Ubisoft vient d’encaisser l’une des pires journées boursières de son histoire. Le jeudi 18 janvier au matin, l’action du groupe a dégringolé de 33 %, tombant à 4,36 €, au lendemain de l’annonce d’un plan de réorganisation d’envergure. Loin de rassurer les marchés, cette restructuration confirme un virage difficile pour l’éditeur d’Assassin’s Creed, confronté à une série d’échecs industriels et à une valeur boursière divisée par 20 depuis son sommet de 2018.
Une nouvelle structure pour tenter de relancer la machine
Le plan dévoilé mercredi redessine en profondeur l’organigramme de l’entreprise. Les équipes créatives seront désormais réparties en cinq pôles distincts, chacun chargé de piloter ses propres projets. Une transformation que le groupe décrit comme nécessaire pour retrouver une dynamique créative, après plusieurs années de lancements mitigés et de paris manqués. Cette refonte survient un an après l’entrée du géant chinois Tencent au capital d’Ubisoft, à hauteur d’une participation minoritaire.
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L’annonce n’a pas fait illusion. Dès l’ouverture des marchés, le titre a plongé, touchant son niveau le plus bas depuis plus de 14 ans. En 2018, porté par des sorties comme Far Cry 5, The Crew 2 ou encore Assassin’s Creed Odyssey, le cours atteignait 107,90 €. Depuis, la courbe n’a cessé de s’inverser. Avec une baisse de 95,9 % en huit ans, Ubisoft efface une décennie de progression.

Le choc boursier accompagne une série de mesures drastiques. L’éditeur anticipe une perte opérationnelle d’un milliard d’euros sur l’exercice en cours, liée notamment à 650 millions d’euros de dépréciations d’actifs. En parallèle, six jeux sont purement annulés, dont le très attendu remake de Prince of Persia: Les Sables du Temps, et sept autres voient leur sortie repoussée.
Pour tenter de contenir l’hémorragie, Ubisoft prévoit de réduire ses coûts fixes de 200 millions d’euros supplémentaires d’ici deux ans. Si aucune donnée précise n’est donnée sur d’éventuelles suppressions de postes, le directeur financier Frédérick Duguet reconnaît que certains salariés seront redéployés, tandis que d’autres « quitteront l’entreprise ».


