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TEST – Pragmata, un jeu à la dynamique qui fait mouche

Pragmata sur PS5

Pragmata

Plateforme de test : PS5 Pro

Date de sortie : 17 avril 2025

Développeur : Capcom

Éditeur : Capcom

Style : TPS

Note :
8/10

Disponible sur :

Après plusieurs années de reports et de silence, Pragmata arrive enfin avec une proposition plus claire qu’elle ne l’a longtemps laissé penser. Capcom livre ici un jeu d’action à la troisième personne construit sur une base connue, celle du shooter de science-fiction, mais articulé autour d’une mécanique centrale qui modifie immédiatement la lecture des affrontements. Le titre impose ainsi rapidement sa propre cadence grâce à l’association du tir, du piratage en temps réel et d’une mise en scène qui exploite pleinement son décor lunaire.

Un voyage sur la Lune qui installe rapidement ses enjeux

L’histoire place le joueur dans la peau de Hugh, un expert technique envoyé sur la Lune avec son équipe après la perte de contact avec la Terre. Une fois sur place, la mission prend un tour inattendu. Là où il s’attendait à retrouver une présence humaine, Hugh découvre au contraire un environnement vidé de ses occupants, envahi par des robots hostiles, des fonctions d’IA devenues incontrôlables et un système de production 3D à grande échelle parti dans toutes les directions à cause d’un séisme lunaire. C’est dans ce contexte qu’il croise Diana, un androïde appelé « Pragmata » conçu sous l’apparence et avec le comportement d’une petite fillette, avec qui il va devoir progresser pour comprendre ce qui a provoqué l’effondrement de cette infrastructure lunaire et tenter de rétablir un lien avec la Terre.

Le scénario reste attaché à des repères familiers du jeu vidéo et de la science-fiction, mais il pose efficacement son cadre. Les premières heures s’appuient moins sur les surprises du récit que sur la manière dont le jeu distribue ses informations, ses zones d’ombre et ses éléments de contexte. Diana occupe rapidement une place centrale dans cette installation narrative. Là où Hugh remplit un rôle de protagoniste assez fonctionnel, elle apporte une présence plus marquée, d’abord par son comportement, ensuite par la relation qui se construit progressivement avec lui. Sans bouleverser la formule du duo formé d’un adulte et d’un compagnon plus jeune, Pragmata trouve un ton juste dans leurs échanges et dans la façon dont cette relation soutient la progression du joueur.

Diana, la petite pragmata qui épaulera Hugh dans ses combats sur la Lune

Cette entrée en matière fonctionne aussi grâce à l’identité visuelle du jeu. Pragmata exploite un imaginaire science-fiction déjà balisé, mais le retravaille avec suffisamment de soin pour donner du relief à son univers. Les décors lunaires prennent souvent la forme de versions déformées, instables ou dérangeantes de lieux pourtant reconnaissables, ce qui renforce la sensation d’étrangeté qui accompagne l’exploration. Cette direction artistique s’étend également aux ennemis, avec une galerie de machines qui va bien au-delà du simple robot humanoïde, en multipliant les silhouettes, les comportements et les présences plus inquiétantes au fil de l’avancée. Avant même d’entrer dans le détail de ses systèmes, le jeu pose donc un cadre lisible, une mission claire et une ambiance qui soutient efficacement sa montée en tension.

Un système de hacking qui redéfinit les combats de Pragmata

Là où Pragmata trouve sa vraie singularité, c’est dans sa manière d’articuler le tir et le piratage. Vu de loin, le jeu reprend l’apparence d’un TPS de science-fiction assez classique, avec des affrontements à l’arme à feu, des déplacements lisibles et une progression linéaire. En pratique, les échanges reposent sur une logique différente. Les tirs de Hugh ne suffisent généralement pas à faire tomber rapidement les ennemis. Pour réellement exposer leurs points faibles, il faut passer par Diana et son système de hacking, qui intervient directement au cœur de l’action.

Le duo Diana et Hugh fonctionne parfaitement en combat

Quand le joueur vise une cible, un mini-jeu se superpose à l’affrontement et demande de naviguer dans un circuit en temps réel à l’aide des touches de la manette. L’objectif consiste à atteindre la sortie tout en traversant le plus de nœuds utiles possible afin d’amplifier l’effet du piratage. Sur le papier, l’idée pouvait facilement devenir lourde ou casser le rythme. Dans les faits, le jeu parvient à maintenir une bonne fluidité entre les deux actions. Le hacking ne remplace pas le tir, il l’encadre et lui donne un autre poids. Chaque engagement impose donc de lire la situation, d’ouvrir une faille chez l’ennemi, puis d’exploiter immédiatement cette fenêtre sous pression.

Cette mécanique prend une autre ampleur dès que les affrontements gagnent en densité. Face à plusieurs cibles, contre les mini-boss ou durant les combats de boss, Pragmata demande de gérer simultanément l’espace, les trajectoires adverses, les priorités de hacking et la réponse offensive la plus adaptée. C’est dans ces séquences plus chargées que le jeu affirme le mieux son identité. Le tir conserve des bases familières, mais le piratage y ajoute une tension constante, parce qu’il faut continuer à agir pendant que l’ennemi reste pleinement menaçant. Le résultat donne des combats rapides, lisibles et nettement plus actifs qu’un enchaînement de fusillades standard.

Armes, ennemis, capacités : une variété pensée pour le rythme

Cette solidité du système repose aussi sur la diversité des situations proposées. Les ennemis robotiques ne se distinguent pas uniquement par leur apparence. Chacun introduit une menace particulière, qu’il s’agisse de sa mobilité, de sa manière d’attaquer, de sa résistance ou des ouvertures qu’il laisse après un piratage. Le jeu pousse régulièrement à changer de méthode, surtout lorsqu’il mélange plusieurs catégories d’adversaires dans un même espace. Il faut alors décider rapidement quelle cible affaiblir, laquelle neutraliser en priorité et comment éviter qu’un type d’ennemi ne vienne perturber la gestion du reste du groupe.

L’arsenal accompagne bien cette logique. Pragmata ne se limite pas à des armes conçues pour infliger des dégâts bruts. Certaines sont plus adaptées au soutien défensif, d’autres à la gestion de groupes, tandis que plusieurs outils deviennent surtout efficaces dans des contextes précis. À cela s’ajoutent les capacités de Diana, qui ne servent pas seulement à rendre les ennemis plus vulnérables. Elle peut également les figer, relier plusieurs cibles pour appliquer des effets de groupe et ouvrir des options tactiques supplémentaires au milieu d’un affrontement déjà tendu. Ce mélange entre arme utilisée, type d’ennemi rencontré et hack déclenché donne au système un relief constant.

Le jeu agrémente encore cette base avec des mods, des aptitudes passives et différentes améliorations qui modifient progressivement la manière d’aborder les combats. Sans verser dans une personnalisation démesurée, il laisse assez de place pour ajuster son équipement en fonction de ses habitudes. Cette souplesse se ressent surtout dans les moments les plus exigeants, lorsqu’un boss ou une rencontre plus musclée oblige à revoir son approche. Pragmata réussit alors à rester nerveux tout en ménageant une vraie lecture tactique, ce qui évite à son action de se résumer à une simple succession d’affrontements spectaculaires.

Une progression dans un cadre linéaire bien exploité

Cette richesse du combat s’inscrit dans une structure très cadrée. Pragmata reste un jeu largement linéaire, qui guide le joueur d’une zone à l’autre tout en l’amenant régulièrement à revenir vers le refuge, son hub central auquel on pourra reprocher un petit manque de vie.

Les niveaux sont généralement compacts, avec des chemins secondaires, des raccourcis et quelques détours optionnels plutôt qu’une ouverture massive. Ce choix de design sert bien le rythme général. Le jeu avance avec constance, sans s’étirer inutilement, et évite que les retours après un échec ne deviennent trop pénibles, même si certaines séquences peuvent paraître un peu répétitives lors de plusieurs respawns successifs.

Les checkpoints disséminés dans les zones remplissent plusieurs fonctions. Ils servent de points de réapparition après la mort, mais aussi de relais pour revenir rapidement au hub. Cette organisation permet au jeu de garder une bonne cadence sans effacer l’intérêt de l’exploration. Plusieurs zones annexes contiennent des collectibles, des ressources ou des améliorations réellement utiles, ce qui donne une valeur concrète aux écarts par rapport au chemin principal. Le retour dans des secteurs déjà visités gagne également en intérêt lorsque de nouvelles capacités ouvrent l’accès à des passages auparavant bloqués.

Diana pourra collecter des artefacts ou des souvenirs de Terre

La progression suit la même logique de concentration. Le système d’amélioration reste lisible, mais suffisamment fourni pour proposer plusieurs axes d’évolution entre les armes, les capacités, les mods et les différents déblocages. Le joueur peut ainsi affiner son équipement sans se perdre dans une accumulation de systèmes. Quand un obstacle devient trop difficile à franchir immédiatement, revenir dans une zone antérieure pour récupérer davantage de ressources et améliorer son arsenal ne donne pas la sensation d’un détour artificiel. C’est aussi ce qui permet au jeu de conserver une montée en puissance régulière. Même en dehors des combats, les déplacements et les séquences de plateforme légère participent à cette sensation de progression continue, avec un maniement qui reste assez agréable pour soutenir l’exploration sans détourner l’attention de l’essentiel.

Une mise en scène technique solide au service d’un univers instable

Sur le plan visuel, Pragmata s’appuie sur une base esthétique familière, mais l’exécution lui permet de construire une identité plus nette qu’il n’y paraît au premier regard. Le jeu multiplie les décors qui semblent connus tout en affichant quelque chose de décalé, comme si l’environnement avait été reproduit puis altéré par un système devenu incapable de restituer le réel correctement. Cette sensation d’espace faussé soutient efficacement le ton du voyage sur la Lune et donne une cohérence forte à l’ensemble de la production.

Cette lecture passe aussi par le traitement des machines rencontrées. Les premiers ennemis adoptent des formes assez reconnaissables, entre unités humanoïdes et drones volants, puis la galerie s’élargit avec des silhouettes plus déformées et plus agressives à mesure que l’on avance. Cette évolution visuelle accompagne bien la montée en intensité du jeu et nourrit sa capacité à renouveler ses affrontements. L’habillage ne sert donc pas uniquement à installer un décor. Il alimente aussi la lisibilité des menaces, la tension des rencontres et la sensation d’évoluer dans un espace où toute logique de production a déraillé.

Techniquement, Pragmata livre une expérience propre, avec une image nette, un rendu détaillé et une stabilité générale qui évite de perturber la progression. Le RE Engine soutient efficacement cette approche en offrant une présentation solide et suffisamment précise pour mettre en valeur aussi bien les environnements que les effets liés aux combats. Ce socle technique n’a pas pour fonction de voler la vedette au reste, mais il permet au jeu de maintenir son niveau d’exigence visuelle et de laisser ses choix de mise en scène, de rythme et de combat occuper le premier plan.

Pragmata, encore une belle réussite de Capcom

Au terme de cette aventure lunaire, Pragmata laisse surtout l’impression d’un jeu qui comprend très bien ce qu’il veut faire et qui s’y tient avec constance. Son récit n’échappe pas toujours aux repères bien connus de la science-fiction et manque parfois un peu de contexte, ce qui enlève un certain degré d’attachement aux personnages, mais il trouve un vrai point d’appui dans la relation entre Hugh et Diana, ainsi que dans une ambiance visuelle suffisamment travaillée pour donner du relief à son univers.

Là où le titre prend vraiment de l’épaisseur, en revanche, c’est dans sa boucle de gameplay. Le choix de faire du hacking en temps réel un élément central du combat ne relève pas du simple habillage mécanique : il transforme concrètement la manière d’aborder chaque affrontement. Ajoutée à une progression bien calibrée, à une structure resserrée et à une exécution technique solide, cette idée permet à Pragmata de dépasser le cadre du shooter de science-fiction classique pour proposer une expérience plus singulière qu’elle n’en a l’air au premier abord.

Points positifs:

  • Le système de hacking, qui donne une vraie identité aux combats
  • Un duo Hugh-Diana, qui porte bien la progression narrative
  • Une direction artistique, efficace dans son ambiance lunaire et instable
  • Des ennemis aux patterns variés demandant des approches différentes
  • La progression, assez souple pour personnaliser son équipement
  • Un jeu linéaire mais franchement bien rythmé
  • La technique, propre et stable dans l’ensemble

Points négatifs

  • Le personnage de Hugh manque franchement d’un background solide, on ne s’y attache pas vraiment
  • La structure, parfois un peu répétitive lors des retours après la mort
  • L’exploration, présente mais limitée par un cadre très dirigiste
  • Une bande-son assez oubliable

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Terry Ballieu
Terry Ballieuhttps://www.4wearegamers.com/
Juste un homme qui donne vie à ses idées du haut de son clavier. Curieux de technologies et toujours enthousiaste pour les sorties vidéoludiques, je tâche de rester neutre sur un terrain ou une guerre de consoles inutile fait rage.

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