La nouvelle manette Nemesis Pro 8K Wireless de SCUF Gaming vise clairement les joueurs PC qui veulent réduire au maximum la latence sans passer au clavier-souris. Avec un prix de lancement à 219,99€, son polling rate pouvant grimper jusqu’à 8 000 Hz, ses sticks TMR, ses boutons mécaniques, ses quatre palettes arrière et sa connexion sans fil 2,4 GHz, elle reprend une grande partie de l’ADN de la Valor Pro Wireless tout en corrigeant plusieurs de ses défauts. Sur le papier, la formule est solide. Manette en main, quelques choix restent toutefois difficiles à comprendre.

Une manette qui tombe bien en main
La Nemesis Pro 8K Wireless reprend une ergonomie asymétrique très proche de celle des manettes Xbox. Elle remplit bien la main, ce qui devrait particulièrement convenir aux joueurs qui trouvent certaines manettes PlayStation un peu trop compactes. Les grips placés à l’arrière accrochent correctement les doigts et, malgré son format assez imposant, la Nemesis donne une impression de légèreté une fois en jeu.
Cette baisse de poids ne tombe cependant pas du ciel. SCUF a supprimé les vibrations, un choix qui divisera forcément. Pour un joueur compétitif qui coupe déjà toutes les fonctions susceptibles de distraire ou d’ajouter du poids, cela ne changera pas grand-chose. Pour les autres, perdre complètement le retour haptique sur une manette de cette gamme laissera un goût plus amer.

SCUF a également fait un peu de ménage par rapport à la Valor Pro. Les molettes dédiées au volume et au mix chat sous les sticks ont disparu. Sur PC, ce n’est pas vraiment une grosse perte et cela permet surtout d’obtenir une manette plus épurée. La façade reste amovible, les sticks peuvent être remplacés et les possibilités de personnalisation restent dans la droite ligne de ce que propose habituellement la marque.
Petit détail moins glorieux : certaines finitions brillantes marquent rapidement avec les traces de doigts. La Nemesis est aussi livrée sans housse de transport, alors que la SCUF Omega en propose une. Rien de dramatique, mais à ce niveau de gamme, on remarque ce genre de petites économies.
8 000 Hz : est-ce que ça change vraiment quelque chose ?
C’est évidemment là que la Nemesis cherche à faire la différence. Là où la Valor Pro Wireless fonctionnait à 1 000 Hz, la nouvelle venue peut grimper jusqu’à 8 000 Hz. En clair, la manette communique beaucoup plus souvent avec le PC.
Est-ce que l’on devient instantanément meilleur à Call of Duty ? Non. En revanche, la sensation de réponse est bien différente. La Nemesis paraît particulièrement nerveuse, avec des commandes qui partent presque immédiatement après la pression. On ne parle pas ici d’un changement aussi radical que le passage de 30 à 120 images par seconde, mais après quelques parties, revenir sur une manette plus lente donne parfois l’impression qu’un petit morceau de latence s’est glissé entre le doigt et l’écran.
C’est surtout dans les FPS et les jeux très rapides que le gain se remarque. Les déplacements, changements d’arme ou petits ajustements de visée répondent avec davantage de sécheresse. Le ressenti se rapproche presque de ce que l’on cherche avec une souris : pas dans la précision pure, évidemment, mais dans cette impression que l’accessoire ne se met jamais entre le joueur et l’action.

Il faut néanmoins garder les pieds sur terre. Le 8 000 Hz est un argument technique intéressant, mais il ne compensera ni un écran lent ni une mauvaise connexion ni des réflexes moyens. La Nemesis réduit un maillon de la chaîne de latence, elle ne transforme pas le joueur qui la tient.
Boutons mécaniques, sticks TMR et palettes : presque tout y est
SCUF a également revu plusieurs éléments qui posaient problème sur la Valor. Les boutons de façade utilisent désormais des switches mécaniques, avec une activation nette et un retour franc sous les doigts, contrairement aux sensations proches d’une manette Xbox classique de la Valor.
Le D-pad a lui aussi été corrigé. Sur notre Valor, les pressions pouvaient parfois être enregistrées deux fois, ce qui devenait vite pénible dans les menus ou les jeux sportifs. Ce n’est visiblement pas le cas ici, la manette nous a offert une excellente précision.
Les sticks TMR peuvent être largement ajustés depuis le logiciel. On retrouve les réglages de dead zone, plusieurs niveaux de résolution ainsi que différents types de sortie comme Circle, Square ou Squircle. La calibration fonctionne bien et permet de récupérer un comportement propre jusque dans les zones extérieures des sticks.
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Les gâchettes disposent pour leur part de deux modes. On peut conserver une course analogique classique pour les jeux de course ou activer un débattement très court proche d’un clic pour les FPS. Une combinaison pratique quand on passe souvent d’un genre à l’autre.
À l’arrière, les quatre palettes restent l’un des gros arguments de la Nemesis. Leur position tombe naturellement sous les doigts, mais leur résistance pourrait être revue à la baisse pour un actionnement plus vif. Les palettes intérieures demandent notamment un effort un peu trop important lorsqu’on les utilise pour des actions répétées comme le saut ou la glissade. Elles fonctionnent bien, simplement, elles pourraient être plus souples.

Une application complète, mais ce bouton Z ne sert presque à rien
Une autre bonne nouvelle est que le logiciel SCUF dédié spécifiquement à cette manette fonctionne nettement mieux que celui de la Valor Pro Wireless à son lancement. La connexion se fait sans histoire, les mises à jour firmware s’installent correctement et l’interface reste suffisamment claire pour ne pas transformer chaque réglage en séance d’archéologie informatique.
Il est possible de régler le polling rate, la luminosité, l’arrêt automatique, les zones mortes, la sensibilité des sticks ou encore le comportement des gâchettes. Les profils permettent aussi de conserver plusieurs configurations directement dans la manette. Pratique pour avoir un profil FPS très agressif et un autre, plus classique, dédié aux jeux de sport.
Le logiciel permet en outre de tester les sticks, les gâchettes ou l’éventuel drift directement depuis l’application. Rien de spectaculaire, mais tout est là où il faut.
Et puis il y a ce fameux bouton Z. Sur une manette exclusivement pensée pour nos PC, on pourrait logiquement imaginer qu’il serve à déclencher un raccourci clavier, lancer un enregistrement, sauvegarder un clip ou activer le Push-to-Talk. Eh bien non. Il peut simplement être remappé vers une commande déjà présente sur la manette.

C’est d’autant plus étonnant que la SCUF Omega, compatible PS5 et PC, se montre plus souple sur ce point et permet justement d’attribuer de véritables touches clavier. La Nemesis dispose donc d’un bouton placé au centre de la manette qui, dans l’état actuel du logiciel, ressemble davantage à une occasion manquée qu’à une vraie commande supplémentaire.
Une semaine sans recharge malgré les 8 000 Hz ?
Faire tourner le contrôleur et le dongle à 8 000 Hz n’est évidemment pas sans conséquence sur la batterie. Pourtant, l’autonomie reste plutôt correcte dans ces conditions.
Avec une charge complète et plusieurs soirées de jeu, la baisse tournait autour de 7 – 8% par session. Selon la durée de vos parties, il est donc tout à fait possible de passer plusieurs jours, voire environ une semaine, sans devoir ressortir le câble USB.

Le logiciel permet aussi de gratter quelques heures en diminuant la luminosité ou en réduisant le polling rate. L’arrêt automatique après quelques minutes d’inactivité évite également de laisser la batterie fondre bêtement pendant que la manette repose sur le bureau.
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SCUF Nemesis Pro 8K Wireless, Valor Pro ou Omega ?
La comparaison avec la Valor Pro Wireless tourne assez vite à l’avantage de la Nemesis. Les 8 000 Hz, les boutons mécaniques, le D-pad corrigé et le logiciel plus stable justifient clairement de privilégier la nouvelle venue si l’écart de prix reste raisonnable.
La Valor conserve toutefois un intérêt lorsqu’elle est fortement soldée. Pour un joueur qui ne cherche pas absolument la latence la plus basse possible, une bonne remise peut changer la donne.
La confrontation avec la SCUF Omega est plus compliquée. La Nemesis est plus rapide, adopte une ergonomie Xbox très agréable et coche beaucoup de cases pour les FPS compétitifs. Pourtant, l’Omega garde un gros avantage pour un usage PC polyvalent grâce à ses possibilités de keybinds. Pouvoir enregistrer une séquence, sauvegarder un replay ou attribuer un Push-to-Talk directement sur la manette change réellement le quotidien.
La Nemesis Pro 8K Wireless s’adresse donc surtout à ceux qui veulent une manette PC rapide, légère, précise et proche de l’ergonomie Xbox, quitte à faire une croix sur les vibrations et sur quelques fonctions logicielles que l’on aurait pourtant aimé retrouver dès le lancement.
Points positifs
- Une excellente réactivité grâce au polling rate à 8 000 Hz
- Des boutons mécaniques agréables et précis
- Le D-pad mieux maîtrisé que sur la Valor
- Une ergonomie Xbox confortable, surtout pour les grandes mains
- Les sticks TMR largement configurables
- Un logiciel désormais stable et complet
- Une autonomie convaincante malgré le 8K
- Les quatre palettes bien placées
Points négatifs
- L’absence totale de vibrations
- Le bouton Z trop limité sur PC
- Pas de housse de transport malgré le positionnement haut de gamme




