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TEST – Dragon Quest VII Reimagined, une épopée mythique qui coupe ses longueurs

DRAGON QUEST VII Reimagined

DRAGON QUEST VII Reimagined

Plateforme de test : Nintendo Switch 2

Date de sortie : 3 février 2026

Développeur : Square Enix

Éditeur : Square Enix

Style : RPG

Note :
8/10

Disponible sur :

L’un des volets les plus atypiques de la licence Dragon Quest revient avec une nouvelle version sobrement intitulée Dragon Quest VII Reimagined. Après une première sortie sur PlayStation et une adaptation sur 3DS, ce troisième remake vise à proposer une expérience « raccourcie » et « fluidifiée » tout en conservant la structure narrative unique du jeu d’origine. Square Enix promet ici une aventure repensée sans trahir les racines du titre, en allégeant ses longueurs tout en soignant son accessibilité. Le résultat repose sur un équilibre fragile entre respect de la matrice originale et modernisation tous azimuts.

Des îles, des récits, et un monde à recoller

Le coeur de Dragon Quest VII Reimagined reste son principe narratif fondé sur une succession de récits insulaires. Le joueur, en explorant des ruines anciennes avec le prince Kiefer, découvre des fragments de tablettes permettant de voyager dans le passé pour restaurer un monde éclaté. Chaque île visitée offre une histoire autonome, souvent teintée de thèmes matures, où les héros n’interviennent pas comme sauveurs absolus mais comme détonateurs narratifs.

Parmi les scénarios conservés, certains demeurent marquants, à l’image de Vogograd, où les habitants commettent une injustice terrible sans en comprendre les conséquences, ou Poussevert, qui met en scène un triangle amoureux entre classes sociales. Ces récits, centrés sur les PNJ, constituent l’essence de l’aventure. D’autres épisodes sont en revanche supprimés ou raccourcis, comme le scénario d’El Ciclo ou la partie sous-marine du palais des Sables, aujourd’hui réduite à un affrontement direct.

Du côté des nouveautés pures, deux segments inédits viennent agrémenter la trame déjà bien tarvaillée : une séquence explicative permettant de conserver la petite Maribel dans l’équipe, et une autre centrée sur le bave Kiefer adulte, intégrant au passage une phase d’infiltration qui fait plaisir. Sans bouleverser l’ensemble, ces nouveaux éléments de gameplay sont dans la droite lignée du reste, respectueux du ton initial tout en simplifiant certains arcs.

Un système de combat revu pour aller à l’essentiel

Dragon Quest VII Reimagined introduit un système de combat retravaillé pour mieux répondre aux attentes modernes. Les affrontements intègrent des fonctions inspirées des derniers remakes HD-2D de la série : vitesse d’animation ajustable, combat automatique, interface plus claire. Les ennemis standards peuvent être esquivés facilement, rendant la progression plus fluide. Mais ce sont surtout les boss qui concentrent la complexité tactique, avec des patterns à anticiper, des attaques puissantes à encaisser et une vraie nécessité de préparer son équipe en amont.

Le système de vocations se déploie dès les premières heures, avec une mécanique de double spécialisation qui autorise des combinaisons puissantes. Chaque classe octroie des compétences uniques : Maribel peut affaiblir les résistances ennemies, Kiefer booster ses coups critiques, tandis que le protagoniste peut accorder une protection d’un tour à tout le groupe. La progression est rapide, sans restrictions comme dans les versions précédentes, et les bonus passifs (esquive, résistance à la mort, etc.) liés aux coeurs de monstres s’ajoutent à la personnalisation.

L’approche reste accessible : même en cas d’échec, une simple dépense de 1000 pièces d’or suffit pour repartir sans perte de progression. La mort est aussi relativisée en combat, les alliés se relevant automatiquement avec 1 PV à la fin d’une bataille. Ces ajustements, s’ils facilitent l’expérience, participent à cette sensation générale de jeu « assoupli », où la découverte passe avant le challenge.

Dragon Quest VII Reimagined vous prend pas la main

Dans cette version Reimagined, l’exploration n’est jamais un terrain d’expérimentation hasardeuse. Dès le début, chaque ville, chaque région et chaque donjon affiche clairement l’objectif suivant. Les marqueurs peuvent être désactivés depuis le menu, mais les indications demeurent actives sur le terrain et dans les dialogues. Le menu de la carte précise aussi, par écrit, la prochaine étape à suivre, transformant chaque phase d’exploration en séquence guidée.

Des fonctions comme « Nez pour le trésor » ont été repensées puisqu’elles signalent ici non seulement les objets manquants dans la zone actuelle, mais aussi dans les zones adjacentes. Les fragments de tablettes et les médailles miniatures s’affichent automatiquement sur la mini-carte, et peuvent être listés dans un menu dédié. Les objets clés sont utilisés automatiquement au bon endroit, sans qu’il soit nécessaire de deviner quand et où les activer.

Les dialogues entre membres de l’équipe, autrefois anecdotiques, servent à présenter des indices directs sur la progression : où chercher les cornes dorées pour Hadid, où trouver l’eau super sacrée pour éteindre la boule de feu noir du Mont Brûlé, ou encore comment obtenir les larmes prismatiques dans la région de Buccanham. Le système de jeu repose donc sur une logique de balisage constant, qui réduit les frottements mais altère la sensation d’aventure improvisée.

Un style visuel léché, au service d’une immersion en demi-teinte

Le rendu visuel de Dragon Quest VII Reimagined repose sur une approche hybride. Les personnages principaux ont été modélisés à partir de figurines physiques scannées, et les décors adoptent un style diorama proche de celui de Dragon Quest III HD-2D. Le résultat est globalement soigné, notamment en combat où les animations gagnent en lisibilité.

Certaines scènes bénéficient d’un doublage intégral, avec des performances convaincantes, mais la majorité de l’aventure se déroule en vue du dessus, avec des animations répétitives et un héros muet. Ce contraste nuit parfois à l’implication. L’emploi récurrent d’un effet de flou de profondeur sur l’arrière-plan alourdit l’affichage et peut devenir distrayant, notamment lors de l’exploration de la carte du monde.

La direction artistique, bien qu’élaborée, laisse donc une impression inégale. Elle conserve l’identité de la licence mais s’accompagne de choix esthétiques qui peuvent perturber la lecture visuelle ou limiter la richesse des environnements.

Un remake pensé pour la fluidité, quitte à perdre un peu de relief

Dragon Quest VII Reimagined est une œuvre d’équilibriste. En réduisant la durée de l’aventure, en guidant davantage le joueur et en simplifiant nombre de mécaniques, cette version cherche avant tout à rendre le jeu plus accueillant. Ce parti pris n’efface pas l’originalité de sa narration en chapitres, ni la richesse de son univers insulaire, mais il redéfinit l’expérience par la facilité d’accès et la suppression des obstacles. Si certains y verront une perte d’exigence, d’autres apprécieront la capacité du jeu à se rendre plus lisible sans sacrifier totalement sa singularité. Ce n’est ni un remake paresseux ni une refonte radicale, mais une adaptation pensée pour un autre rythme de jeu, à la frontière entre fidélité et confort.

Points positifs

  • Une narration modulaire bien structurée, avec des histoires locales marquantes

  • Des combats modernisés, dynamiques et accessibles

  • Un système de vocations souple, avec multiclassage et progression rapide

  • Une direction artistique originale, avec décors en diorama et combats lisibles

  • Un confort de jeu renforcé grâce aux raccourcis ergonomiques (objets auto-utilisés, navigation facilitée)

  • La suppression des bon nombre de séquences un peu longues…

Points négatifs

  • … quitte à éroder l’expérience originale pour les fans de la première heure !
  • On aurait aimé une narration un peu moins dirigiste

  • Une économie déséquilibrée, trop généreuse en soins et équipements

  • La difficulté du jeu globalement assez basse, ça manque de gros défis

  • L’immersion graphique inégale, pénalisée par un flou visuel gênant

Terry 4WAG
Terry 4WAGhttps://www.4wearegamers.com/
Juste un homme qui donne vie à ses idées du haut de son clavier. Curieux de technologies et toujours enthousiaste pour les sorties vidéoludiques, je tâche de rester neutre sur un terrain ou une guerre de consoles inutile fait rage.

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