Le départ de Phil Spencer de la direction de Microsoft Gaming et celui de Sarah Bond de Xbox ont été annoncés vendredi dernier dans des conditions précipitées. Un nouveau rapport du journaliste Tom Warren apporte des éléments supplémentaires sur le calendrier et le climat interne qui ont entouré ces décisions.
Xbox : Phil Spencer, Sarah Bond et les tensions internes autour du virage logiciel
D’après des sources citées par le site The Verge, Phil Spencer aurait acté son départ dès l’an dernier, loin d’une décision de dernière minute. En interne, sa retraite aurait été perçue comme « inévitable », dans un contexte marqué par le recul des ventes hardware, plusieurs vagues de licenciements et l’annulation de projets majeurs. La difficulté à redresser la situation commerciale d’Xbox aurait progressivement affaibli sa position.
Le rapport indique également que Sarah Bond n’était pas pressentie pour lui succéder et qu’elle quittera finalement l’entreprise. Plusieurs employés interrogés décrivent une dirigeante « difficile à gérer », saluant sa capacité à nouer des partenariats stratégiques, mais évoquant une gestion jugée peu ouverte à la contradiction. En toile de fond, des désaccords internes sur la priorité donnée au logiciel et aux services au détriment du hardware. Ce positionnement, porté par Spencer et Bond, aurait cristallisé des tensions au sein des équipes.

La communication autour de ces départs aurait, elle aussi, été précipitée. Selon le rapport, l’annonce n’était pas prévue vendredi, mais plus tard dans la semaine. Microsoft aurait accéléré après avoir appris que IGN préparait la publication de l’information. Ce décalage expliquerait pourquoi les réseaux sociaux de Sarah Bond mettaient encore en avant son rôle chez Xbox quelques heures avant l’officialisation de son départ.
Au-delà des questions de management, le contexte stratégique pèse lourd. L’acquisition d’Activision Blizzard, finalisée après un processus long et coûteux, a mobilisé des ressources considérables. Si l’opération ouvre des perspectives, elle représente aussi un investissement de plusieurs milliards de dollars. Certains observateurs estiment qu’elle a limité la capacité de Microsoft à ajuster rapidement sa trajectoire face au ralentissement des ventes de consoles.

Enfin, l’article souligne le soutien affiché par Spencer et Bond à la campagne « This is an Xbox » et à la montée en puissance du cloud gaming et du streaming de jeux. Une orientation qui, selon certaines critiques internes, aurait brouillé le message auprès des joueurs historiques attachés au matériel et à l’écosystème console.


