Un ancien cadre de Bethesda Game Studios estime que Todd Howard n’a pas toujours été assez contredit en interne. Dans un extrait d’interview du journaliste Kiwi Talkz datant de l’an dernier et reposté cette semaine, Dennis Mejillones, ancien senior artist du studio, explique que plusieurs collaborateurs hésitaient à lui dire non, une situation qui aurait, selon lui, fini par lui nuire dans la gestion de certains projets.
Todd Howard devrait-il être davantage remis en question ?
Figure majeure de Bethesda Game Studios, Todd Howard occupe une place centrale dans l’histoire récente du studio. En plus de 32 ans de carrière au sein de l’entreprise, il a participé à la direction de licences majeures comme Skyrim, Fallout 3 et 4. Cette position de référence, construite sur plusieurs jeux marquants de l’industrie, s’accompagne forcément d’un poids important dans les décisions prises pendant le développement.
C’est justement ce point que soulève Dennis Mejillones, qui a travaillé chez Bethesda entre 2009 et 2021. L’artiste explique en effet que Todd Howard est selon lui “une personne phénoménale”, tout en précisant qu’il n’est pas irréprochable dans ses choix. Il raconte lui avoir déjà dit directement qu’une idée n’était “pas bonne”, tout en reconnaissant avoir parfois préféré se taire lorsqu’il était moins sûr de son jugement. Son constat principal reste toutefois le même : “beaucoup de gens avaient peur de dire non à Todd”, et cela aurait fini par “lui faire du tort”.
À lire aussi
Starfield arrive sur PS5: On a vu en primeur l’extension Terran Armada et tout le contenu à venir
C’est désormais officiel, Starfield atterrira sur PS5 le 7 avril, une annonce attendue par beaucoup de joueurs et qui marque une fois de plus l’arrivée d’une ancienne exclusivité Xbox chez Sony. Cette sortie proposée à 49,99€ pour l’édition standard et 69,99€ pour l’édition Premium (avec DLC) s’accompagne simultanément de deux nouveautés de taille : la […]
Cette déclaration attire d’autant plus l’attention qu’elle touche au fonctionnement interne de Bethesda plutôt qu’à un simple avis extérieur. Mejillones n’évoque pas un manque de talent ou de vision, mais plutôt un problème de contradiction autour d’un dirigeant très influent. Il précise aussi qu’il ne connaît plus la situation actuelle du studio avec le même niveau de détail depuis son départ, ce qui limite la portée de son témoignage à la période où il était encore en poste.
L’intérêt de cette prise de parole tient aussi au contraste avec une autre lecture récente du fonctionnement de l’éditeur. Kurt Kuhlmann, co-lead designer de Skyrim, estimait de son côté que l’un des problèmes de Starfield venait du fait que Todd Howard avait été trop souvent éloigné du développement. D’un côté, Dennis Mejillones décrit donc un environnement où Howard aurait eu besoin de davantage d’opposition. De l’autre, Kuhlmann défend l’idée qu’un jeu Bethesda perd en cohérence quand sa présence se fait moins sentir. Ce décalage met en lumière une tension plus large autour du rôle créatif du dirigeant : faut-il davantage encadrer sa vision, ou au contraire lui laisser plus de place dans le développement ?


