Après deux années au service de sa communauté, People Can Fly a décidé d’agrémenter son shooter-looter Outriders d’une extension majeure intitulée Worldslayer apportant un supplément de campagne et une nouvelle activité de fin de jeu. Devrions-nous y voir un habile moyen de prolonger la vie du soft ou du contenu le gonflant artificiellement sans réel apporté intéressant ?

Outriders Worldslayer, une extension qui pousse à la chasse au loot

Outriders a habilement mélangé les styles de cover-shooter de Gears of War et de shooter-looter de Destiny pour donner naissance à un hybride qui, par une mécanique intéressante de drain de vie par l’attaque, force les joueurs à se lancer dans la mêlée. « Play agressive » comme dit le slogan des développeurs. Car oui, Outriders sait pertinemment délivrer une expérience de jeu très dynamique qui ne laisse que très peu de place au repos, mais assez d’opportunité pour de la réflexion sur l’équipement à porter et les combinaisons à créer entre eux. Worldslayer appuie justement sur ce point en instaurant de nouvelles manières de monter en niveau, obtenir de meilleurs équipements et découvrir de nouvelles méthodes pour faire souffrir les hordes d’ennemis.

Une campagne apéritive pour justifier le contenu end game

La campagne de Worldslayer se déroule après les évènements du jeu de base. D’ailleurs, pour y accéder, il faut avoir atteint le dernier point de ralliement de la campagne puis aller trouver le PNJ qui vous emmènera vers de nouvelles contrées. Cela dit, le joueur peut tout à fait décider de se plonger directement dans l’aventure en créant un nouvel altéré de niveau 30 et sera donc immédiatement amené à ce hub final pour parler au même PNJ.

Dans tous les cas, la campagne donnera assez vite de l’équipement de haut niveau qui sera fatalement plus puissant que celui du jeu initial. Pour comprendre cette histoire, il est tout de même recommandé d’avoir terminé la campagne d’Outriders puisque divers intervenants ont joué une part importante dans l’installation de la colonie humaine sur cette planète hostile.

C’est donc toujours plus sympa de comprendre d’où viennent ces personnages et leurs traits de caractère pour ne pas tomber dans une succession de petites cinématiques fades, d’autant plus que le titre n’est pas réputé pour son scénario profond.

Dans Outriders, les plus agressifs perdent moins de vieDans Worldslayer, notre Outrider part à nouveau à l’assaut des Rebelles qui, cette fois, sont sous le contrôle d’une très puissante altérée du nom de Ereshkigal. Première personne à avoir acquis ces pouvoirs surnaturels, elle estime que l’avenir de la planète est entre les mains des êtres de son espèce et non celles des humains. Un speech très classique qui justifie que votre Outrider parte tout seul à l’assaut des méchants, ou en coopération.

De façon très maladroite, la campagne de Worldslayer nous démontre que nous sommes le seul capable d’arrêter ça, tout le reste d’humains se cachant derrière notre pauvre altéré qui supporte toute la misère du monde sur ses épaules. Même lors des phases où des ennemis envahissent le refuge des humains, notre personnage est envoyé seul au front, sans soutien.

C’est un peu triste de ne pas justement pouvoir profiter de grosses zones de guerre et ça fait un peu tache dans ce tableau de lutte entre deux espèces.

Au programme de ce combat, rien de franchement nouveau. On reste sur les mêmes mécaniques avec quelques légères nouveautés au niveau des armes exotiques (si on a la chance d’en looter) et le scénario se termine en deux ou trois heures seulement. Un peu faible quand on pense que le DLC est vendu à 40 euros.

Un système de progression plus avancé

Mais cette campagne se justifie tout de même par l’acquisition de points Pax qui sont destinés à être dépensés dans les nouveaux arbres de classe Pax. Cet arbre est non seulement valable pour Worldslayer mais aussi le jeu de base. Le titre présente aussi son système de niveaux d’apocalypse et les niveaux d’ascension. Ces derniers sont des niveaux allant au-delà des 30 premiers qu’il est possible de gravir dans le jeu de base. Les niveaux d’apocalypse, eux, sont de nouveaux niveaux de monde qui augmentent la vie, l’agressivité et le nombre des ennemis, mais également les chances de looter de l’équipement apocalyptique. Dans Outriders Worldslayer, il faut encore prendre de gros risques pour obtenir du bon matos.

Les nouveaux ennemis de Worldslayer sont bien souvent une variante des créatures du jeu de baseLes objets apocalyptiques sont des équipements légendaires ou exotiques qui peuvent tomber avec un troisième emplacement de modification spécifique qui ne peut pas être modifié à l’établi. Outriders introduit donc ce concept de god roll et il faudra peut-être looter  ou fabriquer plusieurs fois la même arme pour espérer obtenir la combinaison de mods parfaite pour défourailler des hordes de créatures. Lorsque l’on démantèle un équipement apocalyptique, on reçoit une ressource appelée extrait d’Anomalie servant à fabriquer ces équipements aux attributs plus intéressants.

Un contenu end game rébarbatif

L’activité end game de Outriders Worldslayer se présente sous la forme d’un mode arcade appelé l’épreuve de Tarya Gratar. Lorsque la campagne est terminée, les Outriders peuvent se rendre dans cette citée perdue pour y découvrir la source du pouvoir du Père. Le principe est simple, le joueur, seul ou en équipe, gravira des échelons en affrontant des hordes d’ennemis toujours plus puissantes.

Les équipements de niveau apocalyptique, une association intéressante de mods par 3Bien sûr, l’objectif est de venir à bout d’ennemis très forts pour obtenir des récompenses qui le sont tout autant. Chaque escouade possède un nombre défini de tentatives. Lorsque l’équipe meurt et que des tentatives sont encore disponibles, elle réapparaît au dernier Carrefour atteint. Dans le cas contraire, il faudra reprendre à zéro. C’est un challenge intéressant qui ne révolutionne pas la série et qui est sculpté pour les joueurs en chasse de loot.

L'activité end game d'Outriders Worldslayers est insuffisante sur le long terme

Worldslayer, une extension qui ne redistribue pas les cartes

Insuffisante, c’est peut-être le mot qui qualifierait le mieux cette nouvelle extension. Malgré la nouvelle campagne un peu courte et le nouveau système d’équipements apocalyptiques, le jeu ne parvient pas à renouveler son expérience et nous sert les mêmes ennemis que dans le jeu de base, à quelques petites variantes près, et le contenu end game se révèle être très répétitif.

C’est dommage qu’un jeu ayant apporté de si nombreuses bonnes idées sur le tapis ne puisse pas profiter d’un level design plus approfondi, un peu à l’image des raids de Destiny, pour stimuler les joueurs à se rassembler pour affronter des menaces imposantes. Au lieu de ça, on nous sert un terrain d’épreuves avec des vagues incessantes de bestioles classiques qui ne sont là que pour profiter de nouveaux mélanges de mods d’armes et d’armures apocalyptiques. Pour 40 euros, c’est très cher payé.

Points positifs

  • Le combat contre Ereshkigal est intéressant à haut niveau
  • Le système des équipements apocalyptiques est assez sympa
  • Deux nouveaux systèmes de progression pour les fans d’activités de fin de jeu
  • Des équipements exotiques superbes et jouissifs à manier

Points négatifs

  • Une campagne un peu courte
  • Le prix de lancement est trop haut
  • Des bugs d’ennemis qui tirent à travers les parois, les murs, les ponts…
  • Peu de nouveautés de gameplay
  • L’épreuve de Tarya Gratar répétitive et finalement peu intéressante

Fiche technique de Outriders Worldslayer :

Éditeur : Square Enix
Développeur : People Can Fly
Date de sortie : 30 juin 2022 sur PS4, PS5, Xbox et PC
Type : Shooter
Langue : Français

NOS NOTES ...
NOTE GLOBALE
6,5
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