Razer n’a jamais cherché à faire de la gamme Basilisk une série de souris poids plume. Avec la Basilisk V4 Pro, le constructeur reste fidèle à cette idée : beaucoup de boutons, une vraie forme ergonomique, une molette très travaillée et suffisamment de fonctions pour couvrir aussi bien le jeu que l’utilisation quotidienne.
Cette nouvelle génération affine tout de même la recette. Razer lui ajoute un capteur Focus Pro 50K Gen 3, une connexion HyperSpeed Wireless Gen 2 jusqu’à 8 000 Hz, 14 commandes personnalisables et une molette HyperScroll encore plus complète. La souris perd aussi quelques grammes, même si elle dépasse toujours légèrement les 100 grammes avec le module de recharge installé.
Sur le papier, ça la place très loin des Viper et autres modèles e-sport ultralégers. En main, la différence se ressent, forcément. Mais la Basilisk V4 Pro joue une autre carte : celle d’une souris plus massive, plus polyvalente et pensée pour ceux qui préfèrent avoir beaucoup de fonctions sous les doigts plutôt qu’une coque allégée au maximum.

Une forme caractéristique qui privilégie le confort
Pas besoin de regarder le logo pour reconnaître une Basilisk. Razer conserve cette silhouette assez imposante, exclusivement pensée pour les droitiers, avec un repose-pouce prononcé et une coque qui vient naturellement remplir la paume. Nous sommes loin des souris e-sport symétriques aux formes minimalistes : ici, chaque courbe sert à guider la main vers une position bien précise.

La prise en main fonctionne particulièrement bien avec une préhension de type palm ou claw. Nos doigts trouvent rapidement leur place, tandis que le pouce repose naturellement sur son support sans frotter contre le tapis. Comme toujours avec une souris aussi typée, la morphologie entre forcément en ligne de compte. Les petites mains ou les adeptes du fingertip auront davantage de mal à profiter pleinement de ses dimensions.
En revanche, la fabrication ne prête guère à discussion. Même en exerçant une pression assez importante sur les flancs ou le dessus de la coque, nous n’avons constaté ni flexion inquiétante, ni craquement parasite. Tout paraît correctement assemblé et la Basilisk conserve cette sensation de périphérique dense que l’on connaissait déjà sur les précédentes générations.
Razer a malgré tout grappillé une douzaine de grammes par rapport au modèle précédent. Cela ne transforme pas pour autant la V4 Pro en souris ultralégère. Dès les premiers mouvements, son inertie se ressent davantage que sur une Viper ou une DeathAdder orientée compétition.
Heureusement, les larges patins en PTFE font une bonne partie du travail. Sur un tapis adapté, la Basilisk glisse sans résistance excessive et paraît plus vive que sa masse pourrait le laisser penser. Lors des mouvements amples, elle conserve forcément davantage d’inertie qu’un modèle de 50 ou 60 grammes, mais nous n’avons jamais eu l’impression de devoir lutter contre elle.

Beaucoup de boutons, mais une disposition qui reste logique
La profusion de commandes constitue depuis longtemps l’un des principaux arguments de la gamme et Razer ne change pas de direction. Quatorze contrôles personnalisables sont disponibles sur la Basilisk V4 Pro, sans pour autant transformer sa coque en sapin de Noël rempli de boutons impossibles à distinguer.
Sous le pouce se trouvent les commandes latérales habituelles ainsi qu’une gâchette multifonction facilement accessible sans modifier la prise. Plus haut, les clics principaux sont accompagnés de commandes supplémentaires tandis que la molette elle-même peut être inclinée vers la gauche ou vers la droite. Tout ne servira évidemment pas dans chaque jeu, mais cette disposition prend rapidement son sens dès que l’on commence à attribuer des actions spécifiques.
Dans un FPS, le bouton de pouce peut par exemple servir à modifier temporairement la sensibilité, déclencher une compétence ou effectuer une action secondaire. Un jeu de stratégie ou un MMO permet déjà d’exploiter beaucoup plus largement les commandes disponibles. Hors gaming, rien n’empêche non plus d’y associer les fonctions copier/coller, des commandes multimédias ou des raccourcis utilisés dans un logiciel de montage.
C’est justement le logiciel gratuit Synapse qui permet de donner une véritable utilité à cette abondance de boutons. Presque chaque commande peut être réaffectée, tandis que Razer HyperShift ajoute une seconde couche de fonctions. En maintenant la touche choisie comme modificateur, un même bouton peut donc exécuter une autre action.
On passe ainsi rapidement de 14 commandes physiques à un nombre de possibilités nettement supérieur sans ajouter quoi que ce soit sur la coque. Le système demande un petit temps de configuration au départ, mais il évite surtout de figer la Basilisk dans un seul type d’utilisation. Une configuration dédiée au jeu n’a aucune raison de ressembler à celle utilisée pour travailler.

HyperScroll Gen 2 : une molette capable de changer de caractère
Au milieu de toutes ces commandes, l’HyperScroll Tilt Wheel Gen 2 mérite une attention particulière. Razer ne l’utilise plus comme une simple roue permettant de parcourir une page ou de changer d’arme : plusieurs comportements sont disponibles selon le niveau de précision recherché.
Le mode tactile classique propose 24 crans bien identifiables, avec suffisamment de résistance pour passer précisément d’une commande à une autre. En augmentant la finesse, le mode 48 crans multiplie les étapes de défilement et se montre plus adapté aux petites corrections.

À l’autre extrême, le défilement libre retire pratiquement toute résistance. Une impulsion franche suffit alors pour faire tourner la molette librement et traverser rapidement un document, une page web interminable ou une longue liste.
Notre préférence va néanmoins à la molette intelligente. Plutôt que de demander au joueur de choisir constamment son mode, la souris adapte automatiquement le comportement de la roue. Faites-la tourner lentement et les crans restent présents. Donnez-lui une impulsion plus énergique et elle passe en rotation libre avant de retrouver son fonctionnement tactile lorsqu’elle ralentit.

Dans les faits, cette transition devient vite naturelle. On conserve la précision nécessaire pour naviguer dans un inventaire, puis on peut faire défiler une longue page sans appuyer sur un bouton supplémentaire. Voilà typiquement le genre de fonction qui paraît accessoire sur une fiche technique mais que l’on finit réellement par utiliser une fois la souris configurée.
Les clics principaux profitent quant à eux des switches optiques Razer Gen 4, annoncés pour 100 millions d’activations. Leur déclenchement demande peu de force, avec une course courte et très peu de pré-travel. Le retour est assez sec et sonore, mais surtout immédiat sous le doigt. Nous n’avons relevé aucun comportement irrégulier entre les deux boutons principaux pendant notre utilisation.
Focus Pro 50K Gen 3 : beaucoup de chiffres, mais surtout un suivi propre
Côté capteur, Razer sort l’artillerie lourde avec son nouveau Focus Pro 50K Gen 3. Celui-ci grimpe jusqu’à 50 000 DPI, supporte une vitesse de suivi de 930 IPS et une accélération maximale de 90 G.
Autant le dire tout de suite : jouer réellement à 50 000 DPI n’a guère de sens pour la grande majorité des utilisateurs. Une fiche technique peut empiler les zéros, ce qui nous intéresse surtout sur une souris haut de gamme reste sa capacité à reproduire fidèlement nos mouvements sans décrochage ou variation imprévisible.

Sur ce terrain, la Basilisk V4 Pro ne nous a posé aucun problème. Les petits ajustements restent précis et les mouvements beaucoup plus secs sont correctement suivis. Nous n’avons rencontré ni perte de tracking ni déplacement inhabituel du curseur susceptible de remettre en question le comportement du capteur.
Razer laisse toutefois beaucoup de liberté à ceux qui aiment ajuster leur matériel au millimètre. Via Synapse, il est possible de modifier les paliers de DPI, la distance de soulèvement ou encore plusieurs paramètres liés au comportement du capteur. Dynamic Sensitivity permet par exemple de faire évoluer la sensibilité selon la vitesse du mouvement, alors que Mouse Rotation compense une souris tenue légèrement en biais.
Plus particulière, la fonction 180 Parfait vise principalement les joueurs utilisant une faible sensibilité dans les FPS. Elle permet de calibrer un mouvement afin d’effectuer rapidement un demi-tour. Ce n’est clairement pas une fonction que tout le monde activera, mais elle montre jusqu’où Razer pousse les possibilités de réglage.

8 000 Hz sans fil : faut-il vraiment aller aussi haut ?
Le Focus Pro 50K travaille avec une autre évolution importante de cette génération : HyperSpeed Wireless Gen 2. La Basilisk V4 Pro peut atteindre un polling rate de 8 000 Hz, aussi bien sans fil qu’en connexion USB.
À 1 000 Hz, une souris communique déjà avec le PC mille fois par seconde. Passer à 8 000 Hz réduit encore l’intervalle entre deux rapports, ce qui peut améliorer la régularité des mouvements à très haut framerate. Razer associe également cette technologie à Frame Sync afin de synchroniser plus précisément les informations relevées par le capteur avec leur transmission au système.
Sur un écran rapide et avec un PC capable de générer beaucoup d’images par seconde, cette hausse peut apporter un mouvement légèrement plus direct et régulier. Elle ne change cependant pas radicalement l’expérience du jour au lendemain. Sur un écran 60 ou 120 Hz, l’intérêt d’un polling à 8 000 Hz devient forcément beaucoup plus difficile à percevoir.
Mieux vaut également éviter d’activer systématiquement le réglage maximum simplement parce qu’il existe. Plus la fréquence augmente, plus le PC doit traiter de données et plus la souris consomme d’énergie. 1 000 ou 2 000 Hz suffisent déjà très largement à de nombreux usages, tandis que les fréquences supérieures prennent davantage de sens sur une configuration orientée jeu compétitif.

Razer annonce jusqu’à 200 heures d’autonomie en HyperSpeed Wireless à 1 000 Hz. Là encore, il faut considérer ce chiffre dans son contexte : monter à 4 000 ou 8 000 Hz réduira logiquement le temps entre deux charges.
Le Bluetooth complète l’ensemble pour les situations où la latence importe moins. Pour travailler sur un portable ou passer rapidement d’une machine à une autre, il permet de préserver davantage la batterie sans monopoliser un récepteur USB. Enfin, le branchement filaire reste disponible pour recharger la souris tout en continuant à l’utiliser.
Le RGB sort enfin de sous la paume
Difficile d’imaginer une Basilisk haut de gamme sans éclairage Chroma, mais Razer a au moins eu la bonne idée de placer ses LED là où elles restent visibles.
Au lieu de concentrer le RGB sur un logo immédiatement recouvert par la main, sept zones d’éclairage entourent notamment la partie inférieure de la coque et la molette. Le halo se diffuse ainsi directement sur le tapis, ce qui donne davantage de relief aux effets lumineux sans gêner la prise en main.
Synapse permet évidemment de synchroniser l’ensemble avec les autres appareils compatibles Razer Chroma, de choisir les effets ou de modifier les couleurs zone par zone. Ceux qui possèdent déjà un clavier, un casque ou d’autres périphériques de la marque peuvent donc conserver une configuration lumineuse cohérente sur tout le bureau.
On peut évidemment couper complètement le RGB si l’on préfère préserver la batterie. Mais quitte à embarquer autant de LED dans une souris, leur positionnement nous paraît ici nettement plus pertinent qu’un simple logo lumineux caché sous la main.

Une Basilisk fidèle à sa formule
Après plusieurs jours d’utilisation, la Basilisk V4 Pro laisse surtout une impression de cohérence. Razer n’a pas essayé de transformer sa souris ergonomique en modèle e-sport à tout prix, et c’est probablement la meilleure décision prise ici. Son poids pourra rebuter les amateurs de périphériques ultralégers, mais il accompagne une prise en main stable, une molette très agréable, beaucoup de commandes et un niveau de personnalisation rarement pris en défaut.
Ce qui fait la différence, au final, ce n’est pas la course aux 50 000 DPI ou aux 8 000 Hz. C’est la manière dont toutes ces fonctions s’intègrent dans un ensemble pensé pour être utilisé plusieurs heures par jour, aussi bien en jeu qu’en dehors. Ce nouveau modèle reste une souris de niche au sens noble du terme : elle assume son format, son poids et sa philosophie. Et quand cette philosophie correspond à votre manière de jouer, difficile de lui reprocher de ne pas faire semblant d’être autre chose.
RAZER Basilisk V4 Pro
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Points positifs
- Une ergonomie très réussie pour les droitiers
- La molette HyperScroll particulièrement polyvalente
- Des boutons nombreux et bien placés
- Une personnalisation très poussée via Synapse et HyperShift
- Le capteur Focus Pro 50K très précis
- Une connexion sans fil jusqu’à 8 000 Hz
- Les switches optiques réactifs
- Un RGB bien intégré à la coque
Points négatifs
- Un poids encore élevé face aux souris ultralégères
- La forme imposante qui ne conviendra pas à toutes les mains
- Les 8 000 Hz peu utiles pour une grande partie des joueurs
- Une autonomie qui baisse sensiblement à haute fréquence de polling
- Le format très typé droitier qui limite forcément le public






