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Critique – Marty Supreme,

Marty Supreme met en scène Marty Mouser, incarné par Timothée Chalamet, joueur de ping-pong new-yorkais déterminé à participer à un championnat organisé à Tokyo. Derrière cette trajectoire sportive en apparence classique, le film adopte une approche plus nerveuse et instable. Réalisé par Josh Safdie, le long-métrage s’éloigne rapidement du simple récit de compétition pour suivre un personnage dont l’obsession principale reste l’argent et la survie financière.

Une trajectoire vers Tokyo sous tension permanente

Le scénario repose sur une mécanique répétitive : Marty enchaîne les combines afin de financer son déplacement vers le tournoi japonais. Chaque tentative semble le rapprocher de son objectif, puis un imprévu vient compromettre ses plans. Cette succession d’arnaques avortées structure le récit et installe une pression constante. Le film privilégie ainsi l’urgence économique et le chaos des décisions impulsives plutôt que la progression sportive traditionnelle attendue dans un film sur le ping-pong.

La mise en scène adopte un rythme soutenu qui rappelle l’énergie observée dans Uncut Gems. Les séquences s’enchaînent avec peu de respiration, accentuant la sensation d’étouffement. Le spectateur suit un protagoniste qui calcule, improvise et chute, avant de relancer immédiatement une nouvelle tentative. Le sport agit ici comme toile de fond, tandis que la tension financière constitue le véritable moteur narratif.

Timothée Chalamet face à un anti-héros assumé

L’intrigue s’articule autour d’un anti-héros dont la priorité reste la réussite financière immédiate. Le championnat de Tokyo demeure un objectif affiché, mais il passe au second plan face aux stratégies risquées que Marty multiplie pour réunir les fonds nécessaires. Le long-métrage s’inscrit ainsi davantage dans le registre du drame centré sur l’arnaque et la débrouille que dans celui du film sportif classique.

Timothée Chalamet incarne un protagoniste volontairement difficile à apprécier. Marty manipule, négocie et provoque des situations qui finissent par se retourner contre lui. Cette caractérisation participe au caractère clivant du film. Une évolution du personnage apparaît brièvement dans les dernières minutes, sans modifier en profondeur sa trajectoire.

Autour du personnage principal, la distribution renforce cette tonalité instable. Odessa A’zion occupe une place notable dans l’entourage du joueur. Plusieurs figures issues du registre comique apparaissent également à l’écran. Le film intègre notamment Kevin O’Leary, connu pour l’émission Shark Tank, qui interprète son propre rôle. Ce choix brouille volontairement la frontière entre réalité et fiction.

Le personnage de Marty Mouser s’inspire d’un joueur réel de ping-pong, Marty Reisman, sans que le film adopte la structure d’un biopic traditionnel. Il ne s’agit pas d’une reconstitution fidèle d’une carrière sportive, mais d’une variation libre autour d’un compétiteur reconnu pour son talent et son tempérament. L’environnement dépeint demeure marqué par la rivalité et l’opportunisme. Dans ce cadre, le tournoi final ne constitue pas un point d’aboutissement héroïque, mais une étape supplémentaire dans un parcours dominé par la pression et l’instabilité.

Marty Supreme, vous ne voulez pas le manquer

Au terme de son parcours, Marty Supreme laisse une impression contrastée. Le film ne cherche ni à héroïser son protagoniste ni à proposer un modèle de réussite sportive. Au contraire, il expose frontalement les conséquences d’une logique fondée sur l’opportunisme et la prise de risque permanente. Cette approche peut désorienter une partie du public, notamment ceux qui attendent d’un récit centré sur le ping-pong une montée en puissance sportive ou un accomplissement final clairement valorisé.

La mise en scène nerveuse, associée à la performance engagée de Timothée Chalamet, maintient cependant une tension constante. Le spectateur observe un personnage qui avance par à-coups, échoue, puis relance aussitôt une nouvelle stratégie. Cette structure répétitive participe à l’identité du long-métrage et explique son caractère clivant.

En s’éloignant du biopic classique et du film sportif traditionnel, Marty Supreme adopte une trajectoire unique dans le paysage du cinéma contemporain. Le tournoi de Tokyo, plutôt qu’un aboutissement spectaculaire, fonctionne comme un révélateur du parcours chaotique de Marty. Le film propose ainsi une lecture plus âpre de l’ambition et de la réussite, sans en atténuer les zones d’ombre.

Terry 4WAG
Terry 4WAGhttps://www.4wearegamers.com/
Juste un homme qui donne vie à ses idées du haut de son clavier. Curieux de technologies et toujours enthousiaste pour les sorties vidéoludiques, je tâche de rester neutre sur un terrain ou une guerre de consoles inutile fait rage.

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