comprend que certains joueurs considèrent déjà Gen Atlas comme une sorte de “quatrième volet spirituel” après Ico, Shadow of the Colossus et The Last Guardian. Même s’il confirme qu’il n’existe aucun lien narratif direct entre ces jeux, il reconnaît que plusieurs thèmes reviennent naturellement dans ses créations, notamment son intérêt pour les êtres gigantesques et les univers mélancoliques.
Autre élément qui a surpris les joueurs après la diffusion du trailer : la présence d’armes à feu et de séquences de tir. Une nouveauté rare dans les productions de Ueda. Le développeur explique pourtant que cette approche lui semblait cohérente avec l’univers de Gen Atlas. Selon lui, les mécaniques de tir n’auraient pas eu leur place dans ses anciens jeux, mais elles s’intègrent ici de manière naturelle au contexte de science-fiction et aux robots géants.
Cette fois, le projet est édité par Epic Games et sortira sur plusieurs plateformes, une première dans la carrière de Ueda. Le créateur affirme que l’éditeur lui laisse une grande liberté créative et qu’aucune intervention n’a modifié la direction artistique ou la vision du projet.
À 56 ans, le créateur reconnaît également être conscient que le temps passe et que les longues périodes de développement pourraient limiter le nombre de projets qu’il réalisera encore dans sa carrière. Malgré tout, il explique avoir toujours travaillé avec cet état d’esprit : considérer chaque jeu comme si c’était peut-être le dernier.
“Je donne absolument tout sur chaque projet”, affirme-t-il, précisant que le succès ne dépend pas uniquement des ventes ou des critiques, mais surtout de sa satisfaction personnelle une fois le jeu terminé. Ueda insiste également sur le fait qu’il ne recherche pas une perfection impossible à atteindre, mais plutôt le meilleur résultat réalisable avec le temps et les ressources disponibles.
Selon Epic Games, la sortie de Gen Atlas serait d’ailleurs “plus proche qu’on ne le pense”.


