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TEST – Resident Evil 2, 3 et 4 Remake sur Nintendo Switch 2

Capcom n’a visiblement pas l’intention de laisser la Switch 2 respirer très longtemps. Après Resident Evil 7, Village et Requiem, l’éditeur remet une pièce dans la machine avec Resident Evil 2, Resident Evil 3 et Resident Evil 4 Remake. Trois jeux que l’on connaît déjà par cœur, ou presque, mais dont l’arrivée sur la console de Nintendo pose une vraie question : jusqu’où peut-on réduire l’écart avec les versions de salon sans transformer ces remakes en compromis permanents ? Bonne nouvelle, la réponse est plutôt rassurante. La Switch 2 encaisse le trio avec sérieux, même si certains sacrifices sautent davantage aux yeux sur Resident Evil 4.

Resident Evil 2 reste une valeur sûre du survival horror

Il aura bientôt quelques années au compteur, mais Resident Evil 2 Remake n’a pas vraiment perdu de sa superbe. Capcom avait trouvé le bon équilibre en 2019 : moderniser le classique de 1998 sans transformer son commissariat en champ de tir. Le jeu conserve cette sensation permanente de vulnérabilité qui pousse à compter ses balles, fouiller les moindres bureaux et réfléchir deux secondes avant d’ouvrir une nouvelle porte.

Leon S. Kennedy et Claire Redfield traversent une Raccoon City en pleine catastrophe avant de rejoindre le commissariat, véritable cœur de l’aventure. C’est là que le remake montre encore aujourd’hui une grande partie de ses qualités. Les couloirs s’entrecroisent, les raccourcis apparaissent progressivement et une clé trouvée à l’autre bout du bâtiment peut enfin débloquer cette fichue pièce devant laquelle on est passé trois fois.

Le jeu ne se repose pas uniquement sur son level design. Les égouts puis le laboratoire NEST renouvellent suffisamment le décor, tandis que les énigmes, les boss et la gestion des ressources entretiennent la tension. Et au moment où l’on commence à connaître les lieux par cœur, Mr. X vient gentiment rappeler que se promener tranquillement n’était pas prévu au programme.

Cette mécanique fonctionne tout aussi bien sur Switch 2. Le jeu conserve son rythme, son ambiance et cette façon très particulière de rendre une simple traversée de couloir désagréablement stressante. La possibilité d’y jouer en portable apporte même un intérêt concret à cette nouvelle version, sans donner l’impression d’avoir affaire à un Resident Evil sérieusement amputé pour entrer dans une console hybride.

Resident Evil 3 passe mieux techniquement que dans les souvenirs des joueurs

Avec Resident Evil 3 Remake, le sujet change légèrement. Le portage Switch 2 ne pose pas vraiment problème ; c’est plutôt le jeu de 2020 qui continue de traîner derrière lui les mêmes débats.

Jill Valentine reste pourtant très convaincante dans cette réinterprétation, tout comme Carlos Oliveira, qui profite d’une présence plus marquée. Capcom avait également modernisé Raccoon City avec davantage d’action, un rythme beaucoup plus rapide et un Nemesis chargé de poursuivre Jill au fil de l’aventure.

Sur le papier, difficile de se plaindre. Dans les faits, ceux qui avaient connu l’épisode de 1999 se souviennent surtout de ce qui a disparu en cours de route. Le beffroi de Saint Michael manque à l’appel, plusieurs portions ont été réduites et Raccoon City n’offre jamais vraiment cette liberté d’exploration que son décor pouvait laisser espérer. Même Nemesis paraît moins imprévisible qu’il ne devrait l’être, surtout lorsqu’on le compare à Mr. X dans Resident Evil 2.

C’est ce qui rend Resident Evil 3 assez particulier aujourd’hui. Pris comme un jeu d’action horrifique assez court, il garde de bonnes qualités et ne laisse pratiquement jamais retomber le rythme. Pris comme remake du classique PS1, il donne davantage l’impression d’avoir voulu aller trop vite.

La Switch 2 n’y change rien, et ce n’est d’ailleurs pas son rôle. Elle propose simplement une version solide du jeu tel qu’il existe, avec ses qualités et ses coupes. On retrouve donc un épisode plus direct, plus explosif et nettement moins porté sur l’exploration que son prédécesseur.

Resident Evil 4 Remake met davantage la Switch 2 à contribution

Le morceau le plus intéressant arrive probablement avec Resident Evil 4 Remake. Non pas parce que les deux autres seraient légers techniquement, mais parce que cet épisode multiplie les affrontements plus larges, les décors plus ouverts et les scènes où l’écran se remplit assez vite d’ennemis.

Quelques années après Raccoon City, Leon S. Kennedy part retrouver Ashley Graham, la fille du président américain, dans un village européen où les habitants ont visiblement oublié le concept d’accueil touristique. Les premiers coups de fourche donnent rapidement le ton : RE 4 reste bien plus orienté action que RE 2, mais Capcom a renforcé la tension de l’original sans effacer son identité.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles ce remake fonctionne aussi bien. L’ambiance est plus sombre, les affrontements plus lourds et les ennemis plus agressifs, mais le jeu conserve suffisamment de situations absurdes, de personnages excessifs et de répliques improbables pour rester du Resident Evil 4. Le second degré n’a pas complètement disparu sous une couche de réalisme.

Sur Switch 2, cette formule tient bien la route. Les combats restent lisibles et nerveux, même lorsque plusieurs ennemis viennent encercler Leon. C’est également là que les limites de la machine deviennent les plus faciles à repérer, mais rarement au point de gêner réellement la partie.

Le RE Engine tient bon, malgré quelques concessions visibles

C’est finalement là que ces trois adaptations deviennent intéressantes. Depuis plusieurs années, Capcom s’appuie sur son RE Engine pour produire des jeux très détaillés sans forcément faire exploser les configurations nécessaires. La Switch 2 profite clairement de cette capacité d’adaptation.

Évidemment, personne ne s’attend sérieusement à obtenir le même rendu que sur une PS5 Pro. La console de Nintendo joue dans une autre catégorie et les différences apparaissent assez vite quand on regarde les détails.

Dans Resident Evil 2, certains effets gore perdent un peu en finesse. C’est plus évident dans Resident Evil 4 Remake, où des textures peuvent apparaître tardivement et où certains éléments mettent quelques instants supplémentaires à se charger. Le genre de petits défauts que l’on remarque davantage quand on cherche précisément à les voir que lorsque l’on tente d’échapper à un village entier armé de haches.

Surtout, aucun des trois jeux ne donne l’impression que Capcom a dû sortir la tronçonneuse pour les faire tourner. Les environnements gardent leur densité, les éclairages jouent toujours un rôle essentiel dans l’ambiance et les personnages restent suffisamment détaillés pour préserver l’identité visuelle des remakes.

C’est sans doute le point le plus important ici. Resident Evil 2, 3 et 4 Remake restent immédiatement reconnaissables sur Switch 2, et les adaptations ne semblent pas demander au joueur de fermer les yeux sur de gros sacrifices pour profiter du mode portable.

Capcom installe Resident Evil pour de bon sur Switch 2

Ces trois sorties ne tombent pas de nulle part. Depuis le lancement de la Switch 2 en 2025, Capcom multiplie les signes montrant que Resident Evil doit désormais exister sur la console au même titre que sur les autres plateformes.

Resident Evil 7 et  Village ont déjà rejoint la machine dans des versions natives, tandis que Resident Evil Requiem a lui aussi été prévu sur Switch 2. L’arrivée des remakes de Resident Evil 2, 3 et 4 étoffe donc sérieusement l’offre disponible sans obliger les joueurs Nintendo à passer par des versions cloud comme à l’époque de la première Switch.

Pour quelqu’un qui découvre la série, le choix devient même assez large. Resident Evil 2 privilégie le survival horror et l’exploration, Resident Evil 3 accélère franchement le rythme, tandis que Resident Evil 4 pousse beaucoup plus loin l’action. Trois façons assez différentes d’aborder la même licence, désormais jouables sur la même console et surtout en portable.

Capcom montre au passage que la Switch 2 possède suffisamment de marge pour accueillir des productions que l’ancienne machine de Nintendo aurait eu bien plus de mal à faire tourner nativement. Les petits compromis graphiques existent, surtout sur Resident Evil 4, mais aucun ne suffit à gâcher ces trois retours à Raccoon City et au-delà.

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Terry 4WAG
Terry 4WAGhttps://www.4wearegamers.com/
Juste un homme qui donne vie à ses idées du haut de son clavier. Curieux de technologies et toujours enthousiaste pour les sorties vidéoludiques, je tâche de rester neutre sur un terrain ou une guerre de consoles inutile fait rage.

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